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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2204176

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2204176

mercredi 12 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2204176
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMOURA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

F une requête enregistrée le 21 juillet 2022 et des pièces complémentaires enregistrées le 14 septembre 2022, M. C B, représenté F Me Moura, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2022 F lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de le munir dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros F jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de mettre fin à son inscription dans le système d'information Schengen, dans le délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros F jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens du procès et le versement de la somme de 1 800 euros à son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de lui verser cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence ;

- elles méconnaissent le respect de la procédure contradictoire ;

- elles méconnaissent son droit d'être entendu ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

En ce qui concerne la décision portant refus du délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est dépourvue de base légale ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est dépourvue de base légale ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est dépourvue de base légale ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

F un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E,

- les observations de Me Moura, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins F les mêmes moyens et qui produit à l'audience des pièces comportant des photographies du requérant,

- les observations de M. B, qui répond aux questions du magistrat désigné

- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain, né le 29 octobre 2003 à Fès (Maroc), déclare être entré sur le territoire français au cours de l'année 2017. F un arrêté en date du 20 juillet 2022, le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. F sa présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée F la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, F un arrêté en date du 6 avril 2022, publié le même jour au recueil administratif spécial, le préfet de la Haute-Garonne a donné une délégation à Mme D A, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer les arrêtés établis en matière de police des étrangers et notamment les décisions d'éloignement et les décisions les assortissant. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de compétence du signataire de la décision contestée ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.

4. En deuxième lieu, d'une part, il résulte de l'ensemble des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions F lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français, des décisions F lesquelles l'administration octroie ou refuse un délai de départ volontaire, fixe le pays à destination duquel il sera reconduit et lui interdit le retour sur le territoire français. Dès lors, les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui fixent les règles générales de procédure applicables aux décisions devant être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du même code et prévoient notamment la mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable à leur édiction, ne peuvent être utilement invoquées F M. B à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

5. D'autre part, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. En outre, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.

6. En l'espèce, le requérant a été entendu F les services de police le 19 juillet 2022. M. B a été informé, durant cette audition, qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement et qu'il avait la possibilité de présenter spontanément des observations écrites ou orales. La circonstance que les conditions de l'audition de M. B F les services de police auraient méconnu les règles régissant la vérification de son droit au séjour sur le territoire français édictées F les dispositions des articles L. 813-1 à L. 813-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de signature du procès-verbal d'audition F l'intéressé et l'officier de police judiciaire est, F elle-même, sans incidence sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français en litige. F suite, il n'est pas fondé à soutenir que cette décision serait intervenue en méconnaissance du droit d'être entendu qu'il tient des principes généraux du droit de l'Union européenne. Le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.

7. En troisième lieu, la décision attaquée comporte la mention des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée. Elle vise, notamment, le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et précise que M. B déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français et n'a jamais sollicité de titre de séjour. F suite, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit, dès lors, être écarté.

8. En quatrième lieu, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit n'est pas assortie des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

9. En cinquième lieu, M. B se prévaut de son entrée sur le territoire français depuis 2017 et de son mariage religieux six mois avant la décision contestée avec une ressortissante franco-algérienne mineure âgée de seize ans et enceinte de ses œuvres. Toutefois, si M. B produit à l'instance un courriel du centre départemental de l'enfance et de la famille indiquant qu'il était en couple avec sa compagne avant la décision contestée et s'il justifie que sa compagne est enceinte, il n'apporte pas la preuve de la stabilité et de l'ancienneté de cette relation ni du lien de filiation de l'enfant à naître. De plus, le requérant ne justifie d'aucune intégration particulière sur le territoire français et a déclaré, lors de son audition devant les services de police, que les membres de sa famille résidaient dans son pays d'origine, le Maroc, où il n'est donc pas dépourvu d'attaches familiales et où il a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de ses conséquences sur sa situation.

En ce qui concerne la décision portant refus du délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un défaut de compétence de son auteur.

11. En deuxième lieu, et pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 4 à 6, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît le respect de la procédure contradictoire et son droit d'être entendu. F suite, ces moyens doivent être écartés.

12. En troisième lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, notamment l'article L. 612-2 et les 1° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il mentionne avec une précision suffisante les considérations de fait sur lesquelles il repose, rappelant en particulier l'entrée irrégulière de l'intéressé sur le territoire national et le fait qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ainsi que le fait qu'il ne possède pas de garantie de représentation suffisantes. Dès lors la décision est suffisamment motivée.

13. En quatrième lieu, il ressort de ce qui a été dit précédemment qu'en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision lui refusant un délai de départ volontaire n'est pas privée de base légale.

14. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". Aux termes de l'article L. 612-2 : " F dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Enfin, aux termes de l'article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ".

15. En l'espèce, le requérant ne conteste pas son entrée irrégulière sur le territoire français et a déclaré lors de son audition devant les services de police ne pas avoir sollicité de titre de séjour en France et que ses papiers d'identité étaient restés au Maroc. Dans ces conditions, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en se fondant sur le 1° et le 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et en considérant, en l'absence de circonstances particulières, que l'intéressé présentait un risque de fuite et devait ainsi se voir refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. Pour les mêmes motifs, les moyens tirés de ce que cette décision serait entachée d'un défaut d'examen de la situation de l'intéressé, d'une erreur de droit et d'une erreur de fait, ne peuvent qu'être écartés.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

16. En premier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un défaut de compétence de son auteur.

17. En deuxième lieu, et pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 4 à 6, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a méconnu son droit d'être entendu.

18. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision portant fixation du pays de renvoi serait privée de base légale F voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

19. En quatrième lieu, la décision attaquée vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dont elle fait application et indique que M. B n'allègue pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. F suite, le préfet a suffisamment motivé sa décision fixant le pays de renvoi.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

20. D'une part, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée F l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". D'autre part, en vertu de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

21. En l'espèce, il n'est pas sérieusement contredit que M. B était présent sur le territoire national depuis cinq ans à la date de la décision litigieuse et que, malgré son absence d'ancienneté et de stabilité, sa relation avec sa compagne qui était présente lors de l'audience et qui serait enceinte de ses œuvres, apparaît significative. En outre, il résulte des termes mêmes de l'arrêté contesté que M. B ne représente pas de menace pour l'ordre public et qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. F suite, et dans les circonstances, particulières de l'espèce, le requérant est fondé à soutenir qu'en édictant une interdiction de retour d'une durée d'un an, le préfet a commis une erreur d'appréciation.

22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 20 juillet 2022 en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

23. L'annulation de la seule décision portant interdiction de retour sur le territoire français implique que le préfet procède à l'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen de M. B dans un délai de sept jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

24. M. B a été admis provisoirement à l'aide juridictionnelle. F suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Moura, avocate du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Moura de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant F le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B.

25. La présente instance n'ayant pas donné lieu à des dépens, les conclusions présentées au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative sont sans objet.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 20 juillet 2022 est annulé en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de supprimer le signalement aux fins de non-admission de M. B dans le système d'information Schengen dans un délai de sept jours à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle et de la renonciation de Me Moura à percevoir la part contributive de l'Etat, ce dernier versera la somme de 1 000 euros à Me Moura au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant, la somme de 1 000 euros sera directement versée à M. B.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Moura et au préfet de la Haute-Garonne.

Rendu public F mise à disposition au greffe le 12 octobre 202Le magistrat désigné,

B. E La greffière,

A. BACH

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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