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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2203760

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2203760

vendredi 22 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2203760
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantAMARI DE BEAUFORT-TERCERO-YEPONDE ATY AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 juillet 2022 et le 7 juillet 2022, M. Vakhtang B, représenté par Me Tercero, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'ordonner, avant dire-droit, à l'Etat et en particulier à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), de verser aux débats les 15 entrées identifiées par l'EUAA le 11 avril 2022 sur l'accès aux soins des personnes atteintes d'hépatite B qui ont subi une greffe du foie et qui ont besoin des molécules Advagraf, CellCtem, Corticoids CORTANCYL, entecavir, DELURSAN, pour leur traitement et de justifier des modalités techniques conformément à l'article 4 de l'ordonnance du 6 novembre 2014 de la conférence à distance qui a permis au collège de délibérer le 22 octobre 2021 ;

3°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté en date du 16 novembre 2021, par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étranger malade, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer sa situation et de prendre une décision dans un délai de deux mois, à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui remettre dans l'attente, dès notification de la décision à intervenir, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L.761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'urgence, qui est présumée en cas de refus de renouvellement de titre de séjour, est constituée en l'espèce ; le refus de renouvellement de titre de séjour qui lui est opposé le prive de toute ressource, alors qu'il est bénéficiaire de l'allocation adulte handicapé et d'aides au logement ; cette situation a entraîné des dettes locatives importantes qui ont conduit son bailleur à mettre en œuvre une procédure d'expulsion locative ; il risque ainsi de se retrouver sans logement alors qu'il est gravement malade ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées ;

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

- ces décisions sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée au regard de ces décisions ;

En ce qui concerne la décision de refus de renouvellement de titre de séjour :

- la décision de refus de séjour a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 425-9, R. 425-11 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que de l'article 6 du décret du 27 décembre 2016 pris pour leur application, en l'absence de délibération collégiale du collège de médecins de l'OFII, le privant ainsi d'une garantie ;

- la décision de refus de séjour a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, car l'avis du collège des médecins de l'OFII est fondé sur un rapport retranscrivant de manière incomplète et erronée sa situation médicale ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en tant que l'autorité préfectorale a estimé qu'il pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Géorgie, alors qu'il n'aura notamment pas les moyens financiers d'accéder au traitement médical qui lui est administré en France pour ses multiples pathologies, et en particulier aux immunosuppresseurs pour traiter les conséquences de la greffe de foie, à l'antiviral pour combattre son infection à l'hépatite B chronique et aux suivis spécialisés trimestriels et analyses médicales pour vérifier que son état de santé ne se dégrade pas ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est privée de base légale, en raison de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision fixant le pays de renvoi est privée de base légale, en raison de l'illégalité des décisions portant refus de renouvellement de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, car il ne peut bénéficier effectivement d'un suivi médical dans son pays d'origine.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 juillet 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que la présente requête en référé n'a été introduite que six mois après la notification de la décision attaquée et que le requérant peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ;

- la décision n'est entachée d'aucun doute sérieux quant à sa légalité.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2203585 enregistrée le 24 juin 2022 par laquelle M. B demande l'annulation de l'arrêté du 16 novembre 2021.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 juillet 2022 à 9 h 30, en présence de Mme Guérin, greffière d'audience :

- le rapport de M. Le Fiblec, juge des référés ; les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que l'ordonnance à intervenir était susceptible d'être fondée sur un moyen d'ordre public tiré de ce que les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision obligeant le requérant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et de celle fixant le pays de destination sont irrecevables, dès lors que le recours en annulation formé contre elles a déjà entraîné cet effet suspensif en application des dispositions de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- et les observations de Me Tercero, représentant M. B, qui a repris ses écritures tout en précisant que le préfet ne pouvait se prévaloir de l'attestation établie le 25 mars 2016 par le " médecin de conseil " de l'Ambassade de France en Géorgie indiquant la possibilité de soigner dans ce pays les personnes atteintes d'hépatites, y compris en cas de nécessité de transplantation, alors notamment que le collège des médecins de l'OFII a indiqué dans deux avis postérieurs rendus le 4 juillet 2019 et en janvier 2021 que M. B ne pouvait bénéficier effectivement d'un traitement dans son pays d'origine,

- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. Vakhtang B, ressortissant géorgien né le 27 septembre 1961 à Zugdidi (Géorgie), est entré en France le 13 octobre 2016. Il a sollicité le 20 octobre 2016 une demande d'admission au titre de l'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) du 30 mai 2017. Le 30 août 2017, il a sollicité son admission au séjour en qualité d'étranger malade. Une décision assortie d'une obligation de quitter le territoire français a été édictée à son encontre par un arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 5 février 2019, qui été annulé par un jugement du tribunal administratif de Toulouse du 13 novembre 2019, lequel a enjoint au préfet de la Haute-Garonne de délivrer à l'intéressé un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". A la suite de ce jugement, M. B s'est vu délivrer un titre de séjour temporaire en qualité d'étranger malade à compter du 21 novembre 2019, régulièrement renouvelé jusqu'au 11 août 2021, et dont il a sollicité le renouvellement le 2 août 2021. Par un arrêté en date du 16 novembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité. Par la présente requête, M. B a sollicité la suspension des effets de cet arrêté dont il a demandé l'annulation par requête séparée enregistrée sous le n° 2203585.

Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire:

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête du requérant, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin de suspension :

En ce qui concerne les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision l'obligeant à quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de renvoi :

3. Aux termes de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. ()".

4. Il résulte de ces dispositions que le dépôt, dans le délai de recours, d'une requête en annulation contre un arrêté refusant le renouvellement d'un titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français suspend l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne.

5. M. B a saisi le tribunal le 24 juin 2022 d'une requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 novembre 2021. Le dépôt de cette requête aux fins d'annulation a eu pour effet de suspendre l'exécution de l'obligation faite à M. B de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne. Il ne saurait donc être demandé au juge des référés de suspendre l'exécution de décisions dont le recours en annulation formé contre elles a déjà entraîné cet effet suspensif. Par suite, les conclusions tendant à la suspension de la décision l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi sont irrecevables et doivent être rejetées.

En ce qui concerne les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision de refus de renouvellement de titre de séjour :

S'agissant de la condition relative à l'urgence :

6. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

7. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans les cas de retrait ou de refus de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant d'établir la réalité de circonstances particulières qui justifient que la condition d'urgence soit regardée comme remplie.

8. M. B séjourne en France en situation régulière de manière continue depuis, a minima, le 21 novembre 2019, soit depuis presque deux ans à la date de la décision de refus de renouvellement de titre de séjour en litige, laquelle le fait basculer dans un séjour irrégulier. L'intéressé peut ainsi se prévaloir de la présomption d'urgence qui s'attache aux refus de renouvellement de titre de séjour. En outre, il justifie qu'en raison de la cessation du versement de l'allocation adulte handicapé et de l'aide personnalisée au logement, conséquence directe de son basculement en situation irrégulière par l'effet de la décision attaquée, il est susceptible d'être expulsé de son logement de manière imminente. La condition d'urgence doit, dès lors, être regardée comme remplie.

S'agissant du doute quant à la légalité de la décision attaquée :

9. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".

10. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.

11. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

12. S'il est constant que le collège des médecins de l'OFII a émis le 22 octobre 2021 un avis défavorable au renouvellement du droit au séjour de M B, au motif que l'intéressé pouvait effectivement bénéficier dans son pays d'un traitement approprié, le requérant, qui a levé le secret médical et qui est manifestement dépourvu de moyens financiers, produit à l'instance des documents de nature à établir que le système de santé géorgien ne lui permettrait pas d'avoir accès au traitement et aux soins requis par son état de santé en raison de ce que ceux-ci seraient entièrement à sa charge. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du préfet de la Haute-Garonne en date du 16 novembre 2021 refusant le renouvellement de la carte de séjour temporaire en qualité d'étranger malade de M. B.

13. Les deux conditions fixées par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, d'ordonner la suspension de la décision du 16 novembre 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler le titre de séjour de M. B, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond enregistrée sous le n° 2203585.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".

15. Eu égard à ses motifs, la présente ordonnance implique que le préfet de la Haute-Garonne délivre à M. B, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de ladite ordonnance, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond n° 2203585. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37, alinéa 2, de la loi du 10 juillet 1991 :

16. M. B ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, son conseil peut se prévaloir des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser au profit de Me Tercero, conseil de M. B, sous réserve que ledit conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, en application desdites dispositions.

O R D O N N E

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : L'exécution de la décision du 16 novembre 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler le droit au séjour de M. B est suspendue au plus tard jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête au fond n° 2203585.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de délivrer à M. B, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, valable jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête au fond n° 2203585.

Article 4 : L'Etat versera à Me Tercero, avocate de M. B, une somme de 1 500 (Mille cinq cents) euros sur le fondement des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'elle renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. Vakhtang B, à Me Tercero et au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 22 juillet 2022.

Le juge des référés,

B. LE FIBLEC

La greffière,

S. GUERIN

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

et par délégation, la greffière,

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