vendredi 5 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2204461 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BACHELET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 août 2022, M. A B, représenté par Me Sarasqueta, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre les effets de la décision du 17 juillet 2022 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile ;
3°) d'enjoindre au directeur de l'OFII, à titre principal, de rétablir les conditions matérielles d'accueil dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions ;
4°) d'enjoindre à l'association Adelphité par CVH de remettre le règlement de fonctionnement de la SPADA de Toulouse à M. B, de l'informer sur la protection de ses données personnelles et de lui délivrer une carte à son nom et à son numéro de domiciliation dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'OFII le paiement au bénéfice de son conseil de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en ce qui concerne l'urgence, il se trouve dans une situation d'extrême précarité et de grande vulnérabilité au regard de la pathologie dont il est atteint ; il ne bénéficie d'aucun hébergement ou aide de l'office français de l'immigration et de l'intégration et se trouve dépourvu de ressources du fait de la suspension du versement de l'allocation pour demandeur d'asile ;
- la décision du 17 juillet 2022 de l'OFII porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de solliciter l'asile ; en effet, sa non présentation aux convocations en préfecture des 13 et 14 juin 2022 est indépendante de sa volonté puisqu'il n'a pas été informé de ses convocations, notifiées par voie postale ; or, le service chargé de la prise en charge des demandeurs d'asile pour le compte du SPADA s'est trompé d'identifiant le concernant ; il n'a jamais été informé des modalités d'information par voie électronique de la réception de ses courriers ;
Par un mémoire en intervention, enregistré le 3 août 2022, l'association CIMADE, représentée par Me Sarasqueta, déclare s'associer aux conclusions de M. B.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 5 août 2022, l'association des avocats pour la défense des étrangers, représentée par Me Tercero, déclare s'associer aux conclusions de M. B.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Sorin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant sierra-léonais né le 17 novembre 1999, entré en France au mois de septembre 2021 selon ses déclarations, a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile le 22 septembre 2021. Au regard du relevé de ses empreintes décadactylaires, le préfet de la Haute-Garonne a décidé, par un arrêté du 13 janvier 2022, de son transfert aux autorités allemandes, responsables de sa demande d'asile et l'a assigné à résidence. Il a bénéficié d'une attestation de demandeur d'asile régulièrement renouvelée jusqu'au 22 juin 2022. L'intéressé ne s'étant pas présenté à deux convocations des 13 et 14 juin 2022 en préfecture, M. B a fait l'objet d'une décision du préfet de la Haute-Garonne de non-renouvellement de son attestation de demande d'asile, la demande de suspension de cette décision ayant été rejetée par une ordonnance du juge des référés du tribunal de céans du 20 juillet 2022. Par une lettre recommandée du 12 juillet 2022, l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) l'a informé de la fin du versement de l'allocation pour demandeur d'asile prévue par les dispositions des articles L. 551-16 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison du non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile à la suite de sa non présentation aux convocations en préfecture des 13 et 14 juin 2022. M. B sollicite du juge des référés qu'il suspende les effets de cette décision et qu'il enjoigne à l'OFII, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de reprendre le versement de l'allocation pour demandeur d'asile.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 dudit code précise que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Si la privation du bénéfice des mesures prévues par la loi afin de garantir aux demandeurs d'asile des conditions matérielles d'accueil décentes, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur leur demande, est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile, le caractère grave et manifestement illégal d'une telle atteinte s'apprécie en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et de la situation du demandeur. Ainsi, le juge des référés ne peut faire usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative en adressant une injonction à l'administration que dans le cas où, d'une part, le comportement de celle-ci fait apparaître une méconnaissance manifeste des exigences qui découlent du droit d'asile et où, d'autre part, il résulte de ce comportement des conséquences graves pour le demandeur d'asile, compte tenu notamment de son âge, de son état de santé ou de sa situation familiale. Il incombe au juge des référés d'apprécier, dans chaque situation, les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de santé et de la situation familiale de la personne intéressée.
4. Par ailleurs, l'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 précité est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte. La seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence particulière justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l'article L. 521-2. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l'intervention du juge dans les plus brefs délais.
5. Il résulte de l'instruction que M. B, âgé de 22 ans, est célibataire et sans charge de famille, n'a pas été hébergé au titre de sa demande d'asile et ne soutient pas avoir sollicité en vain le bénéfice d'un hébergement d'urgence, indiquant bénéficier d'hébergements ponctuels. De plus, l'intéressé, qui ne produit strictement aucune pièce probante à l'appui de sa demande de nature à corroborer ses dires s'agissant de son état de vulnérabilité ou sa situation de précarité non plus d'ailleurs que de son impossibilité de consulter les courriers notifiés par voie postale, et se borne à invoquer en des termes généraux le fait qu'il serait privé de tout revenu, n'établit pas en quoi la suspension du versement de l'allocation pour demandeur d'asile à compter du mois de juillet 2022 le placerait dans une situation d'urgence telle qu'elle justifierait l'intervention du juge des référés, statuant dans les délais les plus brefs prévus à l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Dans ces conditions, la condition d'urgence caractérisée justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l'article L. 521-2 ne peut être regardée comme remplie en l'espèce.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, l'une des conditions posées par les dispositions précitées n'étant, en tout état de cause, pas satisfaite et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'admission des interventions au soutien de la requête, les conclusions principales de la requête de M. B doivent être rejetées, en toute hypothèse, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'il présente à fin d'injonction, sans même qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité, et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée, pour information, à la CIMADE, à l'association des avocats pour la défense des étrangers et à l'office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Toulouse, le 5 août 2022.
Le juge des référés,
T. Sorin
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026