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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2204855

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2204855

vendredi 26 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2204855
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMERCIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 août 2022 et par un mémoire en production de pièces enregistré le 23 août 2022, Mme C A, représentée par Me Mercier, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 17 août 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a décidé de son transfert aux autorités italiennes responsables de sa demande d'asile et l'arrêt du même jour portant assignation à résidence ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure normale dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative ou, en tout état de cause, de procéder au réexamen de sa demande ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, et dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités italiennes :

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- il a été pris en méconnaissance de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- il a été pris en méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;

- il est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles 17.1 et 17.2 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

- il est entachée d'un défaut de motivation ;

- il est entaché d'un défaut de base légale ;

- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les observations de Me Mercier, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et soulève un nouveau moyen tiré de ce que les autorités italiennes auraient dû être saisies d'une demande de prise en charge du fait du franchissement de la frontière italienne par la requérante le 13 novembre 2021, au regard du critère prévu par l'article 13.1 du règlement (UE) n° 604/2013, et non d'une reprise en charge du fait de sa demande d'asile déposée dans ce pays le 7 décembre 2021, dès lors que ce critère prévu par l'article 3.2 du même règlement ne s'applique que subsidiairement , qu'il en résulte un vice de procédure, car l'accord implicite de prise en charge des autorités italiennes n'était pas né au moment de la décision attaquée, et par suite, une méconnaissance de l'article 22.7 du règlement (UE) n° 604/2013,

- les observations de Mme A qui répond aux questions du magistrat désigné,

- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante ivoirienne née le 2 avril 1975 à Adjame (Côte d'Ivoire), de nationalité ivoirienne, a déclaré être entrée en France le 1er avril 2022. Lors de l'enregistrement de son dossier complet de demande d'asile le 7 juillet 2022, le relevé de ses empreintes décadactylaires a révélé qu'elle avait introduit une demande similaire en Italie le 7 décembre 2021. Par deux arrêtés du 17 août 2022, le préfet de la Haute-Garonne a décidé de son transfert aux autorités italiennes et l'a assignée à résidence. Par sa présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités italiennes :

3. En premier lieu, la décision attaquée énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle vise les dispositions et stipulations pertinentes, rappelle que le relevé des empreintes de Mme A a révélé qu'elle avait introduit une demande d'asile similaire en Italie le 7 décembre 2021, précise qu'un accord implicite de reprise en charge de la part des autorités de ce pays intervenu le 6 août 2022 a été constaté le 8 août 2022 et mentionne les raisons pour lesquelles il ne lui a pas été fait application des clauses dérogatoires. Par conséquent, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision litigieuse doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de Mme A.

5. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de 1'application du présent règlement (). / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. / 3. La Commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune (), contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme A s'est bien vu remettre, le 7 juillet 2022, jour de l'enregistrement de sa demande, la brochure A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et la brochure B intitulée " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", rédigées en langue française qu'elle a déclaré comprendre et que ces brochures lui ont été lues par un agent de la préfecture. Ces brochures contiennent les informations exigées par l'article 4 précité et la requérante a attesté de leur remise en y apposant sa signature. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement n° 604/2013 doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel () est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été reçue en entretien le 7 juillet 2022. Cet entretien s'est déroulé en langue française que l'intéressée a déclaré comprendre et a été conduit par un agent de la préfecture de la Haute-Garonne, lequel était qualifié en vertu du droit national. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'entretien ne se serait pas tenu dans le respect des prescriptions susvisées ou que la requérante n'aurait pas été mise à même de présenter toutes les observations utiles sur sa situation personnelle. Dès lors, le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article 5 précité doit être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes du paragraphe 2 de l'article 7 du règlement (CE) n° 604/2013 du Conseil du 26 juin 2013 " la détermination de l'Etat membre responsable en application des critères énoncés dans le présent chapitre se fait sur la base de la situation qui existait au moment où le demandeur a introduit sa demande de protection internationale pour la première fois auprès d'un Etat membre ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 13 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Lorsqu'il est établi [] que le demandeur a franchi irrégulièrement, par voie terrestre, maritime ou aérienne, la frontière d'un État membre dans lequel il est entré en venant d'un État tiers, cet État membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. Cette responsabilité prend fin douze mois après la date du franchissement irrégulier de la frontière ". Aux termes de l'article 18 du même règlement : " 1. L'Etat membre responsable en vertu du présent règlement est tenu de : a) prendre en charge, dans les conditions prévues aux articles 21, 22 et 29, le demandeur qui a introduit une demande dans un autre Etat membre ; b) de reprendre en charge, dans les conditions prévues aux articles 23, 24, 25 et 29, le demandeur dont la demande est en cours d'examen et qui a présenté une demande auprès d'un autre Etat membre () ". Aux termes de l'article 22 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. L'État membre requis procède aux vérifications nécessaires et statue sur la requête aux fins de prise en charge d'un demandeur dans un délai de deux mois à compter de la réception de la requête. () 6. Si l'État membre requérant a invoqué l'urgence conformément aux dispositions de l'article 21, paragraphe 2, l'État membre requis met tout en œuvre pour respecter le délai demandé. Exceptionnellement, lorsqu'il peut être démontré que l'examen d'une requête aux fins de prise en charge d'un demandeur est particulièrement complexe, l'État membre requis peut donner sa réponse après le délai demandé, mais en tout état de cause dans un délai d'un mois. Dans ce cas, l'État membre requis doit informer l'État membre requérant dans le délai initialement demandé qu'il a décidé de répondre ultérieurement. / 7. L'absence de réponse à l'expiration du délai de deux mois mentionné au paragraphe 1 et du délai d'un mois prévu au paragraphe 6 équivaut à l'acceptation de la requête et entraîne l'obligation de prendre en charge la personne concernée, y compris l'obligation d'assurer une bonne organisation de son arrivée. ". L'article 25 de ce règlement énonce enfin que : " 1. L'État membre requis procède aux vérifications nécessaires et statue sur la requête aux fins de reprise en charge de la personne concernée aussi rapidement que possible et en tout état de cause dans un délai n'excédant pas un mois à compter de la date de réception de la requête. Lorsque la requête est fondée sur des données obtenues par le système Eurodac, ce délai est réduit à deux semaines. 2. L'absence de réponse à l'expiration du délai d'un mois ou du délai de deux semaines mentionnés au paragraphe 1 équivaut à l'acceptation de la requête, et entraîne l'obligation de reprendre en charge la personne concernée, y compris l'obligation d'assurer une bonne organisation de son arrivée. ".

10. Mme A soutient que les autorités italiennes auraient dû être saisies d'une demande de prise en charge au regard du critère prévue par l'article 13.1 du règlement (UE) n° 604/2013 et non d'une demande de reprise en charge, que le préfet aurait ainsi dû fonder sa décision sur l'article 22 de ce règlement et non sur son article 25 et qu'il aurait dès lors entaché sa décision d'une erreur de droit et d'un vice de procédure en raison de ce que l'accord implicite des autorités italiennes serait intervenu avant l'expiration du délai de deux mois prévu par les dispositions de l'article 22. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du relevé Eurodac, que Mme A a introduit une demande d'asile en Italie le 7 décembre 2021, après avoir fait l'objet d'un contrôle de police aux frontières de ce pays ayant donné lieu à un relevé de ses empreintes le 13 novembre 2021. Par suite, la première demande d'asile de la requérante ayant été déposée en Italie, et la détermination de l'Etat membre en principe responsable de l'examen de la demande de protection internationale s'effectuant une fois pour toutes lors de la première demande d'asile et au vu de la situation existant à cette date, il appartenait au préfet d'adresser une demande de reprise en charge aux autorités italiennes. Par conséquent, le critère de franchissement d'une frontière d'un Etat membre prévu par l'article 13.1 du règlement du 26 juin 2013 ne pouvait en l'espèce s'appliquer et justifier le transfert de l'intéressée en Italie pour l'examen d'une demande d'asile déposée en France. Dès lors, le préfet, en considérant que Mme A devait faire l'objet d'une demande de reprise en charge aux autorités italiennes en application du b (en cas d'examen en cours de la demande d'asile déposée) du 1 de l'article 18 du règlement et en fondant, après avoir constaté un accord implicite de ces autorités intervenu le 6 août 2022, sa décision de transfert sur l'article 25 de ce même règlement et non sur son article 22, n'a commis ni erreur de droit ni vice de procédure. Les moyens invoqués à cet égard doivent donc être écartés.

11. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. / 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. (). "

12. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet se serait estimé lié par la circonstance que l'examen de la demande d'asile relevait des autorités italiennes et qu'il n'aurait pas exercé son pouvoir d'appréciation avant de décider de transférer Mme A sans lui faire application des clauses dérogatoires prévues par les dispositions précitées.

13. D'autre part, Mme A soutient qu'elle présente des problèmes de santé lui occasionnant d'importantes douleurs au dos et au ventre, qu'elle est attendue pour un rendez-vous médical le 29 août 2022, qu'elle n'a bénéficié d'aucun suivi médical lors de son séjour en Italie, qu'un transfert vers ce pays conduirait à l'interruption brutale du suivi mis en place en France et engendrerait des conséquences néfastes sur son état de santé. Toutefois, au regard des éléments versés au dossier, rien ne permet de supposer que l'état de santé de Mme A présenterait un tel niveau de gravité qu'il s'opposerait à son transfert ou qu'elle ne pourrait pas bénéficier des soins appropriés en Italie. Par ailleurs, la circonstance qu'elle risquerait de se heurter à la barrière de la langue en cas de transfert en Italie ne suffit pas à établir qu'en ne dérogeant pas aux critères de détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile et en prononçant son transfert aux autorités italiennes, le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

14. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 17 août 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a décidé de son transfert aux autorités italiennes.

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

15. En premier lieu, l'arrêté contesté comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et précise notamment que Mme A fait l'objet d'une décision de transfert aux autorités italiennes dont l'exécution demeure une perspective raisonnable, eu égard à l'accord de transfert des autorités italiennes du 6 août 2022, valable six mois. Cet arrêté est, par suite, suffisamment motivé.

16. En second lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision prononçant le transfert aux autorités italiennes de Mme A doit être écarté.

17. En troisième et dernier lieu, l'accord implicite des autorités italiennes en date du 6 août 2022 étant valide pour une période de six mois, l'autorité préfectorale a pu légalement considérer que l'exécution de la mesure d'éloignement demeurait une perspective raisonnable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 17 août 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a assignée à résidence.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'injonction et à l'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'État, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Mercier la somme réclamée en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à Me Mercier et au préfet de la Haute-Garonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 202Le magistrat désigné,

B. D Le greffier,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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