jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2203713 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | FRANCOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés respectivement les 30 juin 2022 et 26 juin 2023, M. C A, représenté par Me Francos, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 novembre 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande d'abrogation de l'arrêté du 8 septembre 2021 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne d'abroger l'arrêté du 8 septembre 2021 ;
3°) de condamner l'Etat à payer une somme de 2 000 euros à verser à Me Francos en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, ce règlement emportant renonciation à l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence de son auteur ; elle est insuffisamment motivée ;
- elle procède d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ; elle méconnaît les dispositions de l'article L. 243-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 4 novembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête. Il soutient qu'aucun des moyens invoqués par M. A n'est fondé.
Par une ordonnance du 3 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 25 juillet 2023 à 12:00.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cherrier,
- et les observations de Me Zemhi, substituant Me Francos, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, a déclaré être entré en France le 12 août 2018, de manière irrégulière. Il a sollicité le 21 avril 2021 son admission au séjour en raison de son état de santé. Le préfet de la Haute-Garonne a rejeté cette demande par un arrêté du 8 septembre 2021, assorti d'une obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination. Par un courrier du 23 novembre 2021, M. A a saisi le préfet d'une demande d'abrogation de cet arrêté, qui a été rejetée par une décision du 30 novembre 2021, que M. A demande au tribunal d'annuler.
2. En premier lieu, par un arrêté en date du 20 septembre 2021, publié le lendemain au recueil des actes administratifs, le préfet de la Haute-Garonne a consenti une délégation à Mme D B, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer les arrêtés établis en matière de police des étrangers et notamment les décisions défavorables au séjour à quelque titre que ce soit. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté contesté ne peut dès lors pas être accueilli.
3. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que, pour rejeter la demande d'abrogation de l'arrêté du 8 septembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne a fait valoir que M. A n'apportait pas d'élément nouveau justifiant qu'il modifiât sa position précédente. Dès lors que la demande était fondée sur un changement de la situation de fait de l'intéressé, et que la décision initiale était motivée en droit et en fait, cette motivation doit en l'espèce être regardée comme suffisante. Par suite, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, M. A soutient qu'il n'a pas été procédé à un examen particulier de sa situation personnelle dès lors que le préfet de la Haute-Garonne a indiqué, dans sa décision, que les certificats médicaux produits étaient postérieurs à la date de notification de l'arrêté du 8 septembre 2021. Il ressort toutefois des termes de la décision attaquée que cette indication est précédée de la mention " En tout état de cause " et que le préfet a tout d'abord exposé que l'examen du recours et des pièces produites, au nombre de trois, ne permettait pas de conclure à l'existence de circonstances de droit ou de fait postérieures à l'édiction de l'arrêté du 8 septembre 2021 qui rendraient celui-ci illégal. Le moyen doit par conséquent être écarté.
5. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ".
6. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () L'administration est tenue d'abroger expressément un acte non réglementaire non créateur de droits devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à son édiction, sauf à ce que l'illégalité ait cessé ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'étranger qui s'y croit fondé de demander à l'autorité administrative, sans condition de délai, l'abrogation d'un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français à la condition de démontrer qu'un changement de circonstance de fait, ou dans la réglementation applicable, est de nature à emporter des conséquences sur l'appréciation des droits ou prétentions en litige.
7. M. A a fait l'objet d'un suivi médical en raison d'une Hépatite B diagnostiquée en décembre 2018. Par un avis émis le 26 juillet 2021, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que son état de santé lui permettait de voyager sans risque vers son pays d'origine. Après avoir pris connaissance de cet avis, le préfet de la Haute-Garonne a décidé de prendre à l'encontre de l'intéressé un arrêté du 8 septembre 2021, portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français. Pour contester le refus d'abrogation qui lui a été opposé par ce même préfet le 30 novembre 2021, M. A produits deux certificats médicaux postérieurs à cet arrêté qui, selon lui, permettent d'établir l'existence d'un changement dans les circonstances de faits emportant des conséquences sur son droit au séjour.
8. Le premier certificat, établi le 6 octobre 2021 par un médecin généraliste à Toulouse, indique que M. A souffre d'une hépatite B diagnostiquée en 2018 et d'une " tuberculose diagnostiquée en juillet 2021 et en cours de traitement ". S'il indique également que cette pathologie nécessite " de rester en contact avec les CHU ", il ne précise pas quel traitement aurait été prescrit. M. A, qui ne donne pas davantage de précision sur un tel traitement, n'établit ni même n'allègue qu'il ferait l'objet d'un suivi hospitalier dans ce cadre. Le second certificat, établi le 19 novembre 2021 par un autre médecin généraliste à Toulouse, mentionne, sans plus de précisions, que M. A " est actuellement suivi et traité pour une pathologie grave, nécessitant un suivi médical dont l'interruption peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité " et que " de nouveaux éléments médicaux, apparus en juillet 2021, constituant des circonstances nouvelles, impliquent de statuer à nouveau sur le droit au séjour pour raisons médicales " du requérant.
9. Ces deux certificats ne permettent toutefois pas de caractériser l'existence d'une circonstance de fait nouvelle de nature à emporter des conséquences sur l'appréciation portée sur l'état de santé de M. A, le 26 juillet 2021, par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
10. En quatrième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il doit par suite être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation formées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Francos et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
M. Rives, conseiller,
Mme Péan, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
L'assesseur le plus ancien
A. RIVES
La présidente-rapporteure,
S. CHERRIERLa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
N°2203713
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026