LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2203722

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2203722

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2203722
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique chambre 2
Avocat requérantTHEVENOT MAYS BOSSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 juin 2022 et le 3 juillet 2023, Mme B A, représentée par Me Amiel, demande au tribunal :

1°) de condamner Toulouse Métropole à lui verser la somme globale de 8 617,29 euros en réparation des préjudices qu'elle impute à un défaut d'entretien normal de la voie publique ;

2°) de mettre à la charge de Toulouse Métropole la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a chuté en se coinçant la jambe dans un regard d'égout dépourvu de couvercle ; cela révèle un défaut d'entretien normal de l'ouvrage public qui engage la responsabilité de Toulouse Métropole, maître d'ouvrage ;

- les relations entre Toulouse Métropole et Véolia sont lui sont extérieures, de sorte que le tribunal n'entrera en voie de condamnation qu'à l'égard de Toulouse Métropole ;

- les préjudices dont elle demande réparation se décomposent comme suit :

* 1 545,29 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

* 4 000 euros au titre des souffrances endurées ;

* 1 000 euros au titre du préjudice esthétique ;

* 720 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

* 372 euros au titre de l'assistance par tierce personne.

Par un mémoire enregistré le 5 août 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Haute-Garonne, représenté par Me Noy, demande au tribunal :

1°) de condamner Toulouse Métropole à lui verser la somme de 937,06 euros en remboursement des prestations servies pour le compte de son assurée, augmentée des intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de son mémoire ;

2°) de mettre à la charge de Toulouse Métropole une somme de 312,35 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;

2°) de mettre à la charge de Toulouse Métropole la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Elle soutient que :

- en vertu des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, elle dispose d'un recours subrogatoire à l'encontre des tiers responsables afin d'obtenir le remboursement des prestations servies à son assurée ;

- sa créance s'établit à la somme de 937,06 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 décembre 2022, Toulouse Métropole, représentée par Me Thevenot, conclut, à titre principal, au rejet de la requête de Mme A et du recours subrogatoire de la CPAM de la Haute-Garonne et, à titre subsidiaire, à ce que la société Véolia Eau la garantisse des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre.

Elle soutient que :

- le lien de causalité entre le dommage et le fait de l'ouvrage n'est pas établi ;

- en tout état de cause, en vertu du marché d'assistance à l'exploitation des systèmes d'assainissement des eaux usées et pluviales qu'elle a conclu avec la société Véolia Eau, seule la responsabilité de cette dernière est susceptible d'être engagée.

Par un mémoire enregistré le 11 août 2023, la société Véolia Eau, représentée par Me Nouaille, conclut au rejet de la requête de Mme A et du recours subrogatoire de la CPAM de la Haute-Garonne, au rejet des conclusions présentées par Toulouse Métropole tendant à ce qu'elle la garantisse des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre et, à titre subsidiaire, à ce que les prétentions indemnitaires des parties soient ramenées à de plus justes proportions. Elle demande en outre à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de tout succombant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle n'a pas méconnu son obligation d'entretien de l'ouvrage public en cause ;

- les demandes de Mme A sont excessives.

Par une ordonnance du 1er septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 2 octobre 2023 à 12h00

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Rives, conseiller, comme juge statuant seul dans les matières prévues à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rives,

- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique,

- et les observations de Me Amiel, représentant Mme A et celles de Me Huguet, substituant Me Thevenot, représentant Toulouse Métropole.

Considérant ce qui suit :

1.Mme A demande au tribunal de condamner Toulouse Métropole à lui verser la somme globale de 8 617,29 en réparation des préjudices qu'elle impute à un défaut d'entretien normal de la voie publique, à la suite d'une chute dont elle a été victime le 4 novembre 2019. Appelée en la cause, la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne demande au tribunal de condamner Toulouse Métropole à lui verser la somme de 937,06 euros en rembourrement des prestations servies pour le compte de son assurée.

Sur les conclusions indemnitaires :

2.Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre celui-ci et le préjudice invoqué. La collectivité en charge de l'ouvrage public ne peut être exonérée de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve soit que cet ouvrage faisait l'objet d'un entretien normal, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.

3.En premier lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier des photographies prises juste après l'accident, du procès-verbal de la plainte que la requérante a déposée, ainsi que des éléments médicaux versés au dossier de l'instruction, qui sont compatibles avec les circonstances de l'accident telles que les décrit Mme A, que cette dernière a chuté, le 4 novembre 2019 vers 22h45, dans une bouche d'égout dépourvue de couvercle. Dans sa chute, sa jambe gauche s'est enfoncée dans le trou béant tandis que son pied droit est resté coincé sur le rebord de la chaussée, entraînant une contusion du plateau tibial et du ligament latéral interne. Dans ces conditions, la matérialité de l'accident et le lien de causalité entre l'ouvrage public du réseau d'assainissement et les préjudices résultant de cet accident doivent être regardés comme établis.

4.En second lieu, en cas de délégation limitée à la seule exploitation de l'ouvrage, comme c'est le cas en matière d'affermage, si la responsabilité des dommages imputables à son fonctionnement relève du délégataire, sauf stipulations contractuelles contraires, celle résultant de dommages imputables à son existence, à sa nature et son dimensionnement, appartient à la personne publique délégante. Ce n'est qu'en cas de concession d'un ouvrage public c'est-à-dire d'une délégation de sa construction et de son fonctionnement, que peut être recherchée par des tiers la seule responsabilité du concessionnaire, sauf insolvabilité de ce dernier, en cas de dommages imputables à l'existence ou au fonctionnement de cet ouvrage.

5.L'article 17.1 des stipulations de cahier des clauses techniques particulières du marché d'assistance à l'exploitation des systèmes d'assainissement des eaux usées et pluviales, liant Toulouse Métropole à Véolia, stipule : " Dès la prise en charge des ouvrages d'assainissement (réseaux de collecte et de refoulement, postes de relevage et de refoulement, bassins pluviaux, stations d'épuration, ouvrages hydrauliques particuliers, etc.), le titulaire est responsable, tant vis à vis de la Collectivité que vis à vis des tiers, du bon fonctionnement de l'exploitation dans le cadre des dispositions du présent contrat ainsi que des dommages occasionnés. / Le titulaire exploite tous les ouvrages, installations et équipements conformément aux règles de l'art, dans le souci de garantir la conservation du patrimoine productif, les droits des tiers et la qualité de l'environnement. / Le titulaire est responsable des dommages occasionnés par le fonctionnement des ouvrages. Cette responsabilité recouvre : - vis à vis des tiers, y compris des visiteurs, l'indemnisation des dommages corporels, matériels et immatériels (pertes financières consécutives), y compris les pollutions de toute nature, qu'il est susceptible d'occasionner lors de l'exercice de ses activités ; () "

6.En l'espèce, la chute dont a été victime Mme A est imputable à l'absence de couvercle de la bouche d'égout. L'accident trouve ainsi son origine dans le mauvais fonctionnement d'un ouvrage du réseau d'assainissement dont l'exploitation et l'entretien incombent à la société Véolia en vertu du marché d'assistance à l'exploitation des systèmes d'assainissement des eaux usées et pluviales conclu avec Toulouse Métropole le 27 juin 2016. L'absence de fermeture de la bouche d'égout à l'endroit de l'accident dont a été victime la requérante est ainsi de nature à engager la seule responsabilité du délégataire. Dès lors, la requête indemnitaire présentée par Mme A est mal dirigée en tant qu'elle recherche la responsabilité de Toulouse Métropole.

7.Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions présentées par la CPAM de la Haute-Garonne

Sur les frais liés au litige :

8.Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Toulouse Métropole, qui n'pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à rembourser à Mme A les frais qu'elle a exposés et qui ne sont pas compris dans le dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A la somme que sollicite Toulouse Métropole sur le fondement de ces mêmes dispositions. Dans ces mêmes circonstances, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par la société Véolia Eau sur leur fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la CPAM de la Haute-Garonne sont rejetées.

Article 3 : Les conclusions présentées par Toulouse Métropole au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Les conclusions présentées par la société Véolia Eau au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Toulouse Métropole, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne et à la société Véolia Eau.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024

Le magistrat désigné,

A. RIVES

La greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions