vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2203687 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 17 juin 2022, le 24 novembre 2022, le 23 janvier 2023, le 1er février 2023, le 27 février 2023, un mémoire récapitulatif, enregistré le 27 mars 2023, et des mémoires, enregistrés le 4 mai 2023 et le 13 juin 2023, M. et Mme A et C B demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 février 2022 par lequel le maire d'Aussonne a accordé à la société civile de construction vente (SCCV) Les jardins d'Estany un permis de construire portant sur la réhabilitation d'une maison de maître avec la création de huit logements supplémentaires sur un terrain sis 631 chemin de Vignaux à Aussonne (Haute-Garonne), ensemble la décision portant rejet de leur recours gracieux formé le 6 avril 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2022, rectifié par un arrêté du 16 novembre 2022, par lequel le maire d'Aussonne a accordé à la SARL Les jardins d'Estany un permis de construire modificatif.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué prévoit la construction de sept places de parking au niveau d'une servitude de canalisation ;
- le branchement des eaux usées n'existe pas sur le chemin de Vignaux ; le raccordement actuel des eaux usées de la maison se fait via le chemin de Peyrelong par une tuyauterie de faible section ; le dossier de permis de construire et l'avis de " Eau de Toulouse " comportent donc des informations erronées en ce qu'ils indiquent que le projet ne modifie pas les branchements actuels ;
- l'alimentation du projet en eau potable se fait au droit de leur parcelle, sans qu'il existe a priori de servitude ; contrairement à ce qu'indique le dossier de permis de construire, le projet modifie les branchements actuels ;
- le projet, qui prévoit un rejet des eaux pluviales dans le bassin de rétention existant du Jardin d'Estany, ne permet pas la conservation des eaux pluviales et de ruissellement sur l'emprise foncière, et va accroitre le risque d'inondation du chemin de Vignaux ;
- le projet comporte une incohérence dès lors qu'il ne prévoit pas de séparation entre le terrain d'assiette du projet et leur terrain, alors qu'une clôture a été réalisée entre les jardins d'Estany et le Château de Vignaux ; cela créé par ailleurs un risque de débordement de manœuvre ou de stationnement sur leur terrain compte tenu des places de parking insuffisantes ou mal disposées ; le permis modificatif prévoit la création d'une haie en limite séparative, qui sera cependant impossible à réaliser compte tenu de la présence des places de parking ; le positionnement de cette haie, qui doit être plantée, ainsi que le prévoit le code civil, en retrait et non en limite de propriété, n'est pas précisé, pas plus que sa densité et les espèces qui la composent ; de plus, la traversée physique d'une haie végétale est possible alors qu'il faudrait une clôture en grillage ;
- le permis de construire n'apporte aucune indication sur le devenir du porche d'entrée, qui fait l'objet d'une propriété partagée et est un ouvrage remarquable et devrait, à ce titre, faire l'objet d'une protection particulière ;
- le permis de construire initial ne prévoyait pas d'aire de présentation des ordures ménagères ; si le permis de construire modificatif comporte une aire de présentation des ordures ménagères, l'insuffisance du permis initial justifie son retrait ;
- le projet ne prévoit pas la réalisation d'une aire de stockage des poubelles ; si le permis de construire modificatif prévoit un local de stockage des poubelles dans le bâtiment de l'actuelle orangerie, cette affirmation n'est pas vérifiable en l'absence de plans intérieurs du bâtiment et la capacité de ce bâtiment à accueillir ce local est douteuse ;
- le panneau d'affichage du permis de construire comporte des informations erronées en ce qu'il se borne à indiquer que le projet consiste en la réhabilitation d'une maison, sans mentionner la création de huit logements ; ce panneau était peu visible en raison de la végétation présente sur le portail ; il n'y a pas eu de démarche d'information auprès du voisinage, alors qu'il s'agit d'une obligation prévue par la charte de qualité urbaine de la commune ;
- le nombre de places de stationnement du projet est insuffisant bien que conforme à la règlementation ; la disposition de ces places de parking peut engendrer des difficultés de manœuvres de stationnement et un risque de saturation et de débordement des véhicules sur le chemin de Vignaux, lequel ne comporte pas de stationnement, et sur leur propriété, en l'absence de clôture en limite séparative ; la position du garage à vélo pourrait compliquer les manœuvres automobiles, ce qui réduit encore la disponibilité des places de stationnement ; le projet ne respecte pas la charte de qualité urbaine de la commune, qui exige deux places de parking par logement ;
- la date de dépôt indiquée sur l'arrêté rectificatif est erronée, puisqu'elle correspond à la date de dépôt de la demande de permis de construire modificatif ;
- le pétitionnaire leur a notifié le permis de construire modificatif du 27 octobre 2022, alors qu'il aurait dû leur adresser l'arrêté rectificatif du 16 novembre 2022, le premier étant entaché d'une erreur relative au nom du pétitionnaire ;
- la société pétitionnaire s'était engagée, dans le cadre du permis de construire qui lui a été délivré le 14 janvier 2020, à conserver un seul logement dans la maison de maître ; le permis de construire attaqué, qui prévoit la création de huit logements supplémentaires, ne respecte pas cet engagement ;
- une demande de permis de construire analogue a déjà fait l'objet d'un refus puisqu'elle mentionnait l'existence de six logements actuels dans la maison alors qu'il n'en existe qu'un seul ;
- le projet, qui prévoit la création de 8 logements dont seulement 3 logements sociaux, méconnaît le plan local d'urbanisme qui exige sur l'emplacement réservé aux logements sociaux en zone C un minimum de 50% de logements sociaux ; ce vice a été régularisé par le permis de construire modificatif, mais cette erreur démontre une anomalie dans l'établissement du dossier ;
- la notice architecturale du permis de construire initial fait référence au plan local d'urbanisme intercommunal et de l'habitat (PLUi-H) de Toulouse métropole ; cette référence erronée a été corrigée par le permis de construire modificatif, mais cette erreur démontre une anomalie dans l'établissement du dossier ;
- les modalités de gestion technique des logements de la Villa d'Estany et des Jardins d'Estany ne sont pas précisées ;
- le projet porte atteinte à l'intérêt de la maison qui constitue un patrimoine historique typique de la commune et sa transformation en neuf logements est une perte pour son architecture interne ;
- le projet ne présente pas de trottoir ni de possibilité d'arrêt de véhicule ou d'accès cyclable, alors que les places de parking sont insuffisantes ;
- le projet s'inscrit à proximité d'autres projets de construction de logements qui présentent des vices.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 novembre 2022, le 18 janvier 2023 et le 7 février 2023, la commune d'Aussonne, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt pour agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 22 novembre 2022 et le 9 janvier 2023, la société à responsabilité limitée (SARL) Villa d'Estany, venant aux droits de la SCCV les jardins d'Estany, et représentée par Me Gendre, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt pour agir à l'encontre de l'arrêté attaqué, qu'ils ne justifient pas du caractère régulier de la détention de leur bien conformément à l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme et qu'ils ne démontrent pas avoir procédé à la notification de leur recours contentieux conformément à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 23 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rousseau,
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public,
- les observations de M. B, requérant,
- les observations de Me Marti, représentant la commune d'Aussonne,
- et les observations de Me Lonjou, représentant la SCCV Les Jardins d'Estany et la SARL La Villa d'Estany.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile de construction vente (SVVC) Les Jardins d'Estany a déposé le 17 janvier 2022 une demande de permis de construire portant sur la création de 8 logements dans une maison sise 631 chemin de Vignaux à Aussonne (Haute-Garonne). Par un arrêté du 28 février 2022, le maire d'Aussonne lui a délivré le permis de construire sollicité. Par un courrier du 5 avril 2022, M. et Mme B ont formé un recours gracieux contre cet arrêté, qui a été implicitement rejeté. Par un arrêté du 5 juillet 2022, ce permis de construire a été transféré de la SCCV Les Jardins d'Estany à la société à responsabilité limitée (SARL) La Villa d'Estany. La SARL La Villa d'Estany a déposé le 5 août 2022 une demande de permis de construire modificatif, qui lui a été accordé par un arrêté du 27 octobre 2022, rectifié par un arrêté du 16 novembre 2022. Par la présente requête, M. et Mme B doivent être regardés comme demandant l'annulation des arrêtés du maire d'Aussonne des 28 février 2022 et 27 octobre 2022 et de la décision implicite rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, si M. et Mme B font valoir que la notice architecturale jointe au dossier de permis de construire fait référence, à tort, au plan local d'urbanisme intercommunal et de l'habitat (PLUi-H) de Toulouse métropole, cette circonstance, est par elle-même sans incidence sur la légalité des décisions attaquées alors que l'arrêté portant délivrance du permis de construire indique que ce permis est délivré sur le fondement du plan local d'urbanisme (PLU) d'Aussonne remis en vigueur du fait de l'annulation du PLUi-H de Toulouse métropole. Par suite, et alors qu'il n'est pas allégué que la notice architecturale ne comporterait pas l'ensemble des éléments mentionnés à l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, le moyen doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les autorisations d'utilisation du sol ont pour seul objet de s'assurer de la conformité de la construction projetée avec la réglementation d'urbanisme et sont délivrées sous réserve du droit des tiers. Dès lors, M. et Mme B ne sauraient utilement se prévaloir de ce que le projet porterait atteinte à une servitude de canalisation, tout litige portant sur la violation d'un droit réel relevant de la compétence du juge judiciaire. De même, les requérants ne peuvent utilement invoquer devant la juridiction administrative le moyen tiré de ce que l'alimentation du projet en eau potable se fait au droit de leur parcelle et nécessiterait une servitude de passage.
4. En troisième lieu, si les requérants font valoir que tant le dossier de demande de permis de construire que l'avis de Eau de Toulouse métropole sur le projet comportent une erreur en ce qu'ils indiquent que le raccordement des eaux usées doit se faire sur le chemin de Vignaux et que le projet ne modifie pas les branchements actuels d'eau potable, ils n'apportent aucun élément au soutien de leurs affirmations.
5. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le service Eau de Toulouse Métropole a émis un avis favorable au projet assorti de recommandations le 28 janvier 2022, dont il résulte que la totalité des eaux de pluies et de ruissellement devra être conservée sur l'emprise foncière de l'opération au moyen de systèmes alternatifs permettant l'infiltration ou la rétention des eaux. Cet avis, visé dans l'arrêté de permis de construire, s'impose au pétitionnaire, alors que le permis de construire modificatif indique en son article 2 que " les prescriptions et obligations contenues dans l'autorisation de permis de construire initiale sont maintenues ", au nombre desquelles figurent les prescriptions précitées. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet, qui prévoit un rejet des eaux pluviales dans le bassin de rétention existant des immeubles voisins " les Jardins d'Estany ", ne permet pas la conservation des eaux pluviales et de ruissellement sur l'emprise foncière. De plus, si les requérants soutiennent que le projet va accroitre le risque d'inondation sur la parcelle par l'imperméabilisation des sols du fait de la création de places de parking, ils n'établissent pas la réalité d'un tel risque. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
6. En cinquième lieu, si les requérants soutiennent que le projet ne prévoit pas de séparation entre le terrain d'assiette du projet et leur parcelle, ils n'invoquent aucune disposition imposant la réalisation d'une telle clôture. Par ailleurs, s'ils font valoir que la haie prévue en limite séparative par le permis de construire modificatif ne respecte pas les règles de hauteur et d'implantation imposées par le code civil, ces dispositions ne peuvent utilement être invoquées à l'encontre du permis attaqué qui a pour seul objet d'assurer le respect des règles et servitude d'urbanisme applicables. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
7. En sixième lieu, la notice architecturale précise que " les espaces extérieurs seront conservés ", ainsi que cela ressort également des plans joints au dossier de permis de construire. Les requérants ne sont dès lors pas fondés, en tout état de cause, à soutenir que le permis de construire n'apporte aucune indication sur le devenir du porche d'entrée.
8. En septième lieu, aux termes de l'article UC 2 du règlement du plan local d'urbanisme d'Aussonne : " () En application de l'article L. 151-41-4° du code de l'urbanisme, les secteurs repérés sur le règlement graphique comme Emplacement Réservé Logement : () - ERL C conformément à la légende, doit prévoir un programme minimum de 50 logements avec un minimum de 50 % de logements locatifs sociaux ".
9. Si le permis de construire initial ne prévoyait la création que de 3 logements sociaux sur un total de 9 logements, en méconnaissance des dispositions précitées, le permis de construire modificatif, qui prévoit la réalisation de 5 logements sociaux sur un total de 9 logements, régularise ce vice. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le projet méconnaît les dispositions précitées.
10. En huitième lieu, aux termes de l'article UC4 du règlement du PLU d'Aussonne : " 5 - Déchets urbains / 5.1. Stockage / Un local réservé au stockage des containers d'ordures ménagères et tri sélectif sera prévu dans les opérations d'ensemble de constructions à usage d'habitation et d'activités. Il devra être intégré aux bâtiments ou à défaut, s'intégrer au plan de masse et au paysage ".
11. M. et Mme B soutiennent que, si le permis de construire modificatif prévoit la réalisation d'un local de stockage des poubelles dans le bâtiment de l'actuelle orangerie, cette affirmation n'est pas vérifiable en l'absence de plans intérieurs du bâtiment. Toutefois, d'une part, il ressort de la notice du permis de construire modificatif que le local poubelle est prévu à l'intérieur du bâtiment. D'autre part, aucune disposition du code de l'urbanisme n'impose la production de plans intérieurs de la construction. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.
12. En neuvième lieu, aux termes de l'article UC4 du règlement du PLU d'Aussonne : " 5.2. Collecte : / Les occupations et utilisations du sol doivent prévoir les aménagements nécessaires à la collecte des déchets urbains. / Ce dispositif nécessaire au fonctionnement des services publics, conformément aux dispositions générales, est soumis au seul article 11 relatif à l'aspect extérieur des constructions et aménagement de leurs abords. / Les aires de présentation sont destinées à accueillir les déchets dans leurs contenants et doivent être directement accessibles depuis l'espace public. Cette disposition ne s'applique pas aux zones concernées par la collecte en colonnes enterrées ".
13. Si les requérants soutiennent que le permis de construire initial ne comportait pas d'aire de présentation des ordures ménagères, ils ne contestent pas que ce vice a été régularisé par le permis de construire modificatif. Par suite, et alors que la circonstance que cette régularisation révèlerait " une négligence dans l'instruction du dossier de permis " est en tout état de cause sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué, le moyen doit être écarté.
14. En dixième lieu, si les requérants font valoir que le panneau d'affichage du permis de construire comportait des informations erronées et n'était pas suffisamment visible, les conditions d'affichage du permis de construire, qui n'ont d'effet que sur le déclenchement des délais de recours, sont sans incidence sur la légalité de cette autorisation. Est également inopérante, la circonstance, à la supposer établie, que le pétitionnaire leur a notifié l'arrêté de permis de construire modificatif du 27 octobre 2022, au lieu de l'arrêté rectificatif du 16 novembre 2022. Enfin, M. et Mme B, qui soutiennent que la démarche d'information relative au permis de construire auprès du voisinage était insuffisante, ne peuvent utilement invoquer les dispositions de la charte urbaine de la commune, qui n'ont pas de caractère contraignant et ne sont pas opposables à une demande de permis de construire. Par suite, ces moyens doivent être écartés comme inopérants.
15. En onzième lieu, aux termes de l'article UC12 du PLU d'Aussonne : " Constructions à usage d'habitation / Il est exigé une place de stationnement par tranche de 60 m² de surface de plancher de construction avec un minimum d'une place par logement, sans dépasser deux places par logement de plus de 120 m² de surface de plancher ".
16. Les requérants soutiennent que, si le projet respecte le nombre de places de stationnement exigé par le plan local d'urbanisme, ces places de stationnement sont insuffisantes car difficilement accessibles. Toutefois, de telles affirmations ne sont pas établies au regard des dimensions de ces places et alors que le règlement du PLU d'Aussonne n'interdit pas les places commandées. De plus, ainsi qu'il a été dit au point 14 du présent jugement, les requérants ne peuvent utilement invoquer les prescriptions de la charte urbaine de la commune. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
17. En douzième lieu, l'arrêté du 16 novembre 2022, qui a pour seul objet de rectifier l'erreur matérielle tenant à la dénomination de la société pétitionnaire mentionnée dans l'arrêté du 27 octobre 2022, ne fait pas suite au dépôt d'une nouvelle demande de permis de construire modificatif. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que cet arrêté est entaché d'un vice de forme en tant qu'il mentionne que la demande de permis de construire modificatif a été déposée le 5 août 2022.
18. En treizième lieu, la circonstance qu'une demande de permis de construire portant sur le même bâtiment a déjà fait l'objet d'un refus est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
19. En quatorzième lieu, si les requérants font valoir que le pétitionnaire et la commune n'auraient pas respecté leur engagement de ne pas créer de logements supplémentaires dans la maison de maître, cet engagement, à le supposer établi, n'est pas opposable à l'arrêté de permis de construire en litige.
20. En quinzième lieu, les circonstances que le permis de construire ne mentionne pas les modalités de gestion technique des logements de la Villa d'Estany et des immeubles voisins " les Jardins d'Estany ", et que le projet s'inscrit à proximité d'autres projets de construction de logements qui présentent des vices, est sans incidence sur la légalité de ce permis.
21. En seizième lieu, si les requérants soutiennent que le projet ne présente pas de trottoir ni de possibilité d'arrêt de véhicule ou d'accès cyclable, ils n'invoquent aucune disposition particulière imposant la réalisation de tels équipements et n'établissent pas, en outre, que l'absence de ces équipements serait de nature à créer un risque pour la sécurité des usagers de la voie.
22. En dix-septième et dernier lieu, les requérants soutiennent que la maison de maître au sein de laquelle sont créés les logements constitue un patrimoine historique typique de la commune, et que sa transformation en neuf logements est " une perte pour son architecture interne ". Toutefois, ce moyen, qui est dépourvu des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, ne peut qu'être écarté.
23. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 28 février 2022 et du 27 octobre 2022 et de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
24. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants les sommes demandées par la commune d'Aussonne et par la SARL La Villa d'Estany au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Aussonne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par la SARL La Villa d'Estany au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et C B, à la société à responsabilité limitée la Villa d'Estany et à la commune d'Aussonne.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.
La rapporteure,
M. ROUSSEAU
La présidente,
V. POUPINEAULa greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026