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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2204006

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2204006

lundi 3 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2204006
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSARASQUETA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 13 juillet 2022, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrées le 16 septembre 2022, M. B E, représenté par Me Sarasqueta, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre la décision portant obligation de quitter le territoire français jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens du procès et le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros en application de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à titre subsidiaire, de lui verser cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur auteur ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est privée de base légale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne les conclusions à fin de suspension de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il présente des éléments sérieux de nature à justifier son maintien sur le territoire français pendant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

II. Par une requête enregistrée le 13 juillet 2022, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrées le 16 septembre 2022, Mme A E, représentée par Me Sarasqueta, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet la Haute-Garonne l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre la décision portant obligation de quitter le territoire français jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens du procès et le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à titre subsidiaire, de lui verser cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur auteur ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est privée de base légale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne les conclusions à fin de suspension de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il présente des éléments sérieux de nature à justifier son maintien sur le territoire français pendant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les observations de Me Sarasqueta, représentant M. et Mme E qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et soutient que les requérants ont des éléments sérieux justifiant le maintien sur le territoire français, qu'en effet la décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides est entachée d'un vice propre, que la procédure révèle des difficultés d'interprétariat, que le compte rendu d'entretien mentionne qu'elle a un diplôme en sport alors qu'elle est diplômée en histoire, que sur le fond, leur demande est particulièrement bien fondée, puisqu'ils appartiennent à des communautés bien différentes, que le requérant a été menacé, insulté pour qu'il quitte sa compagne, que la requérante explique dans son récit d'asile qu'elle a caché sa relation à sa famille, qu'elle a annoncé à sa mère l'existence de cette relation après cinq ans, qu'elle a été humiliée, a subi des violences psychologiques, qu'elle a été enfermée à son propre domicile et surveillée par les membres de sa famille, que le requérant a été victime des menaces de la famille élargie de sa compagne, qu'il y a eu une altercation physique, qu'ils se sont mariés en cachette avec l'aide de la tante maternelle de Mme E, que l'acte d'enregistrement du mariage a été envoyé au domicile de Mme E et que les violences ont alors atteint un degré insoutenable les conduisant à fuir l'Albanie,

- les observations de M. E et Mme E, assistés par Mme C, interprète en langue albanaise qui répond aux questions du magistrat désigné,

- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B E, ressortissant albanais, né le 19 janvier 1997 à Laç (Albanie) et Mme A E, ressortissante albanaise, née le 31 mai 1999 à Kruje (Albanie) déclarent être entrés sur le territoire français le 19 novembre 2021. Ils ont sollicité leur admission au séjour au titre de l'asile le 30 novembre 2021. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté leur demande le 25 avril 2022. Par des arrêtés du 20 juin 2022, le préfet de la Haute-Garonne les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé leur pays de renvoi. Par la présente requête, M et Mme E, demandent au tribunal de prononcer l'annulation de ces décisions contenues dans ces arrêtés.

2. Les requêtes susvisées n° 2204006 et 2204007 concernent les deux membres d'un même couple, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

3. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête des intéressés, de prononcer leur admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

4. Par un arrêté en date du 6 avril 2022, publié le même jour au recueil administratif spécial, le préfet de la Haute-Garonne a donné une délégation à Mme I G, directrice des migrations et de l'intégration, en matière de police des étrangers et notamment pour signer les mesures d'éloignement et les décisions les assortissant. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de la signataire des arrêtés attaqués doivent être écartés.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, les arrêtés litigieux comportent la mention des considérations de fait et de droit sur lesquelles les décisions contestées sont fondées. Ils visent notamment le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils mentionnent les éléments de fait pris en compte par l'autorité préfectorale et rappellent en particulier les conditions d'entrée et de séjour des requérants en France et le rejet de leurs demandes par l'OFPRA statuant en procédure accélérée. Par suite, les mesures d'éloignement sont suffisamment motivées.

6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes des décisions attaquées, ni des pièces des dossiers, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux et suffisant des situations des requérants. Par ces motifs, les moyens tirés de l'erreur de droit doivent être écartés.

7. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. et Mme E ne sont présents que depuis neuf mois sur le territoire français, où ils ont été admis à séjourner temporairement le temps de l'examen de leurs demandes d'asile rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 25 avril 2022. En outre, les intéressés ne justifient d'aucune insertion dans la société française et n'allèguent pas être sans attaches personnelles dans leur pays d'origine où ils ont vécu jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans et de vingt-deux ans. Par ailleurs, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des risques auxquels ils seraient exposés en Albanie à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français, lesquelles n'ont pas pour but de fixer par elles-mêmes le pays de renvoi. Par suite, l'autorité préfectorale n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des situations des requérants. Les moyens invoqués à cet égard doivent être écartés.

En ce qui concerne les décisions fixant le pays de renvoi :

8. En premier lieu, en indiquant que M. et Mme E n'établissent pas que leur vie ou leur liberté seraient menacées ou qu'ils seraient exposés à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans leur pays d'origine, le préfet a suffisamment motivé les décisions fixant le pays de renvoi. Les moyens tirés du défaut de motivation doivent dès lors être écartés.

9. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été développé précédemment que les décisions portant obligation de quitter le territoire français ne sont pas illégales. Par suite, les moyens tirés de ce que les décisions fixant le pays de renvoi seraient privées de base légale doivent être écartés.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Il appartient à l'étranger qui conteste son éloignement de démontrer qu'il y a des raisons sérieuses de penser que, si la mesure incriminée était mise à exécution, il serait exposé à un risque réel de se voir infliger des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une mesure d'éloignement est éloigné : /1º A destination du pays dont il a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu le statut de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; /2º Ou, en application d'un accord ou arrangement de réadmission communautaire ou bilatéral, à destination du pays qui lui a délivré un document de voyage en cours de validité ; /3º Ou, avec son accord, à destination d'un autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

11. En l'espèce, si les requérants soutiennent que les décisions du préfet de la Haute-Garonne portent atteinte à leur droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et aux dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ils ne justifient pas de la réalité des risques auxquels ils seraient exposés en cas de retour dans leur pays, alors qu'au demeurant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté leurs demandes d'admission au séjour au titre de l'asile. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions attaquées, qui fixent le pays de renvoi, méconnaissent les stipulations et dispositions précitées. Par suite, les moyens invoqués doivent être écartés.

12. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme E ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du préfet de la Haute-Garonne en date du 20 juin 2022.

Sur les conclusions à fin de suspension :

13. L'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ". L'article L. 752-11 précise : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. ".

14. Ainsi que l'a rappelé le Conseil d'État dans son avis rendu le 16 octobre 2019 (n° 432147), il est fait droit à la demande de suspension de la mesure d'éloignement si le juge a un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet ou d'irrecevabilité opposée par l'OFPRA à la demande de protection, au regard des risques de persécutions allégués ou des autres motifs retenus par l'Office. Les moyens tirés des vices propres entachant la décision de l'Office ne peuvent utilement être invoqués à l'appui des conclusions à fin de suspension de la mesure d'éloignement, à l'exception de ceux ayant trait à l'absence, par l'Office, d'examen individuel de la demande ou d'entretien personnel en dehors des cas prévus par la loi ou de défaut d'interprétariat imputable à l'Office. Il ressort des pièces du dossier que les requérants ont bénéficié, le 3 mars 2022 d'entretiens individuels menés par un officier de protection avec le concours d'un interprète en langue albanaise. Le moyen tiré de ce que l'interprète aurait commis des erreurs de traduction notamment quant à la profession exercée par Mme E est donc inopérant. Par ailleurs, pour les motifs déjà exposés au point 11, et à défaut d'apporter une critique pertinente des motifs retenus par l'OFPRA pour rejeter leurs demandes d'asile, les requérants ne présentent pas, en l'état du dossier, d'éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, leur maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la CNDA. Il s'ensuit que la demande de suspension de la mesure d'éloignement doit être rejetée.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le conseil du requérant au titre des frais exposés non compris dans les dépens. Aucun des frais prévus à l'article R. 761-1 du code de justice administrative n'ayant été engagé, les conclusions relatives aux dépens doivent également être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er : M. et Mme E sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, Mme A E, à Me Sarasqueta et au préfet de la Haute-Garonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.

Le magistrat désigné,

F. D Le greffier,

M. H

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière en chef :

, 22040072

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