mercredi 20 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2204905 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LASPALLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 août et le 10 novembre 2022, M. B A, représenté par la SELARL Sylvain Laspalles, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 12 juillet 2022 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir les conditions matérielles d'accueil à son profit dans le délai de huit jours à compter de la date de notification du jugement et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure de faire valoir ses observations ;
- aucun examen de sa vulnérabilité n'est intervenu ;
- l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est cru à tort en situation de compétence liée ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 20 de la directive du parlement européen et du conseil du 26 juin 2023 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ainsi que les dispositions des articles L. 551-15, L. 551-16, L. 741-1 et L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle.
Par un mémoire enregistré le 29 mai 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les conditions matérielles d'accueil ont été rétablies au profit de M. A avec effet rétroactif, en exécution du jugement du tribunal administratif de Toulouse du 6 avril 2023.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 mars 2023.
Par une ordonnance du 3 juin 2024, la clôture d'instruction a été reportée au 5 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Préaud a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 2 novembre 1993, a présenté une demande d'asile en France le 5 octobre 2020, enregistrée selon la procédure prévue aux articles L. 742-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais prévue aux articles L. 571-1 et suivants du même code. Il a, le même jour, accepté l'offre de prise en charge qui lui était proposée et bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Par deux arrêtés du 4 novembre 2020, le préfet de la Haute-Garonne a décidé son transfert aux autorités espagnoles responsables de l'examen de sa demande d'asile et l'a assigné à résidence. Par un jugement n° 2005615 du 12 novembre 2020, le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulouse a confirmé la légalité de ces arrêtés. Par une décision du 4 juin 2021, le directeur territorial de l'Office français de protection de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis totalement fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. A. Par une décision du 12 juillet 2022, il a rejeté la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil présentée par M. A le 1er juillet 2022. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision du 12 juillet 2022.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 mars 2023. Par suite, ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
3. Aux termes de l'article L. 551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente. " Aux termes de l'article L. 551-13 du même code : " Le versement de l'allocation pour demandeur d'asile prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2. () " Aux termes de l'article L. 542 de ce code, dans sa version applicable à la date de la décision de la décision attaquée : " () Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. "
4. Par un jugement n° 2103755 du 6 avril 2023, devenu définitif, le tribunal administratif de Toulouse a annulé la décision du 4 juin 2021 par laquelle le directeur territorial de l'OFII a mis fin au conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. A et a enjoint à l'OFII de rétablir ce bénéfice, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait s'y opposant.
5. Il résulte de l'instruction, qu'en exécution de ce jugement, l'OFII a rétabli les conditions matérielles d'accueil au bénéfice de M. A pour les périodes allant du 1er juin au 1er juillet 2021 et du 28 juin 2022 au 28 février 2023, la demande d'asile de M. A ayant été rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 13 février 2023, notifiée le 22 février suivant. Par ailleurs, M. A n'a présenté sa demande de rétablissement, dépourvue de caractère rétroactif, que le 1er juillet 2022. La décision du 12 juillet 2022 rejetant cette demande de rétablissement a ainsi implicitement mais nécessairement été retirée et M. A a perçu les conditions matérielles d'accueil pour la période allant, au moins, de sa demande de rétablissement à la fin du mois au cours duquel il a perdu le droit de se maintenir sur le territoire français. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 12 juillet 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. La décision juridictionnelle constatant qu'il n'y a plus lieu de statuer sur des conclusions à fin d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'OFII la somme sollicitée par le requérant sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 12 juillet 2022.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Viseur-Ferré, présidente,
Mme Péan, conseillère,
Mme Préaud, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2024.
La rapporteure,
L. PRÉAUDLa présidente,
C. VISEUR-FERRÉ
La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026