jeudi 2 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2203160 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DURAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juin 2022, M. A, représenté par Me Durand, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire
2°) d'annuler la décision du 26 novembre 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ainsi que la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte attaqué ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en méconnaissant les articles R. 313-22 et R.313-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle méconnaît l'article 6-7°) de l'accord Franco-Algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 21 juillet 2023 par une ordonnance du 6 juillet précédent.
M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mai 2022.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'accord Franco-Algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
La présidente de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique le rapport de Mme Jorda.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant algérien né le 11 octobre 1992 à Mostaganem (Algérie), M. C A a déclaré être entré en France le 2 octobre 2020. Le 9 septembre 2021, il a demandé son admission au séjour en raison de son état de santé. Par décision du 26 novembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle, en date du 24 mai 2022, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande tendant à être admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle est devenue sans objet. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions :
3. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme B, directrice des migrations et de l'intégration, qui disposait d'une délégation de signature accordée par le préfet de la Haute-Garonne par un arrêté du 20 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 21 septembre 2021, à l'effet de signer notamment les refus d'admission au séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, elle est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, l'article R.425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose notamment que : " () le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de l'article R.425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège () ".
6. En l'espèce, M. A allègue, sans en apporter la preuve, que le médecin instructeur ayant établi le rapport médical transmis au collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) aurait lui-même siégé au sein de ce collège de médecins et que l'avis rendu par ledit collège de médecins n'a pas été rendu de manière collégiale. Toutefois il ressort des pièces du dossier et notamment de l'avis transmis par le préfet en défense que, d'une part, cet avis été rendu le 22 novembre 2021 par un collège de trois médecins et, d'autre part, que le rapport médical en date du 9 novembre 2021 transmis à ce collège a été établi par un quatrième médecin, qui n'a pas siégé au sein dudit collège. Ainsi, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ".
8. Il appartient au juge d'apprécier, au vu des pièces du dossier, si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie l'octroi d'un titre de séjour dans les conditions rappelées ci-dessus, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
9. Par son avis susmentionné du 22 novembre 2021, le collège médical de l'OFII a considéré que, si l'état de santé du requérant nécessitait une prise en charge dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de ce pays, et que son état de santé lui permettait par ailleurs de voyager sans risque vers ce pays.
10. Pour contester l'appréciation du collège médical, M. A se prévaut tout d'abord d'un certificat médical établi par un praticien gastro-entérologue le 23 février 2022 qui indique qu'il présente une maladie de Crohn sévère nécessitant un suivi médical au long cours par des consultations et des examens paracliniques et endoscopiques, ainsi qu'un traitement immunosuppresseur et des hospitalisations en cas de nouvelles poussées. Ce certificat, s'il confirme que l'interruption de la prise en charge du requérant pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ne se prononce toutefois pas sur l'accessibilité des soins appropriés dans son pays d'origine. M. A fait également valoir qu'il n'a pas à apporter la preuve de l'absence de traitement dans son pays d'origine, que sa pathologie n'a été diagnostiquée que tardivement en Algérie et que le traitement mis en place n'était pas efficace, qu'hospitalisé peu après son arrivée en France, il y bénéficie désormais d'une prise en charge permettant de prévenir les crises. Toutefois, et outre que la charge de la preuve pèse sur lui dès lors que l'avis du collège des médecins de l'OFII est favorable au préfet, le compte-rendu de son hospitalisation du 16 novembre 2020 pour une poussée de maladie de Crohn, ainsi qu'un article de doctrine médicale et un article de presse relatant les difficultés de la prise en charge de cette pathologie en Algérie en 2017, ne permettent pas d'établir qu'il ne pourrait bénéficier, dans ce pays, d'un traitement approprié à son état de santé. Enfin, s'il soutient que le traitement qui pourrait lui être administré en Algérie présente un coût prohibitif et ne correspond pas à des soins identiques à ceux prodigués en France, il ne saurait s'en déduire qu'aucun traitement immunosuppresseur adapté à sa pathologie ne lui serait accessible dans ce pays. Dans ces conditions, M. A n'apporte pas d'éléments suffisants permettant de renverser la présomption attachée à l'avis du collège des médecins de l'OFII. Par suite, le préfet de la Haute-Garonne n'a commis ni erreur de droit ni erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien précitées. Les moyens doivent donc être écartés.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction, celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, en tout état de cause, celles portant sur le paiement des dépens, qui n'ont pas lieu d'être dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle de M. A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, Me Durand et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
M. Rives, conseiller,
Mme Jorda, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.
La rapporteure,
V. JORDALa présidente,
S. CHERRIERLa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026