vendredi 26 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2204201 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP JEAY-MARTIN DE LA MOUTTE-JAMES-FOUCHER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 23 juillet et le 14 août 2022, Mme A C représentée par Me Dandan demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision en date du 22 juin 2022 par laquelle la présidente de l'université de Toulouse-Jean-Jaurès a refusé de l'admettre en première année du master de psychothérapie ;
2°) d'enjoindre à la présidente de l'université de l'admettre en première année de master de psychothérapie dans un délai de 15 jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'université la somme de 1000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
sur l'urgence :
- elle est remplie eu égard à la prochaine rentrée universitaire fixée le 29 août 2022, l'accès au master étant complémentaire de la licence qu'elle a obtenue en 2021. La décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation empêchant la réalisation de son projet professionnel ;
sur un doute sérieux quand à la légalité de la décision contestée :
- la décision contestée de rejet est illégale dès lors que sa demande a donné lieu à une décision implicite d'acceptation de sa candidature intervenue le 23 mai 2022, conformément à l'article L. 231-1 du code des relations entre le public et l'administration et l'absence d'application de ces dispositions la priverait d'une garantie essentielle ; cette règle en vertu de laquelle l'absence de réponse vaut acceptation de sa demande d'inscription en 1ère année de master est d'ailleurs confirmée par la Direction de l'information légale et administrative (Dila) qui a mis en place un téléservice permettant de consulter les démarches pour lesquelles le silence vaut accord et qui mentionne bien les références des textes applicables en matière d'admission en première année de master, à savoir l'article L. 612-6 et l'article R. 612-36-3 du code de l'éducation ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-6 du code de l'éducation ;
- elle est dépourvue de base légale, compte tenu de l'illégalité de la délibération fixant la capacité d'accueil à 30 places qui ne repose sur aucune justification ni sur aucun dialogue avec l'Etat, en méconnaissance de l'article L. 612-6 alinéa 6 du code de l'éducation. En outre, la CFVU (commission de la formation et de la vie universitaire) de l'université Toulouse Jean-Jaurès a voté les modalités de sélection en première année de master qui n'est pas compétente pour délibérer sur la fixation des capacités d'accueil en première année de master ;
- l'illégalité résulte également de l'absence de toute publicité des annexes qui, selon les indications du site internet, mentionnerait les modalités d'accès à la première année du second cycle. Les modalités de sélection en première année de master ont été fixées par deux délibérations de la CFVU, du 18 novembre 2021 et du 17 février 2022. La seule délibération approuvée par le conseil d'administration de l'établissement universitaire, en lien avec la sélection en première année de master, publiée sur le site internet de l'université, est une délibération n° 64-2021-2022 CA du 8 février 2022 qui ne concerne pas le master pour lequel elle a sollicité son inscription ;
- aucune des délibérations ni leurs annexes, lesquelles ne sont consultables que sur place rendez-vous pris auprès du secrétariat, y compris celle adoptée par le conseil d'administration le 8 décembre 2021, n'ont été publiées conformément à la jurisprudence et aux dispositions de l'article L. 221-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'illégalité résulte également de la méconnaissance de l'article L. 719-7 du code de l'éducation dès lors qu'aucune délibération du conseil d'administration de l'université n'a été transmise au recteur d'académie.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 août 2022, l'université de Toulouse-Jean Jaurès, représentée par Me Jeay conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme de 1000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition de l'urgence n'est pas remplie ;
- les moyens propres à créer un doute sur la légalité de la décision contestée ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 23 juillet 2022, sous le n° 2204198, aux fins d'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Perrin, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 16 août 2022 en présence de Mme Guérin, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Perrin, juge des référés,
- les observations de Me Dandan représentant Mme C qui reprend les conclusions et les moyens exposés dans la requête,
- et les observations de Me Jeay représentant l'université de Toulouse-Jean-Jaurès qui persiste dans ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de L'article L. 521-1 du code de justice administrative : " 2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 612-36-3 du code de l'éducation : " 1. - Un étudiant titulaire du diplôme national de licence qui, au titre d'une année universitaire, n'a reçu aucune réponse positive à ses demandes d'admission en première année d'une formation conduisant au diplôme national de master peut saisir le recteur de la région académique dans laquelle il a obtenu son diplôme national de licence en vue de la mise en œuvre du troisième alinéa de l'article L. 612-6. A la condition qu'il existe au moins deux universités dans cette région, l'étudiant doit justifier que ces demandes d'admission sont au moins au nombre de cinq, qu'elles portent sur des mentions définies par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur comme compatibles avec la mention du diplôme national de licence qu'il a. obtenu, qu'elles concernent au moins deux mentions de master distinctes et qu'elles ont été adressées à au moins deux établissements d'enseignement supérieur. /. L'étudiant saisit le recteur de région académique, par l'intermédiaire d'un téléservice national créé à cet effet par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur () ".
4. Il résulte de l'ensemble des dispositions citées au point 3 que, sous certaines conditions, l'étudiant titulaire du diplôme national de licence qui, au titre d'une année universitaire, n'a reçu aucune réponse positive à ses demandes d'admission en première année d'une formation conduisant au diplôme national de master peut saisir le recteur de la région académique dans laquelle il a obtenu son diplôme national de licence en vue de se voir proposer, après accord des chefs d'établissement concernés, au moins trois propositions d'admission dans une formation conduisant au diplôme national de master, lesquelles doivent tenir compte du projet personnel et professionnel de l'étudiant, de l'offre de formation existante, des capacités d'accueil telles que définies à l'article L. 612-6 du code de l'éducation et de la compatibilité de la mention du diplôme national de licence obtenu par l'étudiant avec les mentions de master existantes telles que définies par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur, et qu'en l'absence de propositions, la situation de l'étudiant est examinée par une commission d'accès au deuxième cycle de l'enseignement supérieur, présidée par le recteur de région académique, qui doit se réunir entre le 1er et le 21 septembre de chaque année.
5. En l'espèce, Mme C soutient que l'urgence est caractérisée dès lors que la rentrée universitaire est imminente, qu'elle n'a pu s'inscrire l'an passé en 1ère année de master de psychologie et qu'elle doit poursuivre son parcours universitaire afin de concrétiser son projet professionnel. S'il est constant qu'au titre de l'année universitaire 2021-2022, Mme C s'est vu opposer 14 refus à sa demande d'accès en première année de master de psychologie et qu'elle n'a pas davantage obtenu satisfaction après saisine des services du rectorat de la région académique Provence-Alpes-Côte d'Azur et réunion de la commission d'accès au deuxième cycle de l'enseignement supérieur, il résulte de l'instruction que la requérante a saisi, au titre de l'année universitaire 2022-2023, dans le cadre de la procédure spéciale prévue à l'article R. 612-36-3 du code de l'éducation accessible depuis le portail trouvermonmaster.gouv.fr. le recteur d'académie. Il lui a été répondu le 27 juillet 2022, que son dossier de saisine a été vérifié et accepté par l'équipe du rectorat et il lui a été également indiqué que vont être sollicités des établissements susceptibles de lui proposer une admission en première année de master au plus près de son projet personnel et professionnel et par un second courriel elle a été informée que sa demande a été soumise à cinq établissements universitaires et qu'elle serait recontactée lorsque ces établissements l'auront examinée. Il n'a pas été établi ni même allégué par la requérante qu'un refus ait été apporté à sa demande de sorte qu'à la date de la présente ordonnance, la procédure de saisine du recteur d'académie n'est pas parvenue à son terme. Dès lors, la procédure devant le recteur étant en cours, Mme C, qui en outre ne démontre pas davantage qu'elle aurait d'autres possibilités de suivre une formation de master 1 analogue à celle demandée, ou une formation équivalente, ne justifie pas, en l'état de l'instruction, d'une situation d'urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision contestée soit suspendue.
6. Il résulte de ce qui précède que sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse du 22 juin 2022, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de l'université de Toulouse-Jean-Jaurès présentées en application de l'article L761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : les conclusions présentées par l'université de Toulouse-Jean-Jaurès sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et à l'université Toulouse Jean-Jaurès.
Fait à Toulouse, le 26 août 2022.
La juge des référés,La greffière,
F. PERRINS. GUÉRIN
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026