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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2204696

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2204696

mercredi 7 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2204696
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMAGRINI AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 août 2022, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 29 avril 2021 par lequel le maire de la commune des Pujols a délivré à M. et Mme C un permis de construire une piscine et un pool house sur un terrain sis 3 chemin de Fourmageat.

Il soutient que :

- la haie existante en limite de propriété devait être conservée d'après le permis de construire alors qu'un mur a été construit à la place et qu'il n'a pas fait l'objet d'une demande de permis de construire ;

- le projet autorisé, qui engendre des nuisances, dont la perte de vue et d'ensoleillement et la dépréciation de son bien, méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme, qui énoncent que " tout projet de construction, d'habitat ou d'annexe, doit être pensé et réalisé dans le respect citoyen pour le droit des voisins à la vue, à la lumière et à l'air " ;

- il méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme, qui imposent une hauteur de 3,5 mètres pour les constructions en limite séparative.

Par un mémoire enregistré le 4 novembre 2022, M. et Mme C, représentés par Me Castex, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la requête est irrecevable en ce que le requérant n'a produit aucun justificatif de propriété en méconnaissance de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;

- elle est tardive dès lors que le permis attaqué a été affiché en mai 2021 et que le recours gracieux n'a été exercé qu'en avril 2022 ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

La requête a été communiquée à la commune des Pujols, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

2. D'une part, aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. () ". Aux termes de l'article A. 424-17 du même code : " Le panneau d'affichage comprend la mention suivante : / " Droit de recours : / " Le délai de recours contentieux est de deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain du présent panneau (art. R. 600-2 du code de l'urbanisme). ()" ". Il résulte de ces dernières dispositions que la mention relative au droit de recours, qui doit figurer sur le panneau d'affichage du permis de construire en application de l'article A. 424-17 du code de l'urbanisme, permet aux tiers de préserver leurs droits. Toutefois, l'exercice par un tiers d'un recours administratif ou contentieux contre un permis de construire montre qu'il a connaissance de cette décision et a, en conséquence, pour effet de faire courir à son égard le délai de recours contentieux, alors même que la publicité concernant ce permis n'aurait pas satisfait aux dispositions prévues en la matière par l'article A. 424-17 du code de l'urbanisme.

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. / L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. () ". Il résulte des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme qu'à défaut de l'accomplissement des formalités de notification qu'elles prévoient, un recours administratif dirigé contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol ne proroge pas le délai du recours contentieux. Il ne peut être remédié à l'omission des formalités de notification du recours administratif que dans le délai de quinze jours qu'elles prévoient. Dans ce cas, la date à laquelle a été formé le recours administratif initial constitue le point de départ de la prorogation du délai de recours contentieux résultant de la formation, dans les formes requises, de ce recours administratif. En revanche, la présentation d'un nouveau recours administratif assorti des formalités de notification après l'expiration du délai de quinze jours ne pallie pas le défaut de notification du premier recours et ne permet donc pas la prorogation du délai de recours contentieux. Cette situation ne fait toutefois pas obstacle à ce que la personne intéressée forme, en respectant les formalités de notification propres à ce recours, un recours contentieux dans le délai de recours de droit commun de deux mois qui lui est imparti.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a, par un courrier du 21 avril 2022, intitulé " recours gracieux ", demandé au maire des Pujols de retirer le permis de construire qu'il avait accordé par un arrêté du 29 avril 2021 à M. et Mme C compte tenu de son illégalité au regard des règles du plan local d'urbanisme en vigueur sur le territoire de la commune. Ce courrier doit, compte tenu de son objet et des termes dans lesquels il est rédigé, être regardé comme constituant un recours gracieux manifestant la connaissance qu'avait M. B du permis de construire délivré à M. et Mme C au plus tard le 21 avril 2022. Il est constant que ce recours gracieux n'a pas été notifié aux titulaires de l'autorisation en litige en méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et n'a ainsi pas eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux de deux mois, qui a commencé à courir à la date à laquelle a été formé le recours administratif, soit le 21 avril 2022. Or, la requête de M. B a été enregistrée au greffe du tribunal le 11 août 2022, soit au-delà de l'expiration de ce délai. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 29 avril 2021 sont tardives et, par suite, irrecevables.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est entachée d'une irrecevabilité manifeste et peut être rejetée par voie d'ordonnance sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. et Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par M. et Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la commune des Pujols et au M. et Mme C.

Fait à Toulouse, le 7 décembre 2022.

La présidente de la 6ème chambre,

V. Poupineau

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

la greffière en chef,

2204696

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