mardi 2 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2204393 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | COHEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juillet 2022, M. B C, représenté par Me Cohen, demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre les effets de l'arrêté du 18 novembre 2021 du préfet de la Haute-Garonne portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et lui interdisant le retour sur le territoire pendant un an ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens et de la somme de
1 500 euros au profit de son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est actuellement placé en rétention administrative, privé de liberté et exposé à la mise à exécution imminente de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet ; une première tentative d'éloignement a déjà eu lieu le
28 juillet 2022 ;
- il fait état d'un changement de circonstances dès lors qu'il a introduit une demande d'asile en Suisse, ce dont le préfet n'a pas tenu compte avant de prendre une décision d'éloignement vers l'Algérie ; le relevé de ses empreintes dans le fichier Eurodac atteste de sa demande introduite en Suisse en janvier 2022 ;
- la mise à exécution de la mesure d'éloignement porte une atteinte grave et illégale à son droit d'asile, lequel constitue une liberté fondamentale ; le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Sorin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 août 2022, en présence de Mme Tur, greffière d'audience :
- le rapport de M. SORIN ;
- et les observations de Me Cohen pour M. C, ainsi que celles du requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 14 octobre 1990, a fait l'objet d'un arrêté du 18 novembre 2021 du préfet de la Haute-Garonne portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant l'Algérie comme pays de destination de son renvoi. Par un arrêté du 18 juillet 2022, le préfet de la Haute-Garonne a placé M. C en rétention administrative en vue de son éloignement vers l'Algérie, la légalité de cette dernière mesure ayant été confirmée par le juge des libertés et de la détention de la Cour d'appel de Toulouse, en dernier lieu, par une ordonnance du 22 juillet 2022. Par la présente requête, M. C demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 18 novembre 2021 du préfet de la Haute-Garonne portant obligation de quitter le territoire français à destination de l'Algérie.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant () ". Aux termes de l'article L. 614-3 du même code : " Si en cours d'instance l'étranger est placé en rétention en application de l'article L. 741-1, il est fait application des articles L. 614-7 à L. 614-13 ". Par les articles L. 614-8 et L. 614-9 du même code, le législateur a entendu organiser une procédure spéciale afin que le juge administratif statue dans le délai de 96 heures sur la légalité des mesures relatives à l'éloignement des étrangers, lorsque ces derniers sont placés en rétention. L'introduction d'un recours sur le fondement de ces dispositions a pour effet de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement en vue de laquelle le placement de l'étranger en rétention administrative a été décidé. Il résulte des pouvoirs confiés au juge par les dispositions précitées et des délais qui lui sont impartis pour se prononcer et des conditions de son intervention, que la procédure spéciale prévue par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile présente des garanties au moins équivalentes à celles des procédures de référé et notamment celle de l'article L. 521-2 régies par le livre V du code de justice administrative. Cette procédure particulière est ainsi exclusive de celles prévues par ce livre V du code de justice administrative. Il n'en va autrement que dans le cas où les modalités selon lesquelles il est procédé à l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français emportent des effets qui, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait survenus depuis l'intervention de cette mesure et après que le juge, saisi sur le fondement de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré, excèdent ceux qui s'attachent normalement à sa mise à exécution.
4. Il résulte de l'instruction que par l'arrêté en litige du 18 novembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne a pris à l'encontre de M. C une mesure d'obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant l'Algérie comme pays de renvoi. M. C a été placé en rétention administrative par un arrêté du 19 juillet 2022 en vue de procéder à son éloignement.
5. Pour justifier de circonstances de fait nouvelles de nature à faire droit en application des règles énoncées ci-dessus à sa demande formée sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, M. C se prévaut de ce qu'il a introduit une demande d'asile en Suisse le 6 janvier 2022 dont le préfet n'a pas tenu compte. Il résulte de l'instruction qu'une telle demande a bien été effectuée par l'intéressé au mois de janvier 2022 et il n'est pas établi, contrairement à ce que borne à alléguer le préfet en défense, que cette demande aurait fait l'objet d'une décision de rejet devenue définitive de la part des autorités suisses. Dès lors, M. C doit être regardé comme faisant état de circonstances de fait nouvelles survenues depuis l'édiction de la mesure d'éloignement prise à son encontre, dont les effets excèdent ceux qui s'attachent normalement à sa mise à exécution dans la mesure où l'exécution de cette mesure est susceptible de porter directement atteinte, de manière grave et illégale, à son droit d'asile qui constitue une liberté fondamentale. Par ailleurs, la condition d'urgence est remplie compte tenu du fait que l'éloignement imminent du requérant est prévu et que le préfet a d'ailleurs déjà tenté de procéder à celui-ci, le 28 juillet 2022.
6. Dans ces conditions, le requérant doit être regardé comme faisant état d'un changement dans les circonstances de fait intervenu postérieurement à la mesure d'éloignement et de ce que les modalités selon lesquelles il est procédé à son exécution emportent des effets qui excèdent ceux qui s'attachent normalement à sa mise à exécution. Par suite, la demande de M. C présentée sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit être accueillie et l'exécution de la mesure d'éloignement du
18 novembre 2021 doit être suspendue.
Sur les conclusions accessoires :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et compte tenu de l'urgence, d'une part d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et, d'autre part, de mettre à la charge de l'Etat au bénéfice du conseil du requérant le paiement de la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour Me Cohen de renoncer à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'exécution de l'arrêté du 18 novembre 2021 portant obligation de quitter le territoire français pris à l'encontre de M. C est suspendue.
Article 3 : L'Etat versera à Me Cohen, conseil de M. C, une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Cohen renonce à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à
Me Cohen et au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 2 août 2022.
Le juge des référés,La greffière,
T. SORIN P. TUR
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Ou par délégation la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026