jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2203772 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 2 |
| Avocat requérant | LAGORCE & BILLIAUD AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Panfili, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Montauban à lui verser la somme de 7 108,44 euros, en réparation du préjudice économique tiré de l'absence de paiement de la nouvelle bonification indiciaire de décembre 2013 à janvier 2017 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Montauban la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du directeur général de l'établissement du 27 avril 2015 la titularisant dans le corps des infirmiers cadres de santé à compter du 1er décembre 2014 est illégale ; au regard de son diplôme de cadre qui mentionne seulement " infirmière anesthésiste ", elle aurait dû être nommée " infirmière anesthésiste cadres de santé " et percevoir en conséquence, à compter de décembre 2013, la nouvelle bonification indiciaire attachée à ce corps, ainsi que le prévoient les dispositions du 7° de l'article 1er du décret n°90-989 du 6 novembre 1990 ;
- de l'illégalité de cette décision, a découlé un préjudice financier tenant en l'absence de versement de la nouvelle bonification indiciaire de décembre 2013 à janvier 2017, dont le montant s'élève à 7 108,44 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2022, le centre hospitalier de Montauban représenté par Me Lagorce Billiaud, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que la créance dont se prévaut Mme A est prescrite en application de la loi du 31 décembre 1968.
Par une ordonnance du 14 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 juillet 2023 à 12h00
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n°68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Rives, conseiller, comme juge statuant seul dans les matières prévues à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rives,
- et les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1.Mme A, qui a été nommée rétroactivement dans le corps des infirmiers cadres de santé à compter du 1er décembre 2014 par une décision du 27 avril 2015, a exercé au sein du centre hospitalier (CH) de Montauban jusqu'au 1er janvier 2019. Par un courrier du 23 mars 2022, réceptionné le jour-même, Mme A a demandé à son ancien employeur de lui verser une somme de 7 108,44 euros en réparation du préjudice financier qu'elle estime avoir subi du fait de l'illégalité de la décision du 27 avril 2015, tenant en l'absence de versement de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) du mois de décembre 2013 à celui de janvier 2017. Cette demande étant restée sans réponse, Mme A, par la présente requête demande au tribunal de condamner le CH de Montauban à lui verser la somme de 7 108,44 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
2.Le premier alinéa de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics dispose que : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis () ". Aux termes de l'article 2 de cette loi : " La prescription est interrompue par :/ Toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative dès lors que la demande ou la réclamation a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance (). Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. ". Aux termes de l'article 3 de cette même loi : " La prescription ne court ni contre le créancier qui ne peut agir, soit par lui-même ou par l'intermédiaire de son représentant légal, soit pour une cause de force majeure, ni contre celui qui peut être légitimement regardé comme ignorant l'existence de sa créance ou de la créance de celui qu'il représente légalement ".
3.Lorsqu'un litige oppose un agent public à son administration sur le montant des rémunérations auxquelles il a droit, le fait générateur de la créance se trouve en principe dans les services accomplis par l'intéressé. Dans ce cas, le délai de prescription de la créance relative à ces services court, sous réserve des cas prévus à l'article 3 précité de la loi du 31 décembre 1968, à compter du 1er janvier de l'année suivant celle au titre de laquelle ils auraient dû être rémunérés, y compris lorsque le litige porte sur un prélèvement indu, à la condition qu'à cette date l'étendue de cette créance puisse être mesurée. Lorsque le préjudice allégué résulte non des règles relatives à la rémunération ou de leur application mais d'une décision individuelle explicite illégale, le fait générateur de la créance doit alors être rattaché, sous les mêmes réserves, non à l'exercice au cours duquel la décision a été prise, mais à celui au cours duquel elle a été valablement notifiée.
4.Mme A reproche à l'administration de l'avoir privée du versement de la NBI de décembre 2013 à janvier 2017 en raison de l'illégalité dont serait entachée la décision du directeur général du centre hospitalier de Montauban du 27 avril 2015 la titularisant dans le corps des infirmiers cadres de santé à compter du 1er décembre 2014 alors que, selon elle, sa titularisation aurait dû intervenir dans le corps des infirmiers anesthésistes cadres de santé. L'illégalité alléguée de cette décision constitue ainsi le fait générateur à raison duquel Mme A estime avoir subi un préjudice financier, tenant en l'absence de versement de la NBI. Il résulte de l'instruction que cette décision été notifiée à Mme A le 15 juin 2015. Par suite, en application des principes rappelés au point précédent, les créances dont se prévaut Mme A étaient prescrites lorsque, le 23 mars 2022, le centre hospitalier de Montauban réceptionnait une première demande de paiement tendant au versement de la somme de 7 108,44 euros en réparation du préjudice financier que Mme A estime avoir subi en raison de l'illégalité de la décision du 27 avril 2015. Il s'ensuit que l'exception de prescription opposée par le centre hospitalier de Montauban est fondée.
5.Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
6.Le centre hospitalier de Montauban n'étant pas la partie perdante à l'instance, les conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le centre hospitalier de Montauban sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : les conclusions présentées par le centre hospitalier de Montauban sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administratif sont rejetés.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier de Montauban.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
Le magistrat désigné,
A. RIVES
La greffière,
F. DEGLOS
La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
N°220377
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026