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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2203836

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2203836

vendredi 15 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2203836
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantNACIRI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces enregistrées le 6 juillet 2022 et le 12 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Naciri, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a prononcé son transfert aux autorités bulgares pour l'examen de sa demande d'asile ainsi que l'arrêté du même jour par lequel la même autorité l'a assigné à résidence ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure normale dans le délai de 24 heures à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à titre subsidiaire, sur le seul fondement de l'article L. 761-1.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités bulgares :

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- il méconnaît l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- il méconnaît l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- il est entaché d'une erreur de droit en ce que le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux et s'est placé en position de compétence liée ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- il est entaché d'un défaut de base légale par voie de conséquence de l'illégalité de l'arrêté portant transfert aux autorités bulgares ;

- il est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où il prévoit des modalités de contrôle excessives.

Par des pièces et un mémoire, enregistrés le 8 juillet 2022 et le 13 juillet 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013,

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jazeron, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les observations de Me Naciri, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et ajoute les moyens nouveaux suivants :

' à l'encontre de l'arrêté de transfert : une erreur de fait et une erreur de droit s'agissant de la date de prise des empreintes digitales et une méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

' à l'encontre de l'arrêté d'assignation à résidence : une erreur de droit au regard de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison de l'absence de précision sur l'application de l'obligation de présentation les jours fériés,

- les observations de M. B, assisté de M. D, interprète en pachto, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- le préfet n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant afghan, né le 1er janvier 1998 à Nangarhar (Afghanistan), indique être entré en France le 31 mars 2022. Il s'est présenté à la préfecture du Val-de-Marne pour déposer une demande d'asile le 8 avril 2022. Lors de l'enregistrement de son dossier, le relevé de ses empreintes digitales a révélé qu'il avait introduit des demandes similaires en Bulgarie le 22 octobre 2021 et en Autriche le 26 mars 2022. Les autorités autrichiennes, saisies le 4 mai 2022, ont refusé sa reprise en charge le 12 mai suivant. Les autorités bulgares, saisies le même jour, ont fait connaître leur accord explicite le 18 mai 2022. Par deux arrêtés pris le 6 juillet 2022, le préfet de la Haute-Garonne l'a transféré aux autorités bulgares et l'a assigné à résidence. Par sa requête, M. B demande l'annulation de ces arrêtés.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. En vertu du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités bulgares :

3. En premier lieu, l'arrêté litigieux comporte la mention de l'ensemble des textes sur lesquels il se fonde, précise les étapes du traitement de la demande d'asile de M. B et mentionne les principaux éléments relatifs à sa situation personnelle. Contrairement à ce que le requérant soutient à l'audience, le préfet n'avait pas à préciser dans l'arrêté les motifs du refus des autorités autrichiennes. Par suite, la décision est suffisamment motivée.

4. En deuxième lieu, il résulte de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 que le demandeur d'asile doit se voir remettre une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application dudit règlement, et, en tout état de cause, avant la tenue de l'entretien individuel institué par l'article 5 du même règlement. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature de cette information, la remise de la brochure commune prévue par les dispositions précitées constitue une garantie pour le demandeur d'asile.

5. Il ressort des pièces produites par le préfet en défense que le requérant s'est bien vu remettre, le 13 avril 2022, la brochure A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et la brochure B intitulée " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", lesquelles étaient rédigées en langue pachto. Si le requérant soutient à l'audience ne pas savoir lire, il a apposé sa signature sur le résumé de l'entretien individuel, lequel mentionne que les brochures lui ont été lues intégralement et qu'il les a comprises. Dès lors, l'article 4 précité n'a pas été méconnu.

6. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel () est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a bénéficié, le 13 avril 2022, de l'entretien individuel prévu par les dispositions précitées, mené par un agent qualifié de la préfecture du Val-de-Marne avec l'assistance d'un interprète en langue pachto. Il a été mis à même de présenter toutes les observations utiles sur son itinéraire et sa situation personnelle. Par ailleurs, aucune disposition n'impose la mention, sur le compte-rendu, de l'identité de l'agent qui a mené l'entretien. Par conséquent, l'article 5 précité n'a pas été méconnu.

8. En quatrième lieu, il est vrai que c'est à tort que l'arrêté contesté indique que le requérant se serait vu remettre les informations relatives à la procédure le 8 avril 2022, puisqu'il résulte de ce qui précède que les brochures lui ont été communiquées le 13 avril suivant. Toutefois, l'erreur de fait ainsi relevée ne permet pas de remettre en cause par elle-même la réalité de la prise des empreintes digitales de M. B le 8 avril 2022, alors que le préfet a produit le relevé " Eurodac " comportant cette date, que les autorités autrichiennes et bulgares ont pu identifier l'intéressé à partir de ces empreintes et que ce dernier a d'ailleurs reconnu avoir présenté des demandes d'asile dans ces deux Etats. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à contester le bien-fondé du critère de responsabilité retenu. Dès lors, le nouveau moyen d'erreur de droit soulevé à l'audience ne peut qu'être écarté.

9. En cinquième lieu, il ne ressort ni des termes mêmes de l'arrêté attaqué ni des autres pièces du dossier que le préfet se serait placé en position de compétence liée ou qu'il n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. B avant de prononcer son transfert. Le préfet a apprécié l'opportunité d'appliquer les clauses discrétionnaires prévues par l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 en prenant en compte les observations du requérant, mais a estimé que la Bulgarie ne connaissait pas de défaillance systémique et que l'intéressé n'établissait pas être exposé à un risque d'atteinte grave du fait des autorités de cet Etat. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit et du défaut d'examen sera écarté.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. () ". La faculté laissée à chaque Etat d'examiner une demande de protection i qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement, est discrétionnaire et ne constitue pas un droit pour les demandeurs. Enfin, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

11. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de reprendre en charge l'intéressé et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et dans les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat sont en principe présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte par tout moyen la preuve contraire.

12. En l'espèce, M. B se plaint d'avoir subi des mauvais traitements lors de son passage en Bulgarie de la part des policiers qui l'auraient contraint à donner ses empreintes, mais ne verse au dossier aucun autre élément que ses observations et un certificat médical relatant des cicatrices sans permettre d'en déterminer l'origine. Par ailleurs, la fiche établie par l'organisation Amnesty international concernant la situation des droits de l'homme en Bulgarie en 2021 ne permet pas à elle seule de considérer qu'il existerait dans cet Etat une situation de défaillance systémique dans la procédure d'asile. Dans ces conditions et alors que les autorités bulgares ont accepté expressément de reprendre en charge M. B, l'intéressé n'établit pas que ces autorités n'examineront pas sa situation dans le respect des garanties requises et, notamment, qu'elles n'évalueront pas sérieusement les risques auxquels il pourrait se trouver exposé en Afghanistan au regard du contexte actuel de ce pays. Enfin, le requérant ne se prévaut d'aucune attache en France, à l'exception d'un oncle avec lequel il ne soutient même pas avoir des liens réguliers. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de faire bénéficier M. B de la clause discrétionnaire prévue à l'article 17 du règlement (UE) précité. Pour les mêmes motifs, les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'ont pas été méconnues.

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

13. En premier lieu, l'arrêté susvisé précise les éléments de droit et de fait sur lesquels il se fonde et rappelle notamment que le requérant fait l'objet d'une mesure de transfert dont l'exécution constitue une perspective raisonnable. Il est ainsi suffisamment motivé.

14. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été développé aux points 3 à 12 du présent jugement que le moyen tiré de l'illégalité de la décision de transfert doit être écarté.

15. En troisième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que : " () En cas de notification d'une décision de transfert, l'assignation à résidence peut se poursuivre si l'étranger ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que l'exécution de la décision de transfert demeure une perspective raisonnable. / L'étranger faisant l'objet d'une décision de transfert peut également être assigné à résidence en application du présent article, même s'il n'était pas assigné à résidence lorsque la décision de transfert lui a été notifiée. () ".

16. Eu égard à l'accord explicite des autorités bulgares, lequel est valable pendant une période de six mois, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas fait une inexacte application de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en regardant l'exécution de la mesure de transfert comme demeurant une perspective raisonnable.

17. En quatrième lieu, la décision d'assignation à résidence doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et notamment préciser le service auquel l'étranger doit se présenter ainsi que la fréquence de ces présentations. Ces modalités de contrôle sont divisibles de l'assignation proprement dite.

18. L'article 3 de l'arrêté litigieux prévoit que M. B devra se présenter chaque lundi et mardi à 10 heures au commissariat central de Toulouse. L'intéressé estime que ces modalités de contrôles seraient excessives, mais ne justifie d'aucune contrainte personnelle de nature à l'empêcher de respecter ces prescriptions. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation en lui imposant de telles obligations.

19. En cinquième lieu et en revanche, selon l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger () lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés. ".

20. Il ressort des termes de l'arrêté en litige que l'administration n'a pas précisé si l'obligation de pointage imposée à M. B s'appliquait également les jours fériés, alors que la période couverte par la mesure comporte pourtant un lundi férié. Dès lors, le requérant est fondé à soutenir que l'article 3 de cet arrêté est entaché d'illégalité en tant qu'il ne comporte pas cette précision et à en obtenir en conséquence l'annulation dans cette mesure.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 6 juillet 2022 portant assignation à résidence en tant qu'il ne mentionne pas si l'obligation de présentation s'applique également les jours fériés.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

22. L'annulation partielle prononcée par le présent jugement n'implique pas que le préfet de la Haute-Garonne prenne les mesures d'exécution sollicitées par le requérant. Il en résulte que les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

23. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux prétentions présentées par le requérant au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 6 juillet 2022 portant assignation à résidence est annulé en tant seulement qu'il ne précise pas si l'obligation de présentation imposée au requérant s'applique également les jours fériés.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Naciri et au préfet de la Haute-Garonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

F. C La greffière,

S. EL HANDOUZ

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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