lundi 19 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2203735 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | PECH-CARIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juin 2022, M. I B, représenté par Me Pech-Cariou, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 29 juin 2022 par lequel le préfet de l'Aude l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de procéder à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du dépôt et de l'examen de sa demande de régularisation dans un délai de 8 jours à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi de 1991 sur l'aide juridictionnelle et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, condamner l'État à lui verser cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation en méconnaissance des dispositions des articles L. 541-2 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et qu'elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation puisqu'il pourrait prétendre à sa régularisation en raison de son état de santé en application des articles 4, 6 § 2, §5 et §7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de la circulaire du 28 novembre 2012 ;
En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de son état de santé ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnait les articles L. 211-2 et L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, aucune question ne lui ayant été posée durant l'audition ;
- elle ne satisfait pas à l'exigence de motivation ;
- elle méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisqu'il n'est pas établi qu'il n'encourt aucun risque dans son pays d'origine ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans:
- elle est entachée d'un défaut de motivation au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
- elle comporte une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation des faits et de sa situation personnelle compte tenu de son état de santé et de l'absence de menaces graves et sérieuses pour l'ordre public.
Le préfet de l'Aude a communiqué deux mémoires en production de pièces enregistrés les 1er juillet et 2 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Galinon, substituant Me Pech Cariou, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens,
- les observations de M. B, assisté de M. C D, interprète en langue arabe,
- le préfet de l'Aude n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 7 juillet 1993 à Sidi M'Hamed Benali (Algérie), demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 29 juin 2022 par lequel le préfet de l'Aude l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, par un arrêté du 28 avril 2022 publié le 30 avril suivant au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Aude, le préfet de ce département a donné délégation à Mme H G, cheffe du bureau de l'immigration et de la nationalité, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme F E, directrice de la légalité et la citoyenneté, à l'effet de signer les arrêtés dans les matières relevant du ministère de l'Intérieur et pris dans la limite des attributions de sa direction, lesquelles comprennent notamment les mesures d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, l'arrêté litigieux vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 611-1-1°, 4° et 5°. L'arrêté indique que M. B déclare être entré sur le territoire français en 2016 muni d'un visa court séjour sans en apporter la preuve, qu'il s'est maintenu sur le territoire sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, qu'il s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour et qu'il est connu au fichier automatisé des empreintes digitales pour des infractions pour lesquelles il a été condamné par jugement du tribunal correctionnel de Toulouse le 26 octobre 2020, confirmé par la cour d'appel de Toulouse de 30 décembre 2020. L'arrêté fait état également qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Ainsi, l'arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision litigieuse manque en fait et doit être écarté. Il ne ressort pas de cette motivation que le préfet de l'Aude n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé.
5. En troisième lieu, d'une part, indépendamment de l'énumération, faite par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi ou une convention internationale prévoit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement faire l'objet d'une mesure d'éloignement.
6. D'autre part, aux termes des stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien susvisé : " Les membres de la famille qui s'établissent en France sont mis en possession d'un certificat de résidence de même durée de validité que celui de la personne qu'ils rejoignent. / Sans préjudice des dispositions de l'article 9, l'admission sur le territoire français en vue de l'établissement des membres de famille d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité d'au moins un an, présent en France depuis au moins un an sauf cas de force majeure, et l'octroi du certificat de résidence sont subordonnés à la délivrance de l'autorisation de regroupement familial par l'autorité française compétente. ". Par ailleurs, aux termes de l'article 6 de ce même accord : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; / () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; / 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ".
7. L'intéressé ne peut utilement invoquer l'article 4 dudit accord, lequel concerne les demandes de regroupement familial présentées par les ressortissants algériens séjournant régulièrement en France. Il ne peut pas davantage se prévaloir du paragraphe 2 de l'article 6 de l'accord puisque M. B ne justifie ni même n'allègue être marié avec une ressortissante française, ni être entré régulièrement sur le territoire français. Si M. B invoque également le paragraphe 5 de ce même article 6 au regard notamment de sa présence en France depuis six ans, l'intéressé est célibataire, sans charge de famille, ne se prévaut d'aucune attache personnelle en France et a vécu en Algérie jusqu'à l'âge de vingt-trois ans. En outre, l'intéressé ne justifie pas d'une intégration sociale ou professionnelle solide et a été condamné en 2020 à une peine d'emprisonnement de sept mois pour des faits de violence volontaire sur une personne dépositaire de l'autorité publique. Enfin, si M. B, qui invoque également le bénéfice des stipulations du paragraphe 7 de l'article 6 précité, se prévaut d'une décision de la maison départementale des personnes handicapées lui reconnaissant le statut de personne handicapée, il ne produit pas cette décision et, en tout état de cause, il ne démontre pas que son état de santé nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il ne pourrait pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 4, 6 §2, §5 et §7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 doit être écarté en toutes ses branches.
8. En quatrième et dernier lieu, les énonciations de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui est dépourvue de caractère réglementaire, constituent seulement des orientations générales adressées par le ministre aux préfets pour les éclairer dans la mise en œuvre de leur pouvoir de régularisation, ces autorités administratives disposant d'un pouvoir d'appréciation pour prendre une mesure au bénéfice de laquelle la personne intéressée ne peut faire valoir aucun droit. Cette circulaire ne comporte ainsi pas de lignes directrices dont les intéressés pourraient utilement se prévaloir devant le juge. Il en résulte que M. B ne peut utilement se prévaloir de la circulaire du 28 novembre 2012.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
9. En premier lieu, la décision en litige comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". En vertu de l'article L. 612-3 dudit code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () /1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (..). "
11. En se bornant à indiquer qu'il est titulaire d'une décision de la maison départementale des personnes handicapées lui reconnaissant le statut de personne handicapée qu'il ne produit pas, M. B ne justifie pas de circonstances particulières permettant d'écarter le risque de fuite alors qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire français sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour, qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement du préfet du Pas-de-Calais en date du 26 mars 2019 et qu'il ne dispose pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale Dès lors, le préfet de l'Aude n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation de la situation de l'intéressé.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
12. En premier lieu, il résulte de l'ensemble des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédures administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français, ainsi que les décisions par lesquelles l'administration octroie ou refuse un délai de départ volontaire, fixe le pays à destination duquel il sera reconduit et lui interdit le retour sur le territoire français. Dès lors, les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui fixent les règles générales de procédure applicables aux décisions devant être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du même code et prévoient notamment la mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable à leur édiction, ne peuvent être utilement invoquées par M. B à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
13. En deuxième lieu, la décision en litige comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais applicables : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
15. Il appartient à l'étranger qui conteste son éloignement de démontrer qu'il y a des raisons sérieuses de penser que, si la mesure incriminée était mise à exécution, il serait exposé à un risque réel de se voir infliger des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le requérant ne peut donc soutenir que la décision attaquée serait illégale faute pour le préfet d'établir qu'il n'encourt aucun risque dans son pays d'origine.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
16. En premier lieu, la décision en litige comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
17. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, qui mentionne explicitement des circonstances propres à la situation personnelle du requérant, ni des pièces du dossier que le préfet de l'Aude n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de M. B.
18. En troisième et dernier lieu, l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour " et l'article L. 612-10 du même code précise que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
19. Il est constant que M. B s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement et qu'il a été condamné par jugement du tribunal correctionnel de Toulouse le 26 octobre 2020, confirmé par la cour d'appel de Toulouse de 30 décembre 2020 à une peine d'emprisonnement de sept mois pour des faits de violence volontaire sur une personne dépositaire de l'autorité publique. En outre, ainsi qu'il a été dit au point 7, l'intéressé est célibataire, sans charge de famille et ne se prévaut d'aucune attache personnelle en France. Enfin, si l'intéressé se prévaut d'une décision de la maison départementale des personnes handicapées lui reconnaissant le statut de personne handicapée, il ne la produit pas et il ne ressort pas des pièces du dossier que sa situation de handicap alléguée caractériserait une circonstance humanitaire au sens des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, malgré la durée de sa présence en France, l'interdiction de retour sur le territoire national pour la durée maximale de trois ans n'est entachée ni d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation de sa situation personnelle.
Sur les conclusions accessoires :
20. Le présent jugement ne faisant pas droit aux conclusions à fin d'annulation, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. I B, à Me Pech Cariou et au préfet de l'Aude.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
F. A La greffière,
A. BACH
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026