mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2204108 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LAGORCE & BILLIAUD AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Levi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 septembre 2021 par laquelle le centre hospitalier de Montauban a rejeté sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident survenu le 17 mai 2021 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Montauban d'examiner sa demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Montauban le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a fait preuve de diligence en adressant immédiatement les pièces nécessaires à l'appui de sa demande ; elle a transmis le certificat médical établi par son médecin traitant et le rapport circonstancié décrivant les faits à l'origine de son accident dès le lendemain de celui-ci ;
- l'article 35-2 du décret n° 88-386 ne prévoit pas de formulaire spécifique à transmettre dans un délai de quinze jours ;
- elle a sollicité sa cadre de santé afin de connaitre la marche à suivre pour déclarer son accident, laquelle lui a seulement indiqué qu'elle devait établir un rapport circonstancié et transmettre son certificat médical mentionnant son arrêt de travail ; ce n'est que le 5 juillet 2021 que le service des ressources humaines lui a demandé de transmettre un formulaire type de déclaration d'accident.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 février 2023, les 13 et 20 mars 2024, le centre hospitalier de Montauban, représenté par Me Lagorce-Billaud, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
- il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de Mme A dès lors qu'elle a démissionné le 1er mars 2022 ;
- qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Péan, rapporteure,
- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée par le centre hospitalier de Montauban en qualité d'infirmière à compter du 1er janvier 2020 et affectée au sein du service de psychiatrie ouverte, secteur II. Elle a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 17 mai 2021. Par une décision du 3 septembre 2021, dont Mme A demande l'annulation, le centre hospitalier de Montauban a refusé de faire droit à sa demande.
Sur l'étendue du litige :
2. La décision du 3 septembre 2021 qui rejette la demande de Mme A est demeurée dans l'ordonnancement juridique et lui fait grief. Ainsi, et alors même que l'intéressée a démissionné le 1er mars 2022, sa requête n'est pas dépourvue d'objet. Par suite, l'exception de non-lieu opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes du I de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service () ". Aux termes de l'article 35-2 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, créé par le décret du 13 mai 2020 : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont il relève une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Ce formulaire est transmis par l'autorité investie du pouvoir de nomination à l'agent qui en fait la demande, dans un délai de quarante-huit heures suivant celle-ci et, le cas échéant, par voie dématérialisée, si la demande le précise ; 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. ". Aux termes de l'article 35-3 du même décret : " I. La déclaration d'accident de service ou de trajet prévue à l'article 35-2 est adressée à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont relève le fonctionnaire, dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 35-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. () IV. Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. / Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes. "
4. Pour refuser de faire droit à la demande de Mme A tendant au bénéfice d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le directeur du centre hospitalier de Montauban a retenu que cette demande avait été déposée au-delà du délai de quinze jours fixé par l'article 35-3 du décret du 19 avril 1988. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a transmis à son employeur, le 17 mai 2021, un rapport circonstancié relatif à l'altercation qu'elle a eu avec le père d'un patient le même jour et il n'est pas contesté qu'elle a transmis un arrêt de travail initial dans un délai de quarante-huit heures. Toutefois, et alors que Mme A n'a pas produit son arrêt de travail initial, ni le rapport circonstancié par lequel elle relate les faits survenus le 17 mai 2021, ni le courriel du 17 mai 2021 par lequel elle a transmis ledit rapport à sa cadre de santé, ne permettent d'établir, en l'absence de toute demande formalisée en ce sens, qu'elle aurait entendue se placer sur le terrain de l'accident imputable au service au sens de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983. Par ailleurs, Mme A ne peut utilement faire valoir que son employeur ne lui a demandé que le 5 juillet 2021 de transmettre un formulaire de déclaration d'accident de service, ce qu'elle n'établit au demeurant pas, dès lors qu'il ne résulte d'aucun texte ni d'aucun principe que l'administration aurait l'obligation d'informer son agent de son droit à demander la reconnaissance de l'imputabilité au service de son arrêt de travail et du délai dans lequel il doit déclarer un accident de service. Ainsi, Mme A ne justifie pas d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes de nature à la relever de l'obligation de déclaration dans le délai réglementaire. Par suite, sa demande adressée le 7 juillet 2021, soit au-delà du délai règlementaire de quinze jours, étant tardive, le directeur du centre hospitalier de Montauban a pu légalement la rejeter en application des dispositions du IV de l'article 35-3 du décret du 19 avril 1988.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 3 septembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Montauban a rejeté sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'évènement survenu le 17 mai 2021.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux demandes des parties formulées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Montauban présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier de Montauban.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La rapporteure,
C. PEAN
La présidente,
S. CHERRIERLa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef :
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026