mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2204084 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MANKOU-NGUILA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2022, M. A C, représenté par Me Mankou-Nguila, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 14 juin 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer sa demande, en prenant en compte sa situation réelle ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 800 euros à son conseil, sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
Les décisions attaquées :
- sont entachées d'une incompétence de leur auteur ;
- sont entachées d'un défaut de motivation ;
- sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- sont entachées d'une erreur de droit au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 9 de la convention franco-congolaise du 31 juillet 1993.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 17 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée 31 janvier 2023 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention franco-congolaise du 31 juillet 1993 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant congolais né le 28 septembre 1998 à Brazzaville (République du Congo), a déclaré être entré en France en septembre 2015 et a sollicité le 16 novembre 2021 son admission exceptionnelle au séjour en France en faisant valoir sa volonté de poursuivre des études ainsi que ses liens personnels et familiaux, sur le fondement de l'article 9 de la convention franco-congolaise et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 14 juin 2022, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi aux motifs que sa demande ne répond pas à des considérations humanitaires et ne se justifie pas au regard de motifs exceptionnels dès lors notamment qu'une partie de sa famille présente en France fait l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'il ne détient pas de visa long séjour requis pour bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, que le caractère réel et sérieux de ses études n'est pas démontré dès lors qu'il est inscrit dans le même enseignement depuis l'année 2018 /2019, qu'il est célibataire et sans charge de famille, qu'il n'existe aucun obstacle à ce que sa cellule familiale se reconstitue dans son pays d'origine, que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables compte tenu notamment du fait qu'il a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de dix-huit ans et où réside notamment son père, que dans ces conditions il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qu'il ne fait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé, qu'il n'établit pas être exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la même convention en cas de retour en République du Congo. Le requérant demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Aux termes de l'article 62 du décret du 19 décembre 1991 portant application de ladite loi : " L'admission provisoire est demandée sans forme au président du bureau ou de la section ou au président de la juridiction saisie. Elle peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué. "
3. Dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C ait sollicité le bénéfice de l'aide juridictionnelle auprès du bureau d'aide juridictionnelle, sa demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ne peut en tout état de cause qu'être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, par un arrêté du 21 septembre 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Haute-Garonne, le préfet de ce département a donné délégation à Mme E B, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer notamment les refus d'admission au séjour, les mesures d'éloignement ainsi que les décisions les assortissant. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision litigieuse manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort de la motivation, exposée au point 1, de l'arrêté attaqué que celui-ci, non seulement vise les textes dont il fait application, mais comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles se fondent les décisions en litige. Par suite, lesdites décisions sont suffisamment motivées en droit comme en fait.
6. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 9 de la convention franco-congolaise : " Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre Etat doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant " () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. "
7. D'une part, pour refuser l'octroi d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, le préfet s'est fondé sur l'absence de visa de long séjour et sur l'absence de caractère réel et sérieux des études du requérant. Les stipulations de l'article 9 de la convention franco-congolaise ne prévoient pas de possibilité de dérogation à l'obligation de visa de long séjour prévue par l'article 4 de la même convention. Si M. C soutient que l'absence de visa de long séjour ne pouvait lui être opposée dès lors qu'il est entré en France sous couvert d'un passeport diplomatique, cette circonstance est en tout état de cause sans incidence sur l'application des stipulations précitées de l'article 9 de la convention franco-congolaise. Au surplus, si l'intéressé se prévaut de son inscription en première année de licence à l'Université Jean Jaurès à Toulouse pour l'année 2021/2022, il ressort des pièces du dossier qu'il est inscrit dans ce même enseignement depuis l'année 2018/2019, et qu'il ne justifie pas de la moindre progression. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur d'appréciation ni d'erreur de droit au regard des stipulations de l'article 9 de ladite convention en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant.
8. D'autre part, le requérant se prévaut de sa situation personnelle et familiale en France en faisant valoir la présence de sa mère, sa sœur et son frère sur le territoire français. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les membres de sa famille se trouvent en situation irrégulière sur le territoire français et qu'ils font l'objet d'une mesure d'éloignement. S'il se prévaut également de la présence de son oncle, de nationalité française, il n'établit pas qu'il entretiendrait une relation stable et intense avec ce dernier. Dans ces conditions, M. C, célibataire et sans charge de famille, qui n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où réside son père et où les membres de sa famille ont vocation à retourner, ne justifie pas d'un motif exceptionnel ni de considération humanitaire de nature à justifier son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entaché l'arrêté attaqué doivent être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. L'exécution du présent jugement, qui rejette les conclusions en annulation du requérant, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens par M. C au profit de son conseil.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Mankou-Nguila et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Déderen, premier conseiller,
M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le président-rapporteur,
J-C. D
L'assesseur le plus ancien,
G. DÉDEREN
La greffière,
M-E. LATIF
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026