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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2204008

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2204008

lundi 26 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2204008
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSARASQUETA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 juillet 2022 et un mémoire enregistré le 8 septembre 2022, M. A D, représenté par Me Sarasqueta, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2022 par lequel la préfète de l'Aveyron a refusé de lui octroyer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et l'a astreint à se présenter les mardis et jeudis entre 10 heures et 12 heures au commissariat de police de Millau ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros à son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, et dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de cette somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur auteur ;

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale, car elle se fonde sur une décision du même jour portant refus de séjour elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale, car elle se fonde sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision portant obligation de se présenter aux autorités de police ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2022, le préfet conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les observations de Me Sarasqueta, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et soutient que le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation, qu'il est très impliqué dans l'association Jeko, notamment sur les réseaux sociaux, qu'il a pu soigner auprès de cette association les traumatismes qu'il a vécus dans son pays d'origine, qu'il a cependant eu des difficultés à convaincre de son orientation sexuelle l'office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, qu'en 2013, il a participé à une manifestation au cours de laquelle il a perdu un œil, que lors de cette manifestation, un membre de sa famille l'a reconnu, que s'en sont suivies des menaces et des mauvais traitements, qu'il a fui en octobre 2021, que des événements nouveaux figurent au dossier, qu'il est en lien avec sa mère, qu'il a reçu des messages d'intimidation, que la décision portant obligation de se présenter aux autorités de police souffre de deux illégalités, que cette décision n'est pas motivée en droit puisqu'elle ne cite pas l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et enfin que cette décision n'est pas limitée dans le temps,

- les observations de M. D, assisté de M. C, interprète en géorgien, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- la préfète de l'Aveyron n'étant ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, né le 19 mai 1983 à Tbilissi (URSS), de nationalité géorgienne, déclare être entré sur le territoire français le 7 octobre 2021. Le 15 novembre 2021, il a sollicité son admission au bénéfice de l'asile. Par une décision du 24 décembre 2021, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande. Le 2 février 2022, il a déposé une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade. Par une décision du 1er juin 2022, la Cour nationale du droit d'asile a confirmé le rejet de sa demande d'asile. Par un arrêté du 24 juin 2022, la préfète de l'Aveyron a refusé de lui octroyer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a obligé à se présenter aux autorités de police les mardi et jeudis entre 10 heures et 12 heures. Par sa requête, M. D demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

3. Par un arrêté du 11 juin 2021, régulièrement publié au recueil administratif le 15 juin 2021, la préfète de l'Aveyron a donné délégation à Mme Isabelle Knowles, secrétaire générale de la préfecture, à l'effet de signer tous les actes et arrêtés relevant des attributions de l'Etat dans le département, dont les refus de séjour à quelque titre que ce soit et les mesures d'éloignement. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

4. En premier lieu, l'arrêté litigieux vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8, et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier les dispositions du 3° et du 4° de l'article L. 611-1 et les dispositions de l'article L. 425-9 de ce même code. La préfète relève que le collège des médecins de l'Office français de l'intégration et de l'immigration a estimé que l'état de santé du requérant nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, l'état de santé de ce dernier pouvait lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. Par ailleurs, la préfète mentionne que M. D a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile, que le statut de réfugié lui a été refusé par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 24 décembre 2021, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 1er juin 2022, et qu'il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français. La préfète de l'Aveyron précise que, compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'il est célibataire et sans charge de famille, que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables compte tenu notamment du fait qu'il a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de trente-huit ans et qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans ce pays où résident ses trois sœurs. Dès lors, la décision contestée, qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".

6. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tout élément permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

7. Pour justifier le rejet de la demande de titre de séjour formulée par M. D, la préfète de l'Aveyron s'est appuyée sur un avis rendu le 4 mai 2022 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui indique que si l'état de santé de M. D nécessite une prise en charge médicale, le défaut de cette prise charge ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Si M. D fait valoir qu'il est atteint d'un handicap grave, il ne lève pas le secret médical, et ne verse à l'instance aucun document permettant de remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'OFII. Dans ces conditions, la préfète de l'Aveyron n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, la décision attaquée, qui énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est suffisamment motivée.

9. En deuxième lieu, aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour n'étant fondé, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait dépourvue de base légale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour doit, par suite, être écarté.

10. En troisième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. D, âgé de trente-neuf ans, est célibataire et sans charge de famille. A la date de la décision attaquée, il résidait en France depuis moins de neuf mois. Sa participation à des groupes de discussion au sein de l'association communautaire " Le JeKo " ne suffit pas à démontrer qu'il aurait fixé le centre de ses intérêts en France, alors qu'il a vécu l'essentiel de son existence en Géorgie où résident d'ailleurs ses trois soeurs. Dans ces circonstances, M. D, qui ne peut utilement se prévaloir de ses craintes de persécution en cas de retour en Géorgie, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

11. En premier lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, l'arrêté litigieux comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il se fonde sur l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et énonce les différents éléments de fait relatif à la situation du requérant. Il indique que le requérant n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à ces stipulations en cas de retour dans son pays d'origine. La décision attaquée est donc suffisamment motivée.

12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

13. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Et aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. ". Il appartient à l'étranger qui conteste son éloignement de démontrer qu'il y a des raisons sérieuses de penser que, si la mesure incriminée était mise à exécution, il serait exposé à un risque réel de se voir infliger des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

14. En l'espèce, si M. D soutient qu'il ne peut retourner dans son pays d'origine en raison des risques qu'il y encourt du fait de son orientation sexuelle et verse au dossier, à l'appui de ses allégations, trois messages de menaces qui lui auraient été envoyés, en juin et juillet 2022, par des membres de sa famille ou des voisins, l'intéressé ne produit aucun élément se rapportant aux conditions dans lesquelles il a vécu dans son pays d'origine et aux poursuites ou brimades auxquelles il aurait été exposé alors qu'il n'est arrivé en France qu'à l'âge de trente-huit ans. De surcroit, tant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides que la Cour nationale du droit d'asile ont rejeté sa demande d'asile. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté

En ce qui concerne la décision portant obligation de se présenter aux autorités de police :

15. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire ". Au regard du pouvoir d'appréciation dont dispose, aux termes de la loi, l'autorité administrative pour apprécier la nécessité d'imposer une obligation de présentation sur le fondement de l'article L. 721-7, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation tant dans sa décision de recourir à cette mesure que dans le choix des modalités de celle-ci.

16. La décision en litige, qui astreint le requérant à se présenter deux fois par semaine au commissariat de police de Millau pour justifier de ses diligences en vue de la préparation de son départ, ne vise pas les dispositions de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit qui seules peuvent la fonder. Par suite, M. D est fondé à soutenir que la décision contestée n'est pas motivée en droit et à en demander l'annulation pour ce motif, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation de ladite décision.

17. Il résulte de ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète de l'Aveyron du 24 juin 2022 en tant qu'il l'astreint à se présenter deux fois par semaine au commissariat de police de Millau pour justifier des diligences à la préparation de son départ.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

18. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme réclamée au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La décision de la préfète de l'Aveyron du 24 juin 2022 astreignant M. D à se présenter deux fois par semaine au commissariat de police de Millau pour justifier de ses diligences dans la préparation de son départ est annulée.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Me Sarasqueta et à la préfète de l'Aveyron.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2022.

Le magistrat désigné,

F. BLa greffière,

A. BACH

La République mande et ordonne à la préfète de l'Aveyron, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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