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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2204787

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2204787

vendredi 7 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2204787
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSADEK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 août 2022, et un mémoire enregistré le 13 mars 2023, M. B H, représenté par Me Sadek, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 mars 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour d'un an portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ou de procéder au réexamen de sa demande ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur les décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français :

- elles sont insuffisamment motivées, la décision de refus de titre de séjour ne mentionnant pas les pathologies dont il souffre ;

Sur le refus de titre de séjour :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- le préfet s'est estimé à tort lié par l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- la décision méconnaît le principe du contradictoire dès lors que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas été annexé à l'arrêté attaqué et ne lui a pas été communiqué ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le rapport médical du 13 janvier 2022 ne lui a pas été communiqué ; il a été privé de la possibilité de vérifier l'identité et la signature des médecins faisant partie du collège et du médecin rapporteur et de s'assurer ainsi que ce dernier n'a pas siégé au sein du collège qui a émis l'avis et que les médecins avaient une spécialité leur permettant d'avoir un avis éclairé sur sa pathologie ; il n'est pas établi que le rapport médical visé a été rédigé par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration faute pour le préfet de produire l'acte de désignation de ce médecin ; il est impossible de déterminer les sources d'informations sanitaires sur lesquelles s'est fondé le collège en méconnaissance de l'article 3 de l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice de leurs missions par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et rien ne permet de constater que l'avis du collège a été pris en tenant compte des structures, des équipements, des médicaments, des dispositifs médicaux et des personnels disponibles en Algérie ; la plate-forme BISPO de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'est pas consultable par le public ce qui fait obstacle à une discussion contradictoire sur l'appréciation portée par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- les médecins du collège de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'ont pas indiqué si le traitement prescrit était disponible pour la généralité de la population en Algérie et s'il l'était de manière continue sur tout le territoire ;

- elle méconnaît son droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît les stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 22 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 novembre 2022.

M. H a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Dans cette affaire, la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme G a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B H, ressortissant algérien, déclare être entré en France le 25 juillet 2021. Le 6 décembre 2021, il a sollicité son admission au séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté du 25 mars 2022, le préfet de la Haute-Garonne, qui a examiné son droit au séjour au regard de l'article 6, 7° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination. Par la présente requête, M. H demande l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C, directrice des migrations et de l'intégration, qui disposait d'une délégation de signature accordée par le préfet de la Haute-Garonne par un arrêté du 20 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 21 septembre 2021, à l'effet de signer notamment les refus d'admission au séjour, les mesures d'éloignement ainsi que les décisions les assortissant. Par suite, alors que cette délégation est suffisamment précise, qu'elle est toujours en vigueur et que le requérant ne démontre pas l'absence d'empêchement du préfet de la Haute-Garonne, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, le préfet de la Haute-Garonne a visé les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation de M. H, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il a également précisé l'identité, la date et le lieu de naissance de M. H, ainsi que les conditions de son entrée en France, et exposé les raisons pour lesquelles il a considéré qu'il ne remplissait pas les conditions pour obtenir le titre de séjour qu'il sollicitait après avoir cité l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 28 février 2022 dont il s'est approprié les termes. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet n'avait pas à mentionner la pathologie dont M. H était atteint, information couverte par le secret médical. Il a également rappelé qu'il n'était pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. H qui était entré récemment en France, à l'âge de 45 ans, et disposait de fortes attaches en Algérie où résidaient notamment son épouse, ses trois enfants mineurs et ses parents. Dans ces conditions, le préfet a suffisamment exposé les considérations de droit et de fait fondant sa décision de refus de titre de séjour. En application de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire, prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du même code, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle du refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ces décisions doit être écarté.

4. En troisième lieu, M. H ne saurait utilement invoquer une méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, article qui s'adresse uniquement, ainsi qu'il résulte clairement des dispositions en cause, aux institutions, organes et organismes de l'Union. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

5. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni de la motivation de l'arrêté attaqué que le préfet, qui a porté sa propre appréciation notamment sur l'état de santé de M. H, n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de l'intéressé ou se serait estimé lié par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. La seule circonstance que l'arrêté en litige a été pris un peu moins d'un mois après l'avis du collège de médecins ne peut, à cet égard, être regardée comme révélatrice de l'insuffisance d'examen alléguée.

6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé du 27 décembre 1968, modifié : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 7. Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". L'article R. 425-12 de ce même code dispose : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre () ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical, conformément au modèle figurant à l'annexe B du présent arrêté ".

7. D'une part, aucun texte législatif ou réglementaire ni aucun principe général du droit n'impose au préfet de communiquer à l'intéressé le rapport médical ainsi que l'avis du collège des médecins de l'OFII préalablement à la décision de refus de séjour. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet n'était pas davantage tenu de joindre à son arrêté l'avis du collège de médecins. En outre, aucune disposition législative ou règlementaire n'exige une communication des informations, bases de données et sources sur lesquelles s'est fondé le collège pour prendre l'avis. Par ailleurs, la base de données de la bibliothèque d'information santé sur les pays d'origine, qui recense, conformément à l'annexe II à l'arrêté du 5 janvier 2017, les sites internet comportant des informations sur l'accès aux soins dans les pays d'origine et sur les principales pathologies, est accessible et doit être regardée comme ayant fait l'objet d'une diffusion publique.

8. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'avis du 28 février 2022, versé à l'instance par le préfet, a été précédé, conformément aux dispositions précitées, du rapport établi le 13 janvier 2022 par le docteur D A, qui a été désigné pour ce faire par une décision du directeur de l'OFII en date du 15 octobre 2020 portant désignation au collège de médecins à compétence nationale de l'OFII, publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur n° 2017-04 du 19 avril 2017. Cet avis comporte par ailleurs la signature des trois médecins composant le collège, dont l'identité est précisée, ce qui permet de les identifier conformément aux dispositions de l'article R. 4127-76 du code de la santé publique. Il en ressort également que le médecin qui a rédigé le rapport médical n'a pas siégé au sein du collège conformément aux exigences de l'article R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les dispositions précitées n'imposent pas de mentionner dans l'avis la spécialité éventuelle de ce médecin et des médecins composant le collège. Enfin, ces derniers n'étaient pas tenus de préciser si le traitement requis par l'état de santé de M. H était disponible de manière continue sur la totalité du territoire algérien et accessible à l'ensemble de la population, ni de se prononcer sur le coût des soins dans le pays d'origine, ni encore de mentionner les sources d'information sanitaire auxquelles ils se sont référés pour apprécier la disponibilité des soins dans le pays d'origine du requérant. Par suite, les moyens tirés des vices de procédure dont serait entaché l'arrêté en litige doivent être écartés.

9. Enfin, s'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.

10. Pour refuser la délivrance du titre de séjour sollicité par M. H, le préfet de la Haute-Garonne s'est notamment fondé sur l'avis précité du 28 février 2022 du collège de médecins de l'OFII, qui a estimé que si l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, l'Algérie, vers lequel il pouvait voyager sans risque. Il ressort des pièces du dossier que M. H souffre d'une insuffisance rénale chronique de stade 5 nécessitant des séances de dialyse trois fois par semaine ainsi que d'une cardiomyopathie dilatée d'origine ischémique pour laquelle un traitement composé de plusieurs spécialités médicamenteuses lui a été prescrit. Pour contester l'avis précité du collège de médecin, le requérant a produit plusieurs pièces médicales dont aucune cependant ne se prononce sur la disponibilité en Algérie des soins et traitements requis par son état de santé. Par ailleurs, les circonstances alléguées qu'il devra prendre le train ou un taxi pour effectuer ses dialyses et qu'il a noué une relation de confiance avec l'équipe médicale qui le suit est sans incidence sur l'appréciation portée par le collège de médecins de l'OFII sur la possibilité pour le requérant d'être effectivement pris en charge dans son pays. De même, il pourra bénéficier d'un entourage familial stable en Algérie auprès de son épouse et de leurs trois enfants. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître les stipulations précitées du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 que le préfet de la Haute-Garonne a refusé à l'intéressé la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade.

11. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, susvisé : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : " () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".

12. M. H, qui déclare être entré en France en 2021, se prévaut de la présence de sa sœur de nationalité française, et de son frère en situation régulière. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'il conserve l'essentiel de ses attaches personnelles et familiales en Algérie, où il a vécu jusqu'à son entrée récente à l'âge de 45 ans, et où résident notamment son épouse, ses trois enfants mineurs et ses parents. Dans ces circonstances, le préfet de la Haute-Garonne, en rejetant la demande de titre de séjour de M. H n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas non plus commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur la situation personnelle du requérant.

13. En septième et dernier lieu, si M. H fait valoir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. H n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent, par voie de conséquence, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. H est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B H, à Me Sadek et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

Mme Rousseau, conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023.

La présidente-rapporteure,

V. G

L'assesseure la plus ancienne,

M. FLa greffière,

M. E

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

N°2204787

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