jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2203414 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LAFAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en production de pièces complémentaires, enregistrés le 17 juin 2022 et le 14 février 2023, Mme B C, représentée par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du maire de Pamiers rejetant sa demande du 15 février 2022 tendant au versement de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) ;
2°) de condamner la commune de Pamiers à lui verser la somme de 2 202,14 euros, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation de ces intérêts, en réparation du préjudice financier qu'elle estime avoir subi ;
3°) d'enjoindre à la commune de Pamiers de lui verser la nouvelle bonification indiciaire pour l'avenir et de procéder à la régularisation du calcul de l'indemnité de résidence, du supplément familial de traitement et des différentes primes ou indemnités fixées en pourcentage du traitement indiciaire depuis le 1er janvier 2017 ;
4°) d'enjoindre à la commune de Pamiers de procéder à la liquidation des sommes sollicitées dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Pamiers la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le maire de la commune de Pamiers a commis une faute de nature à engager la responsabilité de la commune en ne lui versant pas la nouvelle bonification indiciaire de novembre 1982 à 2020 alors qu'elle exerce des fonctions polyvalentes liées à l'entretien, à la salubrité, à la conduite de véhicule et à des tâches techniques, correspondant au point 28 de l'annexe du décret du 3 juillet 2006, et la mettant en relation directe avec la population de quartiers prioritaires de la politique de la ville ;
- elle a subi un préjudice financier du fait de l'absence de perception de la nouvelle bonification indiciaire depuis le 1er janvier 2017, qu'elle évalue à 2 202,14 euros ;
- le refus du maire de lui octroyer la NBI pour l'avenir est par conséquent illégal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, la commune de Pamiers, représentée par Me Lafay, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 500 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête présentée par Mme C n'est fondé.
Par une ordonnance du 16 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 10 mars 2023 à 12 h 00.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 ;
- le décret n° 93-863 du 18 juin 1993 ;
- le décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006 ;
- le décret n° 2006-780 du 3 juillet 2006 ;
- le décret n° 2014-1750 du 30 décembre 2014 ;
- le décret n° 2014-1751 du 30 décembre 2014 ;
- le décret n° 2015-1386 du 30 octobre 2015 ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Grimaud, président, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, adjointe technique principale de deuxième classe de la commune de Pamiers, exerce les fonctions d'agent polyvalent au sein de la Maison des Associations de la commune. Par un courrier en date du 17 décembre 2019, Mme C a demandé à la commune de Pamiers le versement de la nouvelle bonification indiciaire. Sa demande a été rejetée par la commune par un courrier du 6 octobre 2020. Par un courrier du 15 février 2022, elle a sollicité auprès du maire de Pamiers le versement de la NBI pour l'avenir et l'indemnisation du préjudice subi du fait du défaut de versement de cette bonification depuis le 1er janvier 2017, pour un montant total de 2 202,14 euros. Cette demande a été rejetée implicitement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'indemnisation :
En ce qui concerne le bien-fondé du refus de versement de la NBI et la faute :
2. En premier lieu, aux termes du I de l'article 27 de la loi susvisée du 18 janvier 1991 : " La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires et des militaires instituée à compter du 1er août 1990 est attribuée pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulières dans des conditions fixées par décret ". Aux termes de l'article 1er du décret n° 2006-780 du 3 juillet 2006 : " Les fonctionnaires territoriaux exerçant à titre principal les fonctions mentionnées en annexe au présent décret dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville dont la liste est fixée par le décret n° 2014-1750 du 30 décembre 2014 fixant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville dans les départements métropolitains () et dans les services et équipements situés en périphérie de ces quartiers et assurant leur service en relation directe avec la population de ces quartiers bénéficient de la nouvelle bonification indiciaire ". Au nombre des fonctions mentionnées en annexe de ce décret figurent, au point 28 de cette annexe : " les fonctions polyvalentes liées à l'entretien, à la salubrité, à la conduite de véhicule et tâches techniques ".
3. Il résulte de ces dispositions que le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire est lié aux seules caractéristiques des emplois occupés, au regard des responsabilités qu'ils impliquent ou de la technicité qu'ils requièrent. Le bénéfice de cette bonification, exclusivement attaché à l'exercice effectif des fonctions, ne peut ainsi être limité par la prise en considération du corps, du cadre d'emploi ou du grade du fonctionnaire qui occupe un emploi dont les fonctions ouvrent droit à ce bénéfice.
4. Pour soutenir qu'elle aurait dû percevoir la nouvelle bonification indiciaire depuis le 1er janvier 2017, Mme C se prévaut de ce qu'elle exerce des fonctions polyvalentes relevant du point 28 du décret précité la mettant en relation directe avec la population de quartiers prioritaires de la politique de la ville. En l'espèce, il résulte de l'instruction, et notamment de la fiche de poste de l'intéressée, que Mme C travaille dans le secteur du quartier prioritaire de la ville dit D et est affectée à la maison des associations ainsi qu'aux salles municipales de Trémège, Capelles, Espalioux et Aglae Moyne. Il ressort de sa fiche de poste que Mme C est à la fois chargée de l'entretien des locaux, de leur contrôle, de l'établissement des états des lieux entrant et sortant, des visites périodiques, des signalements des incidents, ainsi que du renfort en matière d'accueil des usagers, exerçant ainsi des fonctions de réponse téléphonique et physique, de réservation de salles, de tenue des agendas et de prises de rendez-vous. Dans ces conditions, les fonctions exercées par Mme C constituent des fonctions polyvalentes liées à l'entretien, à la salubrité, à la conduite de véhicule et tâches techniques au sens du point 28 de l'annexe au décret susvisé du 3 juillet 2006 et il résulte de l'instruction qu'au vu de la nature de ces fonctions, du rôle de l'équipement public où elle est affectée et de la situation de celui-ci, elle exerce ces fonctions en relation directe avec la population du quartier prioritaire de la ville dit D. Par suite, Mme C est fondée à soutenir que c'est à tort que le maire de Pamiers a refusé de lui octroyer la NBI pour l'avenir et que la commune a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en refusant de faire droit à sa demande tendant à la réparation du préjudice financier qui a résulté pour elle de l'absence de versement de cette nouvelle bonification indiciaire.
5. Il résulte de ce qui précède, que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision implicite du 15 février 2022 en tant qu'elle lui refuse le bénéfice de la NBI pour l'avenir et refuse de l'indemniser à hauteur du montant de la NBI à compter du 1er janvier 2017. Elle est par suite fondée à demander la condamnation de la commune de Pamiers à l'indemniser du préjudice qu'elle estime avoir subi à ce titre.
En ce qui concerne l'évaluation du préjudice :
6. Mme C, en comparant sa situation à d'autres agents de la commune percevant la NBI au titre de leur affectation dans le quartier prioritaire de la ville dit D, chiffre son préjudice à hauteur de la perte de dix points NBI depuis le 1er janvier 2017 jusqu'au 1er décembre 2020, sur le fondement de la valeur mensuelle du point d'indice, calcul dont les modalités ne sont pas contestées par la commune de Pamiers. Elle est donc fondée à demander la condamnation de celle-ci à lui verser la somme de 2 202,14 euros.
Sur les intérêts et les intérêts des intérêts :
7. En vertu de l'article 1231-6 du code civil, les intérêts au taux légal courront sur la somme mentionnée au point 6 ci-dessus à compter du 28 février 2022, date de réception de la réclamation préalable adressée par la requérante à la commune de Pamiers. En vertu de l'article 1343-2 du même code, lesdits intérêts seront capitalisés au 28 février 2023, date à laquelle une année d'intérêts était due, puis à chaque échéance annuelle pour produire eux-mêmes intérêts.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
9. Eu égard aux motifs exposés au point 4 du présent jugement, celui-ci implique, sous réserve d'une modification dans la situation de droit ou de fait de Mme C, qu'il soit enjoint à la commune de Pamiers de lui attribuer le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire au titre de ses fonctions d'agente polyvalente au sein de la Maison des Associations de la commune de Pamiers et de procéder à la régularisation de ces traitements et indemnités par voie de conséquence de la reconnaissance de son droit à NBI à compter du 1er janvier 2017, dans le délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'enjoindre à la commune de Pamiers de verser le montant de la condamnation fixée au point 6 du présent jugement dès lors que celui-ci est exécutoire. Il n'y a pas davantage lieu d'assortir l'injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que la somme réclamée par la commune de Pamiers sur leur fondement soit mise à la charge de la requérante, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme de 1 500 euros à la charge de la commune de Pamiers, à verser à Mme C sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 15 février 2022 de la Commune de Pamiers est annulée en tant qu'elle rejette implicitement la demande de Mme C tendant à ce que lui soit octroyé le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire à compter du 1er janvier 2017.
Article 2 : La commune de Pamiers est condamnée à verser la somme de 2 202,14 euros à Mme C. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 28 février 2022. Lesdits intérêts seront capitalisés au 28 février 2023, puis à chaque échéance annuelle pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : Il est enjoint à la commune de Pamiers d'attribuer à Mme C le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire au titre de ses fonctions d'agente polyvalente au sein de la Maison des Associations de la commune de Pamiers et de procéder à la régularisation de ses traitements et indemnités par voie de conséquence de la reconnaissance de son droit à NBI à compter du 1er janvier 2017, dans le délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : La commune de Pamiers versera une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à Mme C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la commune de Pamiers.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Grimaud, président,
M. Quessette, premier conseiller,
Mme Lequeux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.
Le président, rapporteur,
P. GRIMAUD
L'assesseur le plus ancien,
L. QUESSETTE
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026