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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2203783

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2203783

lundi 19 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2203783
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAGBE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2022 et un mémoire en production de pièces, enregistré le 5 juillet 2022, M. B C, représenté par Me Agbé, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 2 juillet 2022 par lequel le préfet de l'Aude l'a obligé à quitter le territoire, lui a refusé le délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi de sa mesure d'éloignement et l'a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une attestation provisoire de séjour avec autorisation de travail dès la notification de la décision à intervenir ;

4°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois suivant la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens et le paiement d'une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37, alinéa 2, de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, lui verser la somme de 1 500 euros sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle est entachée d'un défaut de motivation en fait en méconnaissance des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle dès lors qu'il reçoit des soins actuels et réguliers en hôpital et qu'il se prévaut de relations personnelles et familiales en France avec ses parents et sa compagne ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet n'a pas vérifié l'état des démarches en cours avant de prendre sa décision ;

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation dès lors qu'il est locataire d'un appartement et que son état de santé nécessitait un délai de départ volontaire afin d'organiser ses soins et éviter une rupture qui pourrait entraîner des conséquences exceptionnelles ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut de motivation en fait ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation compte tenu de la présence de sa compagne en France;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est privée de base légale car fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation en raison de son état de santé, des démarches de régularisation qu'il a effectuées et de la relation qu'il entretient avec sa compagne et avec laquelle il projette de se marier.

Le préfet de l'Aude a communiqué des pièces, enregistrées les 5 juillet et 2 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A, qui informe la partie présente à l'audience qu'il est susceptible de substituer d'office aux dispositions de l'article L. 611-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile celles du 3° de ce même article ;

- les observations de Me Agbe, représentant M. C, absent, qui conclut aux mêmes fins et soulève un nouveau moyen tiré de ce que la décision portant refus de délai de départ volontaire est entachée d'erreurs de fait, de droit et de défaut d'examen, car elle mentionne à tort qu'il n'aurait jamais demandé de titre de séjour depuis son arrivée et qu'il n'a pas déclaré de domicile fixe alors qu'il a fourni cette adresse lors de son audition. Me Agbe précise que le requérant est entré en France en 2011, qu'il a demandé l'asile, qu'il avait de graves problèmes de santé, lorsqu'il a franchi la frontière, que le préfet de la Loire a fini par lui donner un titre de séjour qui a été renouvelé, que le préfet en avril 2021 a refusé de lui renouveler ce titre, que le Tribunal administratif de Lyon a rejeté le recours qu'il a formé contre ce refus de titre, qu'il a cependant fait appel de ce jugement, qu'il vivait à Lyon mais entretient une relation avec une compatriote, qui vit à Toulouse, qu'il a fait une demande de titre de séjour auprès de la préfecture de la Haute-Garonne, que c'est dans ce contexte qu'il a été interpelé dans l'Aude, que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu puisqu'il vit avec sa compagne depuis trois ans, qu'il est malade et suivi pour une pathologie grave, que le refus de délai est incompatible avec son état de santé et les nombreux rendez-vous médicaux qu'il doit assumer dont certains sont urgents, que l'interdiction de retour sur le territoire français n'est pas suffisamment motivée, qu'elle est illégale compte tenu des circonstances humanitaires dont il justifie par les pièces médicales, qu'il a vécu plus de dix ans en France,

- le préfet de l'Aude n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant arménien né le 30 janvier 1985, déclare être entré en France en juillet 2011 pour y solliciter l'asile. Sa demande a cependant été rejetée, en dernier lieu, par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 4 avril 2013. L'intéressé a fait l'objet de décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 11 mai 2016. Ayant bénéficié de la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé, M. C en a sollicité, le 17 novembre 2020, le renouvellement. Par un arrêté en date du 13 avril 2021, la préfète de la Loire a refusé de renouveler son titre de séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. C a demandé au tribunal administratif de Lyon de prononcer l'annulation de cet arrêté. Le tribunal a rejeté sa requête par décision du 3 décembre 2021. L'intéressé a été interpellé le 2 juillet 2022. Le préfet de l'Aude a pris à son encontre, le même jour, un arrêté portant obligation de quitter le territoire sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour pour une durée de deux ans. Par sa requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il précise que M. C déclare être entré sur le territoire français en 2011, qu'il ne peut justifier être entré régulièrement en France, qu'il s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité et qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement. Le préfet indique qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale de l'intéressé, qui est célibataire et sans charge de famille, et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-six ans et où sa famille réside. En outre, le préfet indique qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la décision attaquée comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, elle est suffisamment motivée.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces des dossiers que le préfet de l'Aude n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation du requérant.

5. En troisième lieu, le seul dépôt d'une demande de titre de séjour ne saurait faire obstacle à ce que l'autorité administrative décide de prendre une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger qui se trouve dans l'un des cas mentionnés en particulier à l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne saurait en aller autrement que lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à l'intéressé, cette circonstance faisant alors obstacle à ce qu'il puisse légalement faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. La circonstance, dont il est fait état dans la requête, que M. C ait entamé des démarches de régularisation auprès de la préfecture, ainsi qu'en atteste un accusé de réception délivré par la préfecture de la Haute-Garonne le 10 juin 2022, n'interdisait donc pas au préfet de prendre à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré en France en 2011 et qu'il s'y est maintenu irrégulièrement après l'expiration de son titre de séjour et le refus de son renouvellement par la préfecture. L'intéressé fait valoir qu'il vit en concubinage avec sa compagne depuis trois ans, mais ne justifie pas de l'ancienneté et de la stabilité de cette relation par la seule production d'une attestation de vie commune. Si l'intéressé se prévaut également de la présence de ses parents sur le territoire français, il n'apporte aucun commencement de preuve à l'appui de ses allégations. M. C ne conteste pas avoir conservé des attaches familiales en Arménie où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-six ans et où réside le reste de sa famille. Enfin, s'il bénéficie d'une prise en charge et d'un traitement médical consécutivement à une transplantation rénale réalisée en 2013, les certificats médicaux qu'il produit ne se prononcent pas sur la disponibilité de ce traitement en Arménie alors que le collège des médecins de l'OFII dans son avis du 5 mars 2021 a estimé qu'il pouvait effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, le préfet de l'Aude n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'arrêté litigieux a été pris et n'a, par suite, pas méconnu les stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. C.

8. En cinquième et dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur de fait dont serait entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

9. En premier lieu, la décision de refus de délai de départ volontaire vise les dispositions de l'article L. 612-2 et celles du 1°, 6° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique M. C est entré irrégulièrement en France, qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour depuis son arrivée, qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement, qu'il est démuni de document d'identité et d'un domicile. Elle comporte, ainsi, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.

10. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces des dossiers que le préfet de l'Aude n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation du requérant.

11. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire n'est pas illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code dispose que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

13. Il ressort des pièces du dossier que M. C n'a pas exécuté l'arrêté du 13 avril 2021 par lesquels le préfet de la Loire l'a obligé à quitter le territoire français dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Lyon par une décision du 3 décembre 2021. Il n'a pas, lors de son interpellation, présenté de document d'identité ou de voyage en cours de validité. L'intéressé, qui a déclaré lors de son audition qu'il résidait à Toulouse puis disposer d'un domicile à Saint-Etienne, ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état de santé du requérant, qui ainsi qu'il a été dit au point 10 pourra effectivement bénéficier d'une prise en charge en Arménie, justifierait qu'un délai de départ volontaire lui soit accordé. Dans ces conditions et en l'absence de circonstances particulières, le préfet a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation de la situation du requérant, refuser de lui accorder un délai de départ volontaire.

14. En cinquième et dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus au point 13 que le préfet n'a pas commis d'erreur de fait en retenant, pour fonder le refus de délai de départ volontaire, que M. C ne pouvait justifier d'un domicile. S'il s'est également fondé à tort sur la circonstance que l'intéressé n'avait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour depuis son arrivée, il résulte de l'instruction qu'il aurait pris la même décision s'il n'avait pas commis cette erreur. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur de droit doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

15. En premier lieu, en indiquant que le requérant n'établissait pas être exposé à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le préfet a suffisamment motivé sa décision.

16. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 7 du présent jugement, la décision n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard de sa situation familiale et de son état de santé.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

17.En premier lieu, cette décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an comporte les considérations de droit et de fait qui en constitue le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.

18. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que cette décision n'est pas illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

19. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. ". D'autre part, aux termes de l'article L. 612-10 : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

20. Eu égard à ce qui a été dit au point 7, le requérant, qui s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement, n'est pas fondé à soutenir que le préfet, en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, aurait commis une erreur d'appréciation de sa situation.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en date du 2 juillet 2022.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous d'astreinte :

22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Agbé la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

24. Enfin, la présente instance n'a donné lieu à aucun dépens. Par suite, les conclusions présentées par M. C sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Agbé et au préfet de l'Aude.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2022.

Le magistrat désigné,

F. A La greffière,

A. BACH

La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

N°2203783

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