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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2204401

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2204401

lundi 3 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2204401
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCAPDEVIELLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 juillet 2022 et un mémoire enregistré le 1er août 2022, M. E C, représenté par Me Capdevielle, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté 29 juillet 2022 par lequel le préfet la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire pendant une durée de deux ans,

3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens et une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 où, à titre subsidiaire, au visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle méconnait son droit à être entendu,

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux,

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales puisqu'il est le père de deux enfants dont la résidence a été fixée en alternance au domicile de chacun des parents,

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

En ce qui concernant la décision portant refus de départ volontaire :

- elle est entachée d'un défaut de motivation,

- elle est privée de base légale,

- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet s'est cru en compétence liée,

- elle est entachée d'une erreur manifestation de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut de motivation,

- elle est privée de base légale,

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences disproportionnées qu'elle emporte sur sa situation personnelle,

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français:

- elle est entachée d'un défaut de motivation,

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux,

- elle est privée de base légale,

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle,

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

Par un mémoire en défense enregistré le 13 septembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant,

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

-la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique

- le rapport de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien, né le 19 juillet 1987 à Mostaganem (Algérie) est entré pour la première fois en France le 10 mars 2016 sous couvert d'un visa de court séjour. Il a présenté une demande d'asile le 18 avril 2016. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile par une décision en date du 9 août 2016. La Cour nationale du droit d'asile a confirmé le rejet de sa demande par une décision du 28 novembre 2016. Le requérant s'est vu notifier une première mesure d'éloignement le 29 mars 2017. Cette mesure a été mise à exécution le 5 octobre 2017. M. C déclare être de nouveau entré sur le territoire français le 25 mars 2020. Il a sollicité le réexamen de sa demande d'asile. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté cette demande en raison de son irrecevabilité par une décision en date du 7 septembre 2020. Le requérant a fait l'objet d'une seconde mesure d'éloignement en date du 9 décembre 2020. Par un arrêté du 29 juillet 2022, le préfet de la Haute-Garonne a obligé M. C à quitter le territoire sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par la présente requête, M C demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". L'article 51 de la charte précise que : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union () ".

4. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse uniquement aux institutions et organes de l'Union. Le moyen tiré de sa violation par une autorité d'un État membre est donc inopérant. Toutefois, il résulte également de cette jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il n'implique toutefois pas systématiquement l'obligation pour l'administration d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, l'étranger soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de demander un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision faisant grief que si la procédure administrative aurait pu, en fonction des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, aboutir à un résultat différent du fait des observations et éléments que l'étranger a été privé de faire valoir.

5. Il ressort du procès-verbal de l'audition menée le 28 juillet 2022 à 17 heures 25 par les services de la police aux frontières de Blagnac, dans le cadre d'une procédure de retenue aux fins de vérification du droit au séjour de M. C que celui-ci a été interrogé sur sa situation administrative en France, notamment sur les conditions de son entrée et de son séjour, sur sa vie familiale en France. Il a été informé, à l'issue de son audition, qu'il était susceptible de faire l'objet d'une décision d'éloignement à destination de son pays d'origine éventuellement assortie d'une interdiction de retour. Il a été invité à formuler des observations. Au demeurant, l'intéressé ne fait état d'aucun élément pertinent et susceptible d'influer sur le contenu de la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière pour avoir porté atteinte au droit d'être entendu de M. C ne peut être qu'écarté.

6. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté, ni des pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à examen réel et sérieux de la situation personnelle de M. C.

7. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré, pour la dernière fois en France, le 25 mars 2020. Il a déclaré, lors de son audition, être célibataire et sans enfant à charge. Si le requérant soutient désormais qu'il est le père de deux enfants dont la résidence a été judiciairement fixée en alternance au domicile de chacun des parents, le jugement de la juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Toulouse, qu'il produit à l'appui de ses allégations, a été rendu à la demande d'une personne dénommée de M. B C né le 17 décembre 1989 alors que l'intéressé s'est toujours présenté sous l'identité de M. E C, né le 19 juillet 1987. Le requérant, qui a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement et qui a été condamné pour des faits de détention de stupéfiants et de vol avec destruction ou dégradation en récidive, ne justifie d'aucune intégration particulière sur le territoire français. Il n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Algérie, où résident notamment ses parents. Dans ces conditions, la décision contestée, qui ne porte pas au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise, ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

En ce qui concernant la décision portant refus de départ volontaire :

9. En premier lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, notamment l'article L. 612-2 et les 1°, 5°, 8° et de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il mentionne avec une précision suffisante les considérations de faits sur lesquelles repose la décision contestée, rappelant en particulier l'entrée irrégulière de M. C sur le territoire national sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour, son intention explicite de ne pas se conformer à sa mesure d'éloignement et l'absence de garantie de représentation. Dès lors la décision est suffisamment motivée.

10. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

11. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes des arrêtés contestés, ni des autres pièces des dossiers, que le préfet se serait considéré à tort dans une situation de compétence liée. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ()

5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "

13. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré irrégulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Le requérant n'a présenté aucun document d'identité ou de voyage en cours de validité. Il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale par la seule production d'une attestation d'hébergement établie, pour les besoins de la cause, le 30 juillet 2022. Ainsi, et alors qu'il n'invoque aucune circonstance particulière, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation en considérant qu'il existait un risque qu'il se soustraie à son obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

14. En premier lieu, l'arrêté en litige vise l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et indique que M. C n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraire à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, la décision est suffisamment motivée.

15. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant fixation du pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

16. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui ont été exposés au point 8 et compte tenu du fait que le requérant n'établit pas encourir de risques de traitements inhumains et dégradants dans son pays d'origine, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français:

17. En premier lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, notamment les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il mentionne avec une précision suffisante les considérations de fait sur lesquelles la décision contestée est fondée en prenant en compte les critères prévus par la loi. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit dès lors être écarté.

18. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté, ni des pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à examen réel et sérieux de la situation personnelle de M. C.

19. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

20. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 8, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.

21. Enfin, il résulte de ce qui a été dit au point 8, que le requérant ne justifie pas de ce qu'il serait le père de deux enfants résidant en garde alternée chez leurs parents. Il ne peut donc utilement invoquer les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

22. Il résulte de tout ce qui précède que M C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 29 juillet 2022.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous d'astreinte :

23. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Capdevielle, la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

25. Enfin, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par M. C sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M E C, à Me Capdevielle et au préfet de la Haute-Garonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.

Le magistrat désigné,

F. A Le greffier,

M. D

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

N°2204401

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