mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2203822 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GOUTAL ALIBERT & ASSOCIES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2022, M. C B, représenté par Me Toubale, demande au tribunal :
1°) de condamner solidairement la commune de Carlucet et son comité des fêtes à lui verser les sommes de 14 410 euros en réparation du préjudice patrimonial et de 1 500 euros en réparation du préjudice moral ;
2°) de mettre à la charge du département de la commune de Carlucet et de son comité des fêtes la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les agissements du comité des fêtes de la commune de Carlucet dans le cadre des trois jours de festivités communales organisées en juillet 2014 révèlent une concurrence déloyale et sont donc constitutifs d'une faute qui engage la responsabilité du comité mais également celle de la commune ;
- son préjudice patrimonial s'élève à la somme de 14 140 euros ;
- son préjudice moral s'élève à la somme de 1 500 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 décembre 2023, la commune de Carlucet et le comité des fêtes de Carlucet, représentés par Me Banel, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la juridiction administrative est incompétente pour connaître de l'action intentée à l'encontre du comité des fêtes de la commune, dès lors que celui-ci est une association régie par la loi du 1er juillet 1901 ;
- la requête est irrecevable, dès lors que l'arrêt rendu par la cour administrative d'appel de Bordeaux le 8 novembre 2021, qui a statué sur une requête portant sur le même objet, la même cause et impliquant les mêmes parties, est revêtu de l'autorité de la chose jugée ;
- la requête est irrecevable, en l'absence de liaison préalable du contentieux ;
- la créance dont se prévaut M. B est prescrite ;
- les moyens soulevés par B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sarraute,
- les conclusions de M. Luc, rapporteur public,
- et les observations de Me Chapel substituant Me Banel, représentant la commune de Carlucet et le comité des fêtes de Carlucet.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte du 16 décembre 2013, la commune de Carlucet (Lot) a donné à la SARL " la table carlucetoise ", dont M. et Mme B sont associés, la location-gérance d'un immeuble à usage commercial situé à Carlucet, aux fins d'y exploiter une activité de bar-restaurant. Le bail dérogatoire, conclu sur le fondement de l'article L. 145-5 du code de commerce, était consenti pour une durée de vingt-trois mois moyennant un loyer mensuel de 450 euros. Par la présente requête, M. B demande au tribunal, en sa qualité d'ex-gérant de la SARL " la table carlucetoise ", la condamnation solidaire de la commune de Carlucet et du comité des fêtes de Carlucet à réparer ses préjudices nés des conditions dans lesquelles s'est déroulée la fête du village du 26 au 28 juillet 2014.
Sur l'exception d'incompétence opposée en défense :
2. Il résulte de l'instruction que le comité des fêtes de Carlucet, nommé " Lo Garric carlucetois ", est une association régie par la loi du 1er juillet 1901, personne morale de droit privé. Par conséquent, ses relations avec une personne physique, qu'elles soient contractuelles ou délictuelles, relèvent du droit privé et ainsi de la seule compétence des juridictions judiciaires. Dans ces conditions, les conclusions tendant à la condamnation du comité des fêtes de la commune de Carlucet du fait d'agissements procédant d'une concurrence déloyale qui auraient occasionné un préjudice au requérant ne mettent en cause que des rapports de droit privé et relèvent, à ce titre, de la compétence du juge judiciaire. Par suite, il sera fait droit à l'exception d'incompétence opposée en défense tirée de ce que les conclusions de la requête tendant à la condamnation du comité des fêtes de Carlucet doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur le principe de la responsabilité de la commune de Carlucet :
3. M. B, qui au demeurant n'établit à aucun moment les préjudices qu'il allègue avoir subis, soutient que la commune de Carlucet a commis une faute de nature à engager sa responsabilité envers la SARL " la table carlucetoise " dont il est le gérant, dès lors que, durant la fête du village qui a eu lieu du 26 au 28 juillet 2014, le comité des fêtes a fait preuve de concurrence déloyale, d'une part en installant un stand de vente de produits de la ferme et deux buvettes à proximité immédiate de ce commerce et, d'autre part, en bloquant sans autorisation les voies de circulation menant à celui-ci. Il résulte toutefois de l'instruction que la fermeture de certaines voies à la circulation pendant la durée de la fête, notamment le dimanche 27 juillet 2014, a été décidée par des arrêtés du président du conseil général du Lot du 25 avril 2014 et du maire de Carlucet du 21 juillet 2014, et ne restreignait pas l'accès à " la table carlucetoise ". Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la fête votive a été organisée par le comité de fêtes de Carlucet, conformément à son objet social, et que celui-ci a été valablement autorisé, par un arrêté du maire de Carlucet du 16 juillet 2014, à ouvrir un débit de boissons temporaire les 26, 27 et 28 juillet 2014. Dans ces conditions, et dès lors qu'aucun des arrêtés du maire de Carlucet des 16 et 21 juillet 2014 ne présente un caractère fautif, M. B n'est pas fondé à soutenir que la commune de Carlucet aurait de ce fait commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir, l'exception de prescription quadriennale et l'exception de chose jugée opposées en défense, que les conclusions indemnitaires présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Carlucet la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B la somme de 800 euros au titre des frais exposés par la commune de Carlucet et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête dirigées contre le comité des fêtes de Carlucet sont rejetées comme étant portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : M. B versera à la commune de Carlucet la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la commune de Carlucet et au comité des fêtes de Carlucet.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
N. SARRAUTELa présidente,
S. CHERRIER
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Lot en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026