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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2204790

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2204790

vendredi 7 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2204790
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantKOSSEVA-VENZAL

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée le 16 août 2022 sous le n° 2204790 et un mémoire en production de pièces enregistré le 19 septembre 2022, M. D F, représenté par Me Kosseva-Venzal, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2022 par lequel la préfète de l'Ariège l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour ;

4°) d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen à compter de la notification du jugement ;

5°) de mettre à la charge de l'État le paiement des entiers dépens du procès et la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et dans l'hypothèse où la demande d'aide juridictionnelle serait rejetée, de lui verser la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences d'une exceptionnelle gravité qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'un défaut de motivation en fait en raison de l'absence totale d'indication des risques qu'il encourt en cas de retour ans son pays d'origine ;

- elle est privée de base légale dès lors qu'elle est fondée sur l'obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 u code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et porte une atteinte disproportionnée à son droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants tels que protégé par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la préfète s'est estimée à tort liées par les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est privée de base légale dès lors qu'elle est fondée sur l'obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

Par des pièces enregistrées le 19 août 2022 et un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2022, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II. Par une requête enregistrée le 16 août 2022 sous le n° 2204791 et des pièces complémentaires enregistrées le 19 septembre 2022, Mme A M'Hamdi épouse F, représentée par Me Kosseva-Venzal, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2022 par lequel la préfète de l'Ariège l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour ;

4°) d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen à compter de la notification du jugement ;

5°) de mettre à la charge de l'État le paiement des entiers dépens du procès et la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et dans l'hypothèse où la demande d'aide juridictionnelle sera rejetée, de lui verser la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences d'une exceptionnelle gravité qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'un défaut de motivation en fait en raison de l'absence totale d'indication des risques qu'elle encourt en cas de retour ans son pays d'origine ;

- elle est privée de base légale dès lors qu'elle est fondée sur l'obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et porte une atteinte disproportionnée à son droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants tels que protégé par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la préfète s'est estimée à tort liées par les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile :

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est privée de base légale dès lors qu'elle est fondée sur l'obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

Par des pièces enregistrées le 19 août 2022 et un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2022, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les observations de Me Kosseva-Venzal, représentant les requérants, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que les deux requérants sont de nationalité tunisienne, qu'ils ont quitté la Tunisie en 2019, qu'ils ont vécu en Espagne pendant deux années, qu'ils n'ont pas cessé de fuir les menaces et les persécutions de la part du père de Mme F, que le requérant a été discriminé toute sa vie du fait de sa confession très minoritaire en Tunisie, que le père de Mme F est diplomate et haut-dignitaire, comme l'a répété la requérante lors de son entretien devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qu'il a donc pu tracer les déplacements des requérants, que dès la célébration de leur union, le requérant a subi des menaces, que la requérante a été violée à l'âge de quinze ans par son père, que contrairement à ce qu'ont estimé les instances d'asile, le certificat médical produit est suffisamment précis, que suite à ce viol elle a été obligée de fuir en Algérie, qu'il ne s'agit pas de faux, pas plus que celui relatifs aux coups qu'elle a subis en 2019, que le requérant a été emprisonné pour des activités de proxénétisme et de trafic de drogue, que le grand-père s'en est pris à leurs enfants, que ces derniers événements, qui leur étaient insupportables, ont poussé les requérants à quitter la Tunisie, en dépit du risque du voyage, qu'ils ont prouvé leur présence en Espagne, en produisant notamment des certificats de vaccination obtenus dans ce pays, qu'en dépit de son âge, le père de la requérante a toujours la possibilité de leur faire mal, qu'il est bien évident qu'ils ne peuvent pas mener une vie familiale normale en Tunisie, que l'intérêt supérieur de leurs enfants, notamment de leur troisième enfant, né en France, justifie l'annulation des mesures, que le requérant a déjà travaillé et présente une promesse d'embauche, que la mère de la requérante est décédée, que l'interdiction de retour sur le territoire français a été édictée de manière automatique alors que les requérants sont intégrés, que les enfants sont scolarisés et qu'ils n'ont plus d'attaches dans leur pays d'origine, que les décisions encourent l'annulation,

- les observations de M. F et Mme F, assistés par M. C E, interprète en langue arabe, qui répondent aux questions du magistrat,

- la préfète n'étant ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. F, né le 20 mars 1988 à Sbeitla (Tunisie), de nationalité tunisienne et Mme M'Hamdi, épouse F, née le 16 octobre 1988 à Cebbala (Tunisie), de nationalité tunisienne, sont arrivés sur le territoire français le 6 mars 2021 afin de solliciter l'asile. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté leurs demandes d'asile par des décisions du 15 octobre 2021. La Cour nationale du droit d'asile a confirmé le rejet de leurs demandes par une décision du 24 juin 2022. Par un arrêté du 25 juillet 2022, la préfète de l'Ariège les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et les a interdits de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois. Par leurs présentes requêtes, les intéressés demandent au tribunal d'annuler ces décisions.

2. Les requêtes susvisées nos 2204790 et 2204791 concernent les deux membres d'un même couple, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les demandes d'aide juridictionnelle provisoire :

3. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête des intéressés, de prononcer leur admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, les arrêtés attaqués visent les textes dont ils font application, notamment le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils mentionnent avec une précision suffisante les considérations de faits sur lesquelles ils reposent, rappelant en particulier les conditions d'entrée et de séjour des requérants sur le territoire français, les étapes de leurs procédures d'asile et les éléments liés à leur vie privée et familiale. Dès lors, les décisions sont suffisamment motivées.

5. En deuxième lieu, les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir des risques en cas de retour dans leurs pays d'origine à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français, lesquelles n'ont pas pour objet de fixer, par elles-mêmes, le pays de renvoi. Par ailleurs, si M. F se prévaut d'une promesse d'embauche pour un contrat à durée indéterminée ainsi qu'une demande d'autorisation de travail, toutefois ils n'établissent pas par cette seule circonstance qu'ils auraient fixé le centre de leurs intérêts privés en France. Il ressort des pièces du dossier qu'ils sont entrés récemment en France et que rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue hors de France et notamment en Tunisie où ils ont vécu la majeure partie de leur vie. Par suite, les décisions attaquées ne sont pas entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation des requérants.

6. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

7. Il résulte de ce qui a été dit au point 5 qu'il ne ressort pas des pièces des dossiers que les requérants ne pourraient poursuivre leur vie familiale en Tunisie, pays dont ils ont tous les deux la nationalité, avec leurs enfants. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que leurs enfants ne pourraient poursuivre leur scolarité dans leur pays d'origine. Par suite, les moyens tirés de la violation des stipulations précitées doivent être écartés.

En ce qui concerne les décisions portant fixation du pays de renvoi :

8. En premier lieu, les décisions fixant le pays de renvoi, qui visent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et précisent que les requérants n'établissent pas être exposés à des peines ou traitements contraires à cette convention en cas de retour dans son pays d'origine, comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent leur fondement. Par suite, elles sont suffisamment motivées.

9. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que les décisions portant obligation de quitter le territoire français ne sont entachées d'aucune illégalité. Par conséquent, les moyens tirés du défaut de base légale des décisions fixant le pays de renvoi doivent être écartés.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ", et aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

11. Les requérants soutiennent qu'ils ne peuvent retourner en Tunisie en raison des risques auxquels ils sont exposés dans ce pays. Ils font valoir que M. F est de confession chiite, courant minoritaire en Tunisie, que Mme F est de confession sunnite, qu'elle a subi une agression sexuelle de la part de son père lorsqu'elle était âgée de quinze ans, que leurs deux familles se sont opposées à leur mariage, et que le père de Mme F les a agressés et menacés à de nombreuses reprises sans qu'ils puissent bénéficier de la protection effective des autorités tunisiennes. Toutefois, ni les pièces médicales produites, au demeurant peu circonstanciées, ni le récit des requérants à l'audience dont les propos révèlent des contradictions quant aux fonctions exercées par le père de Mme F, ne permettent de regarder les requérants comme établissant la réalité et l'actualité des risques allégués, alors que tant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides que la Cour nationale du droit d'asile ont rejeté leurs demandes d'asile. Par suite, les décisions litigieuses n'ont pas été prises en méconnaissance des stipulations et dispositions précitées.

12. En quatrième et dernier lieu, il ne ressort ni de la motivation des arrêtés contestés, ni des autres pièces du dossier, que le préfet de la Haute-Garonne se serait estimé lié par les décisions de rejet des demandes d'asile des requérants pour édicter les décisions susvisées.

En ce qui concerne les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français seraient privées de base légale en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français.

14. En deuxième lieu, les arrêtés attaqués visent les textes dont ils font application, notamment les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, Ils mentionnent avec une précision suffisante les considérations de faits sur lesquelles ils reposent, et notamment que les requérants sont présents en France depuis seulement un an et quatre mois et ne démontrent pas que leurs liens personnels et familiaux sur le territoire français ne sont pas anciens, intenses et stables. Dès lors, les décisions sont suffisamment motivées. Il ne ressort ni de cette motivation ni des autres pièces du dossier que la préfète n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation des requérants avant de prononcer les interdictions de retour sur le territoire français.

15. En troisième lieu, d'une part, en vertu de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". D'autre part, aux termes de l'article L. 612-10 de ce même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8. ".

16. Il ressort des pièces du dossier que les requérants sont présents en France depuis un an et quatre mois et ne possèdent pas de liens personnels et familiaux sur le territoire français d'une particulière intensité. Dans ces conditions, et nonobstant l'absence de précédentes mesures d'éloignement à leur encontre et de menace pour l'ordre public, la préfète de l'Ariège n'a pas commis d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste d'appréciation en édictant à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par suite les moyens doivent être écartés.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés de la préfète de l'Ariège en date du 25 juillet 2022.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives aux injonctions et à l'astreinte doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Kosseva-Venzal la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

20. La présente instance n'ayant donné lieu à aucuns dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées par les requérants au titre dudit article ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. F et Mme F sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D F, à Mme AsmaM'Hamdi épouse F, à Me Kosseva-Venzal et à la préfète de l'Ariège.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 202Le magistrat désigné,

F. B La greffière,

A. BACH

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ariège en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Nos 2204790, 2204791

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