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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2203367

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2203367

mercredi 8 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2203367
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBILLA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 15 juin 2022 et le 25 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Thalamas, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 octobre 2021 par lequel le maire de Castelginest a délivré à la SCI Yanis Akim un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement de six lots, dont un réservé au logement social, sur un terrain sis 54 chemin des Coteaux, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Castelginest une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour contester le permis d'aménager délivré à la société Yanis Akim ;

- le permis d'aménager contesté a été pris par une autorité incompétente pour ce faire ;

- l'aménagement de l'accès va entrainer la disparition des plantations existantes dont il ne ressort pas des plans qui lui ont été communiqués qu'elles seront remplacées par des plantations équivalentes, en méconnaissance des dispositions du 1 de l'article UD13 du plan d'occupation des sols de la commune ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des dispositions des articles R. 441-3 et R. 442-5 du code de l'urbanisme ;

- les prescriptions imposées par le maire dans son arrêté, consistant en la création d'une part, d'une plateforme de 5/ 5 mètres d'une pente inférieure à 2,5% permettant d'accéder au terrain d'assiette et d'autre part, d'une aire de présentation des ordures ménagères d'une surface plane minimale de 13,5 m², ne seraient pas réalistes en raison de la configuration des abords du terrain d'assiette du projet par rapport à la voie et sont contraires à l'article UD 3 du règlement du plan d'occupation des sols de la commune ;

- le permis d'aménager, en ce compris assorti de prescriptions, méconnaît les dispositions de l'arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d'habitation collectifs et des maisons individuelles lors de leur construction, du décret n°2006-1658 du 21 décembre 2006 relatif aux prescriptions techniques pour l'accessibilité de la voirie et des espaces publics et de l'arrêté du 15 janvier 2007 portant application du décret n° 2006-1658 du 21 décembre 2006 relatif aux prescriptions techniques pour l'accessibilité de la voirie et des espaces publics, de l'article 45 de la loi n°2005- 02 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées et de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire enregistré le 9 décembre 2022, la SCI Yanis Akim, représentée par Me Billa, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que d'une part, elle a été introduite après l'expiration du délai de recours de deux mois prévu à l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme et que, d'autre part, le requérant ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité à agir au sens des dispositions de l'article L. 600-1-2 du même code ;

- à titre subsidiaire, les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés les 14 et 23 décembre 2022, la commune de Castelginest, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que, d'une part, elle a été introduite après l'expiration du délai de recours de deux mois prévu à l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme et que, d'autre part, le requérant ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité à agir au sens des dispositions de l'article L. 600-1-2 du même code ;

- à titre subsidiaire, les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 22 octobre 2021, le maire de Castelginest a délivré à la SCI Yanis Akim un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement de six lots, dont un réservé au logement social, sur un terrain sis 54 chemin des Coteaux. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté et de la décision du maire rejetant le recours gracieux qu'il a présenté le 23 février 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

3. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté () et pendant toute la durée du chantier. Cet affichage n'est pas obligatoire pour les déclarations préalables portant sur une coupe ou un abattage d'arbres situés en dehors des secteurs urbanisés. / (). "

4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du constat d'huissier produit par la société pétitionnaire, que mention du permis d'aménager délivré le 22 octobre 2021 à la SCI Yanis Akim a été affichée de façon continue pendant deux mois à compter du 29 octobre 2021 sur un panneau d'affichage implanté en bordure du terrain d'assiette du projet et visible de la voie publique. Ce panneau faisait mention des délais de recours ouverts à l'encontre du permis d'aménager et rappelait également l'obligation prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme de notifier tout recours administratif au bénéficiaire de l'autorisation d'urbanisme. M. B ne remet pas en cause les constatations relevées dans le constat d'huissier qui font foi jusqu'à preuve du contraire. Alors qu'il n'est pas contesté que l'affichage répondait aux exigences réglementaires, le délai de recours contentieux de deux mois mentionné à l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme a commencé à courir à compter du 29 octobre 2021. Il était expiré lorsque M. B a présenté le 23 février 2022 son recours gracieux auprès de la commune de Castelginest. Par suite, la SCI Yanis Akim est fondée à soutenir que la requête de M. B est tardive et qu'elle doit être rejetée comme irrecevable. La requête de M. B étant entachée d'une irrecevabilité manifeste, elle peut être rejetée, en toutes ses conclusions, par ordonnance sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Castelginest, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui.

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B le versement d'une somme de 1 000 euros d'une part, à la commune de Castelginest et d'autre part, à la SCI Yanis Akim au titre des frais exposés par elles.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : M. B versera une somme de 1 000 euros à la commune de Castelginest, d'une part, et une somme de 1 000 euros à la SCI Yanis Akim, d'autre part, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la commune de Castelginest et à la SCI Yanis Akim.

Fait à Toulouse, le 8 mars 2023.

La présidente de la 6ème chambre,

V. Poupineau

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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