mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2203283 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BARDON & DE FAY- AVOCATS ASSOCIES - BF2A |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 juin 2022 et 26 mai 2023, la SARL Le Fournil de Papy André, représentée par Me Wormstall, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 décembre 2021 de la présidente de la région Occitanie en tant qu'elle ne lui a pas accordé une subvention d'un montant de 33 797 euros, ensemble la décision du 10 avril 2022 de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la région Occitanie de lui allouer une subvention supplémentaire d'un montant de 16 899 euros, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la région Occitanie une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle méconnaît les termes de la délibération du Conseil Régional Occitanie n° AP/2020-juill/01 du 16 juillet 2020.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2023, la région Occitanie, représentée par Me de Faÿ, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la SARL Le Fournil de Papy André en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le moyen soulevé par la SARL Le fournil de papy André n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la délibération du Conseil Régional Occitanie n° AP/2020-juill/01 du 16 juillet 2020 affectant les crédits nécessaires et approuvant le modèle de convention relative aux subventions d'investissement pour la mise en œuvre des Pass Relance Occitanie ;
- la délibération de la Commission des finances du Conseil Régional Occitanie n° CP/2020-OCT/01.16 du 16 octobre 2020 ;
- la délibération Conseil Régional Occitanie n° CP/2020-dec/09.13 du 11 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Douteaud ;
- les conclusions de M. Luc, rapporteur public ;
- les observations de Me Delbes, substituant Me Wormstall, représentant la SARL Le Fournil de Papy André ;
- et les observations de Me Belal-Cordebar, substituant Me de Faÿ, représentant la région Occitanie.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Le Fournil de Papy André exploite une boulangerie dans le département du Tarn. Son gérant a sollicité une subvention auprès de la région Occitanie le 27 novembre 2020, dans le cadre des aides " Pass Relance Occitanie " instituées pour encourager les petites et moyennes entreprises (PME) à investir dans un contexte marqué par la lutte contre l'épidémie de Covid-19. Par une décision du 16 décembre 2021, la présidente de la région Occitanie lui a attribué une subvention de 16 899 euros. Le 10 février 2022, la société a formé un recours gracieux devant la région Occitanie en lui demandant de porter le montant de l'aide allouée à la somme de 33 797 euros. Par sa requête, la SARL Le Fournil de Papy André demande l'annulation de la décision du 16 décembre 2021 en tant qu'elle ne lui a pas accordé une subvention d'un montant de 33 797 euros, ensemble la décision du 10 avril 2022 née du silence gardé par la région Occitanie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 1511-2 du code général des collectivités territoriales : " I. - Sous réserve des articles L. 1511-3, L. 1511-7 et L. 1511-8, du titre V du livre II de la deuxième partie et du titre III du livre II de la troisième partie, le conseil régional est seul compétent pour définir les régimes d'aides et pour décider de l'octroi des aides aux entreprises dans la région. Dans le cadre d'une convention passée avec la région, la métropole de Lyon, les communes et leurs groupements peuvent participer au financement des aides et des régimes d'aides mis en place par la région./ Ces aides revêtent la forme de prestations de services, de subventions, de bonifications d'intérêts, de prêts et d'avances remboursables, à taux nul ou à des conditions plus favorables que les conditions du marché. () ".
3. D'autre part, aux termes de la délibération du Conseil Régional Occitanie n° AP/2020-juill/01 du 16 juillet 2020 affectant les crédits nécessaires et approuvant le modèle de convention relative aux subventions d'investissement pour la mise en œuvre des Pass Relance Occitanie : " Afin de soutenir au mieux les entreprises, le PASS Occitanie Relance proposerait : /- un taux unique d'intervention à 50 % ()/- un plafonnement de la subvention à 60 000€/ - un seuil minimal de dépenses éligibles à 5 000€ HT () ". Aux termes du règlement du " Pass Relance Occitanie ", annexé à cette même délibération : " Le Pass Relance Occitanie prend la forme d'une subvention d'investissement proportionnelle avec un taux d'intervention de 50 % des dépenses éligibles ". Enfin, le document de présentation du " Pass Relance Occitanie " réalisé par la région Occitanie énonce : " d. Montant et plafond de l'aide : / Le Pass Relance Occitanie prend la forme d'une subvention d'investissement proportionnelle avec un taux d'intervention des dépenses éligibles./ La subvention Région est plafonnée à 60 000€ sur un projet de 24 mois maximum avec une assiette éligible minimale de 5000 € () ".
4. Il résulte de ces dispositions que la région Occitanie a entendu instituer un régime réglementaire de subvention aux investissements réalisés par les PME dans un contexte marqué par la crise sanitaire du Covid-19, reposant sur des critères prédéterminés tenant à l'assiette de dépenses éligibles et en prédéfinissant le montant de l'aide accordée à 50 % de la somme de ces dépenses dans la limite du seuil du 60 000 euros, sans conférer aux autorités régionales de pouvoir d'appréciation quant à la modulation de l'assiette des dépenses éligibles et du taux proportionnel d'intervention.
5. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la fiche de qualification établie par la région Occitanie au cours de l'instruction de la demande d'aide formée par la SARL Le Fournil de Papy André que cette dernière a sollicité l'attribution du " Pass Relance Occitanie " afin de l'accompagner dans son projet d'acquisition d'un repose pâton, d'une façonneuse et d'un four électrique, ces dépenses s'élevant à 67 597,62 euros. En application des critères d'éligibilité et des règles de calcul présidant l'octroi de la subvention dite " Pass Relance Occitanie ", la SARL Le Fournil de Papy André, dont il n'est pas contesté qu'elle satisfaisait les conditions d'éligibilité, pouvait demander, ainsi qu'elle l'a d'ailleurs fait, une aide de 33 797 euros correspondant à 50 % de ses dépenses d'investissement.
6. Pour justifier sa décision de ramener le taux de participation aux dépenses d'investissement éligibles de 50 % à 25 %, la région Occitanie ne peut utilement se prévaloir des modifications apportées au " Pass Relance Occitanie " par la délibération Conseil Régional Occitanie n° CP/2020-dec/09.13 du 11 décembre 2020 dès lors qu'elles n'affectent ni l'assiette des dépenses éligibles ni le taux de subventionnement. Elle ne peut pas davantage soutenir que ce taux était susceptible de fluctuer en fonction d'un critère implicite tenant à l'intérêt du projet présenté, dès lors qu'il ressort des termes de l'avis de l'agence de développement économique Occitanie du 22 juin 2021 que le projet de la société requérante a recueilli un avis favorable à l'octroi de la subvention compte tenu de son intérêt. Si elle fait valoir que les stipulations de la convention de subventionnement fixent le montant de la subvention accordée à 16 899 euros, ce contrat, au demeurant postérieur à la décision attaquée du 16 décembre 2021, ne peut être regardé comme valant acceptation de la subvention qu'il prévoit par la société requérante, qui ne l'a pas signé. La région Occitanie se prévaut également du principe selon lequel une personne publique peut refuser une demande de subvention pour un motif d'intérêt général. Toutefois, et outre que la décision attaquée du 16 décembre 2021 a effectivement accordé le bénéfice du " Pass Relance Occitanie " à la société requérante, le risque d'épuisement des crédits budgétaires ouverts pour financer le " Pass Relance Occitanie " avancé par la région n'est pas établi. Enfin, la région Occitanie ne peut utilement se prévaloir de ce que le la SARL Le Fournil de Papy André n'avait aucun droit au maintien du " Pass Relance Occitanie " pour justifier de la légalité de sa décision de diminuer son taux de participation aux dépenses d'investissement éligibles de 50 % à 25 % de leur montant. En effet, la décision du 16 décembre 2021 ayant attribué le bénéfice du " Pass Relance Occitanie " à la SARL Le Fournil de Papy André a créé des droits à son profit, la région n'établissant ni même n'alléguant que cette société n'aurait pas satisfaisait les conditions mises à son octroi et ne se prévalant d'aucun motif justifiant légalement que l'aide financière à laquelle elle pouvait prétendre ait été diminuée de moitié.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL Le Fournil de Papy André est fondée à soutenir qu'en refusant de lui accorder une subvention de 33 797 euros, la présidente de la région Occitanie a entaché ses décisions d'illégalité. Par suite, les décisions attaquées des 16 décembre 2021 et 10 avril 2022 doivent être annulées en tant qu'elles ne lui ont pas accordé une subvention d'un montant de 33 797 euros au titre du " Pass Relance Occitanie ".
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution./ La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. "
9. La SARL Le Fournil de Papy André demande qu'il soit enjoint à la région Occitanie de lui verser la somme de 16 899 euros. Il résulte de tout ce qui précède qu'elle peut prétendre au versement d'une subvention de 33 797 euros. Par suite, et dès lors que le présent jugement n'annule la décision du 16 décembre 2021 qu'en tant qu'elle n'accorde pas une subvention d'un montant supérieur à 16 899 euros à la SARL Le Fournil de Papy André, il y a lieu d'enjoindre à la région Occitanie d'attribuer à cette société une aide complémentaire d'un montant de 16 899 euros dans un délai de deux mois à compter de la date de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la région Occitanie le versement à la SARL Le Fournil de Papy André de la somme de 1 500 euros. Il n'y a pas lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la région Occitanie présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions des 16 décembre 2021 et 10 avril 2022 de la présidente de la région Occitanie sont annulées en tant qu'elles n'ont pas accordé à la SARL Le Fournil de Papy André une subvention d'un montant de 33 797 euros au titre du " Pass Relance Occitanie ".
Article 2 : Il est enjoint à la région Occitanie de verser à la SARL Le Fournil de Papy André une somme complémentaire de 16 899 euros.
Article 3 : La région Occitanie versera à la SARL Le Fournil de Papy André la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la région Occitanie présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Le Fournil de Papy André et à la présidente de la région Occitanie.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
S. DOUTEAUD
La présidente,
S. CHERRIER
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026