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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2204928

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2204928

vendredi 23 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2204928
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantMAGRINI AVOCATS

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 août 2022 et le 2 mars 2023 sous le n° 2204928, M. F I et Mme B D, représentés par Me Dupas, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 février 2022 par lequel le maire de la commune de Montrabé a délivré à la société Groupe Promomidi un permis de construire, valant permis de démolir, en vue de la construction de 29 logements sur un terrain sis 15/17 chemin de Tomberoussy à Montrabé, ensemble la décision du 23 juin 2022 portant rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Montrabé la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le dossier de permis de construire est incomplet dès lors que le document d'insertion ne permet pas d'apprécier l'insertion du projet par rapport à leur maison ;

- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que la voie d'accès au projet est dangereuse et que le projet, qui comporte 29 logements et 55 places de stationnement, va générer un trafic de véhicules important sur le chemin de Tomberoussy, ce qui présente un risque pour la sécurité publique ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, le projet ayant pour effet de densifier le secteur de manière excessive ;

- il méconnaît le préambule de la zone UC du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé dès lors qu'il entraîne une densification excessive du secteur ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé dès lors que le projet ne comprend pas une surface d'accueil des deux-roues suffisante ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé, la suppression de 18 arbres dans le cadre du projet n'étant pas justifiée.

Par des mémoires, enregistrés le 24 novembre 2022 et le 24 janvier 2023, la commune de Montrabé et la société anonyme (SA) Groupe Promomidi, représentées par Me Magrini, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 24 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 6 mars 2023.

II. Par une requête, enregistrée le 26 août 2022 sous le n° 2205055, M. G C et Mme E H, représentés par Me Ramondenc, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 février 2022 par lequel le maire de la commune de Montrabé a délivré à la société Groupe Promomidi un permis de construire, valant permis de démolir, en vue de la construction de 29 logements sur un terrain sis 15/17 chemin de Tomberoussy à Montrabé, ensemble la décision du 23 juin 2022 portant rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Montrabé la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la qualité du pétitionnaire pour déposer la demande de permis de construire n'est pas établie dès lors que le formulaire Cerfa de demande de permis de construire n'est pas signé ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des articles R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors qu'il ne mentionne pas la présence d'arbres remarquables au Nord du terrain d'assiette du projet et que le document graphique ne permet pas d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes ;

- le projet méconnaît le préambule de la zone UC du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé dès lors qu'il entraîne une densification excessive du secteur ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 3.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé dès lors que le chemin de Tomberoussy n'est pas susceptible d'absorber le trafic supplémentaire généré par le projet et qu'il n'est pas adapté au passage des véhicules de lutte contre l'incendie ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 3.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé, aucun trottoir pour les piétons n'étant prévu le long de la voie située au nord du projet et desservant les bâtiments A et B ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 3.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé dès lors que, d'une part, la voie interne en impasse située au nord mesure plus de 80 mètres de longueur et que d'autre part, les voies internes en impasse du projet ne comportent aucun dispositif de retournement ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 11.3.5 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé dès lors qu'aucun élément du dossier de demande ne permet de vérifier que la pente des toitures est comprise entre 30% et 35% ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 12.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé, le projet ne comprenant pas une surface d'accueil des deux-roues suffisante ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 13.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé dès lors que l'aire de stationnement située au nord du projet est d'un seul tenant et ne comporte pas d'aménagement paysager permettant de constituer des éléments de rupture ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors que les deux immeubles collectifs et les villas ne s'insèrent pas dans le secteur boisé et composé de maisons individuelles ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme dès lors que la construction de villas au Sud-Ouest du terrain d'assiette du projet et l'utilisation de l'espace boisé classé comme espace collectif est de nature à compromettre sa conservation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2022, la commune de Montrabé et la société anonyme (SA) Groupe Promomidi, représentées par Me Magrini, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 6 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 avril 2023.

Par un courrier du 30 mars 2023, les parties ont été informées, sur le fondement des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la tardiveté du recours en raison de l'absence de prorogation du délai de recours contentieux faute de preuve de la notification du recours gracieux en date du 26 avril 2022 au pétitionnaire dans les conditions prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire, enregistré le 5 avril 2023, M. et Mme C ont présenté des observations sur le moyen susceptible d'être relevé d'office, communiqué par le tribunal.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Rousseau,

- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public,

- les observations de Me Dupas, représentant M. I et Mme D,

- et les observations de Me Got, représentant la commune de Montrabé et la société groupe Promomidi.

Considérant ce qui suit :

1. La société Groupe Promomidi a déposé le 29 octobre 2021 une demande de permis de construire, valant permis de démolir, en vue de la réalisation d'un ensemble d'habitations en R+1 comprenant un immeuble de 17 logements et 12 maisons d'habitation sur un terrain sis 15/17 chemin de Tomberoussy à Montrabé (Haute-Garonne). Par un arrêté du 28 février 2022, le maire de la commune de Montrabé a délivré l'autorisation sollicitée. Par un courrier du 25 avril 2022, M. I et Mme D ont formé un recours gracieux contre cette autorisation, qui a été rejeté par une décision du 23 juin 2022. Par un courrier du 26 avril 2022, M. C et Mme H ont formé un recours gracieux contre cette autorisation, qui a été rejeté par une décision du 23 juin 2022. Par un arrêté du 18 juillet 2022, la commune de Montrabé a accordé au Groupe Promomidi un permis de construire modificatif. Par les présentes requêtes, M. I, Mme D, M. C et Mme H demandent l'annulation du permis de construire accordé le 28 février 2022 et des décisions rejetant leurs recours gracieux. Les requêtes susvisées sont dirigées contre la même décision portant autorisation de construire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux () ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " La demande de permis de construire précise : / a) L'identité du ou des demandeurs (). / La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis. ".

3. Il résulte de ces dispositions que, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme selon laquelle il remplit les conditions fixées par l'article R. 423-1 du même code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande.

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. G A, représentant la société Groupe Promomidi, a signé électroniquement le formulaire Cerfa permettant d'attester de sa qualité pour demander la délivrance du permis de construire conformément aux dispositions de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré du défaut de qualité du pétitionnaire doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu () ".

6. D'une part, le plan de masse joint au dossier de permis de construire fait apparaître les dix-huit arbres supprimés dans le cadre du projet. D'autre part, si les requérants soutiennent que le projet emporte la suppression d'arbres remarquables au nord de la parcelle, ils ne l'établissent pas par la seule production d'une photographie aérienne, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que ces arbres, qui ne sont pas situés dans un espace boisé classé, feraient l'objet d'une protection particulière par le plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; () ".

8. Les requérants font valoir que le projet architectural est insuffisant dès lors que le document d'insertion ne permet pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement notamment par rapport aux constructions avoisinantes. Si le document d'insertion joint au dossier de demande de permis de construire ne faisait apparaître qu'une partie du projet, le dossier de demande de permis de construire modificatif comporte un nouveau document d'insertion réalisé à partir d'une vue aérienne qui permet d'apprécier l'insertion de l'intégralité du projet dans son environnement, et notamment au regard des maisons des requérants qui apparaissent sur ce document. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes du préambule de la zone UC du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé : " Un secteur UCa distingue un secteur de la zone UC à préserver dans un intérêt paysager de toute densification excessive ".

10. Le préambule de la zone UC du plan local d'urbanisme de Montrabé ne comporte aucune disposition de portée réglementaire qui puisse être opposée à une demande de permis de construire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ce préambule doit être écarté comme inopérant.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article UC 3.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé : " Dispositions générales / Les dimensions, formes et caractéristiques techniques de voies publiques et privées doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent ou aux opérations qu'elles doivent desservir ainsi qu'à l'approche des véhicules de lutte contre l'incendie et d'enlèvement des déchets urbains ". Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

12. Il ressort des pièces du dossier que l'accès du projet au chemin de Tomberoussy se fait par une voie interne d'une largeur supérieure à 5 mètres, qui présente ainsi une largeur suffisante et proportionnée à l'importance du projet. Cet accès est en retrait de 5 mètres de la voie publique, ce qui sécurise les entrées et sorties de véhicules, et présente une bonne visibilité sur le chemin de Tomberoussy. Si les requérants font par ailleurs état d'un risque quant aux conditions de circulation sur le chemin de Tomberoussy en raison de l'accroissement du nombre de véhicules induit par le projet, il n'est pas établi que cette voie, qui est relativement rectiligne au niveau du projet et d'une largeur de plus de cinq mètres, ne pourrait absorber le trafic résultant du projet contesté, ni qu'elle ne serait pas adaptée au passage des véhicules d'incendie et de secours. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 3.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article UC 3.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé : " Dans les opérations d'ensemble, toutes les voies publiques ou privées structurantes doivent prévoir l'aménagement de trottoirs pour les piétons () ".

14. Il ne ressort pas des différents plans joints au dossier de permis de construire que les deux voies internes de l'ensemble immobilier autorisé, qui permettent la desserte des différents bâtiments du projet, et notamment le bâtiment collectif, constitueraient des voies privées structurantes au sens des dispositions précitées. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le projet méconnaît les dispositions précitées de l'article UC 3.2.2 du PLU de Montrabé.

15. En septième lieu, aux termes de l'article UC 3.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé : " . Les voies nouvelles publiques ou privées susceptibles d'être ouvertes à la circulation publique sont soumises aux conditions minimales suivantes : () / Pour les voies en impasse : / - la longueur totale de ces voies en impasse ne peut excéder 80 mètres, y compris le dispositif terminal de retournement, sauf si elles sont conçues pour être ultérieurement raccordées à des voies existantes ou projetées, / - il doit être aménagé dans la partie terminale des voies en impasse un dispositif de retournement d'un diamètre extérieur compatible avec les règles de sécurité : défense contre l'incendie, protection civile, ".

16. Les requérants ne peuvent utilement soutenir que la voie interne en impasse située au nord du terrain d'assiette mesure plus de 80 mètres de longueur et que les voies internes en impasse du projet ne comportent aucun dispositif de retournement, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article UC 3.2.3 du plan local d'urbanisme de Montrabé, dès lors que ces dispositions ne sont applicables qu'aux voies susceptibles d'être ouvertes à la circulation publique.

17. En huitième lieu, aux termes de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé : " () 1 - Conditions générales / Pour être autorisé, tout projet de construction nouvelle ou d'aménagement de construction déjà existante, doit garantir : / - le respect des conditions satisfaisantes en matière de salubrité, de commodité, d'ensoleillement et d'aspect général, / - une bonne adaptation au sol, la préservation de l'environnement, celle du caractère, de l'intérêt et de l'harmonie des lieux ou paysages avoisinants (sites naturels, urbains, perspectives monumentales), celle de la nature du village existant, celle enfin du caractère de la région, sans exclure une architecture contemporaine bien intégrée, / - la recherche d'une certaine unité de style, de forme, de volume, de proportions de matériaux, de couleurs, / Les matériaux pour les façades et les toitures sont ceux décrits aux alinéas 2 et 3 ci-dessous, toutefois, d'autres matériaux sont autorisés, si l'architecture du bâtiment exige un autre matériau et s'ils garantissent une parfaite intégration à l'environnement et au site, et dans le cas de mise en œuvre de dispositifs liés au développement durable utilisant des bio-technologies ou favorisant les économies d'énergies et des ressources naturelles (toitures végétales). Tout projet entrant dans ce cadre doit comporter l'étude précise de ces ouvrages et une présentation du traitement envisagé. / Dans tous les cas, l'aspect extérieur des constructions et l'intégration au site demeurent soumis aux dispositions de l'article R-111-21 du Code de l'Urbanisme ". Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

18. Les requérants soutiennent que le projet litigieux, qui comprend deux bâtiments collectifs et 12 maisons individuelles, n'a pas vocation à s'intégrer dans un environnement faiblement densifié à caractère pavillonnaire. Il ressort des pièces du dossier que le quartier dans lequel est implanté le projet est composé de maisons individuelles et d'immeubles en R+1 similaires en termes de gabarit aux constructions projetées, et ne présentant pas d'unité architecturale particulière. Si M. et Mme C font valoir que le choix de la société pétitionnaire d'utiliser des matériaux modernes comme le PVC constitue un élément supplémentaire démontrant que l'architecture du projet n'a pas été conçue pour s'insérer dans son environnement, il ressort notamment des clichés photographiques produits par la commune que des maisons se situant dans l'environnement proche du projet comportent des menuiseries en PVC. Ainsi, eu égard à ses caractéristiques et à ses dimensions, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des documents d'insertion joints au dossier de permis de construire modificatif, que le projet porterait atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en autorisant le projet, le maire de Montrabé a méconnu les dispositions précitées des articles R. 111-27 du code de l'urbanisme et UC 11 du plan local d'urbanisme.

19. En neuvième lieu, aux termes de l'article UC 11.3.5 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé : " () 3 - Toitures () / 3.5. Pour les toitures en tuile, la pente doit être comprise entre 30 % et 35 % ".

20. Il ressort des pièces du dossier et notamment du plan de masse joint au dossier de permis de construire initial que la pente des toitures des constructions projetées est de 35 % et qu'elle respecte ainsi les dispositions précitées. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit, dès lors, être écarté.

21. En dixième lieu, aux termes de l'article UC 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé : " () 2 - Stationnement des bicyclettes et des deux roues / 2.1. Habitation / Il est exigé une surface d'accueil des bicyclettes d'au moins 1 m² par logement de moins de 3 pièces et une surface de 1,5 m² par logement de 3 pièces et plus () ".

22. Le projet autorisé, qui porte sur la réalisation de deux bâtiments comportant un total de 17 logements et de 12 maisons individuelles de trois pièces et plus, nécessite la réalisation, en application des dispositions précitées, d'une surface d'accueil des deux-roues de 25,5 m2 s'agissant de l'immeuble collectif, et de 18 m2 pour les habitations individuelles, soit une surface d'accueil totale de 43,5 m². Il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a prévu, d'une part, la réalisation à l'entrée du terrain d'un local à vélos de 25,5 m2 pour les habitants de l'immeuble collectif, et, d'autre part, d'inclure les places de stationnement des vélos dans les garages des maisons individuelles. Ainsi, et alors que les dispositions précitées ne s'opposent pas à une telle répartition et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que les dimensions des garages seraient insuffisantes pour accueillir les places de stationnement des deux-roues, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UC 12 du plan local d'urbanisme doit être écarté.

23. En onzième lieu, aux termes de l'article UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Montrabé : " 1. Espaces boisés et plantations existantes / Les espaces boisés, arbres isolés ou alignement d'arbres existants sont à conserver et à protéger. / Tout arbre abattu et détérioré, pour des raisons justifiées, doit être remplacé. () / 3. Plantations sur les aires de stationnement non couvertes / Les aires de stationnement doivent être plantées à raison d'un arbre pour quatre emplacements de voiture d'une même variété de haute tige. / En complément, il conviendra de rechercher des aménagements capables d'atténuer le caractère utilitaire du stationnement et d'éviter les grandes surfaces de parcage d'un seul tenant. La conception d'ensemble doit faire une large part à l'ornementation, arbustes, jardinières, mobilier de repos et tous ornements pouvant constituer des éléments de rupture. Tout projet doit comporter une présentation des aménagements envisagés ".

24. D'une part, il ressort des pièces du dossier de permis de construire modificatif que le projet emporte la suppression de 18 arbres, situés au niveau des constructions envisagées, et qui seront, conformément aux dispositions précitées, remplacés. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions précitées ont été méconnues faute pour le dossier de permis de construire de justifier des raisons de la suppression des arbres présents sur le terrain d'assiette du projet. D'autre part, les 22 places de stationnement aériennes prévues au nord du terrain d'assiette ne sont pas, contrairement à ce qu'affirment les requérants, réunies en une surface de parcage d'un seul tenant, mais sont bordées de végétation et entourées d'arbres, alors que 13 d'entre elles sont réalisées en dalle gazon, ce qui constitue autant d'éléments de rupture au sens des dispositions précitées de l'article UC 13, qui n'ont ainsi pas été méconnues.

25. En douzième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme : " Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements () ".

26. Il ressort des pièces du dossier que la partie sud-ouest du terrain d'assiette du projet est classée en espace boisé au sens des dispositions précitées. D'une part, il n'est pas établi que les travaux de construction des villas H, G et F à proximité de cet espace boisé classé seraient susceptibles d'endommager les racines des arbres les plus proches. D'autre part, la circonstance qu'une partie de cet espace boisé classé soit affectée à l'usage collectif des résidents de l'ensemble immobilier n'a pas nécessairement pour effet d'en compromettre la conservation. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

27. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Montrabé et la société Groupe Promomidi, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 28 février 2022 par lequel le maire de Montrabé a délivré à la société groupe Promomidi un permis de construire, ainsi que de la décision de rejet de leur recours gracieux.

Sur les frais liés au litige :

28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montrabé, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes demandées par les requérants au titre des frais exposés par eux.

29. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. I et Mme D la somme totale de 1 000 euros à verser à la commune de Montrabé et à la société Groupe Promomidi sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

30. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C et Mme H la somme totale de 1 000 euros à verser à la commune de Montrabé et à la société Groupe Promomidi sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes enregistrées sous les n°s 2204928 et 2205055 sont rejetées.

Article 2 : M. I et Mme D verseront la somme totale de 1 000 euros à la commune de Montrabé et à la société Groupe Promomidi.

Article 3 : M. C et Mme J C verseront la somme totale de 1 000 euros à la commune de Montrabé et à la société Groupe Promomidi.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F I, à Mme B D, à M. G C, à Mme E H, à la commune de Montrabé et à la société anonyme (SA) Groupe Promomidi.

Délibéré après l'audience du 9 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

Mme Rousseau, conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2023.

La rapporteure,

M. ROUSSEAU

La présidente,

V. POUPINEAULa greffière,

B. RODRIGUEZ

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

N°s 2204928-2205055

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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