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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2204959

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2204959

vendredi 4 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2204959
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMERCIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 août 2022 et des pièces enregistrées le 12 octobre 2022, M. A E, représenté par Me Mercier, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 2 août 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français jusqu'à la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, et lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, le versement de cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur auteur ;

- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet s'étant estimé lié par la décision de rejet de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de ses conséquences sur sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît son droit au maintien sur le territoire pendant la procédure d'asile et son droit au recours effectif en matière d'asile ;

- le droit interne est contraire sur ce point à l'article 46 de la directive (UE) 2013/32/UE, aux articles 18 et 47 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et aux articles 6 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est privée de base légale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la demande de suspension de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il présente des éléments sérieux de nature à justifier son maintien sur le territoire français durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,

- la directive 2013/32/UE du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. F,

- les observations de Me Mercier, représentant M. E, qui renonce aux conclusions à fin de suspension de l'obligation de quitter le territoire français, car le requérant s'est vu notifier le 31 août 2022 une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile rejetant son recours, et conclut, pour le reste, aux mêmes fins par les mêmes moyens en précisant notamment que M. E n'a pas pu expliquer devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides les raisons de son départ d'Albanie et leurs liens avec la disparition de sa conjointe depuis plusieurs mois, car il n'a pu s'exprimer sur ces faits que pendant seulement huit minutes trente si on enlève le temps de traduction,

- les observations de M. E, assisté de Mme B, interprète en albanais, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, né le 25 juin 1971 à Tirane (Albanie), a déclaré être entré sur le territoire français le 15 octobre 2021 et a sollicité son admission au bénéfice de l'asile le 21 octobre 2021. Le 29 avril 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande. Par un arrêté du 2 août 2022 le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

3. En premier lieu, par un arrêté du 6 avril 2022 publié au recueil administratif le même jour, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme D, directrice des migrations et de l'intégration, et, en cas d'absence ou d'empêchement, à Mme C, son adjointe, pour signer les mesures d'éloignement et les décisions les assortissant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté doit être écarté comme manquant en fait.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il précise que M. E a déclaré être entré sur le territoire français le 15 octobre 2021 et retrace le parcours de sa demande d'asile, rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 29 avril 2022. Le préfet indique que l'intéressé ne bénéficie plus du droit au maintien sur le territoire français en application des dispositions du d) du 1° de l'article L. 542-2 du même code. L'arrêté contesté précise que s'il se déclare marié, sa conjointe ressortissante albanaise fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables, compte-tenu notamment du fait qu'il a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de cinquante ans, et que dans ces conditions, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et à sa vie familiale. En outre, le préfet mentionne que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi, l'arrêté attaqué comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions contestées doit être écarté.

5. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation particulière du requérant.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, aux termes des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / () ".

7. Il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué ni des pièces du dossier que l'autorité préfectorale se serait considérée liée par le rejet de la demande d'asile de M. E. Par suite, la décision n'est pas entachée d'une méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

9. M. E n'est présent en France que depuis le 15 octobre 2021 où il a été autorisé à séjourner pour le temps de l'examen de sa demande d'asile. S'il se prévaut de la présence en France de ses enfants, il ressort tant des pièces du dossier, et notamment de son récit de vie, que de ses déclarations à l'audience, qu'il est séparé de leur mère depuis environ dix ans et qu'il n'entretient aucune relation d'une particulière intensité avec eux. En outre, il ne fait état d'aucun élément de nature à attester d'une intégration particulière sur le territoire français. Enfin, si le requérant soutient avoir quitté son pays en raison des risques encourus du fait de son appartenance à la communauté rom, et notamment des risques de violences auxquels il serait exposé de la part de membres de la famille de sa nouvelle compagne en raison de leur opposition à cette relation, une telle circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, laquelle n'a pas pour objet de fixer par elle-même le pays de destination. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision en cause porterait une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaîtrait, par suite, les stipulations précitées. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir que ladite décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de ses conséquences sur sa situation.

10. En troisième lieu, selon l'article 18 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Le droit d'asile est garanti dans le respect des règles de la convention de Genève du 28 juillet 1951 et du protocole du 31 janvier 1967 relatifs au statut des réfugiés et conformément au traité sur l'Union européenne et au traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (ci-après dénommés "les traités") ". Selon l'article 47 de la même charte : " Toute personne dont les droits et libertés garantis par le droit de l'Union ont été violés a droit à un recours effectif devant un tribunal dans le respect des conditions prévues au présent article. / Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant et impartial, établi préalablement par la loi. Toute personne a la possibilité de se faire conseiller, défendre et représenter. () " Selon l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. () ". Et selon l'article 13 de cette convention : " Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente Convention ont été violés, a droit à l'octroi d'un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l'exercice de leurs fonctions officielles ". Enfin, selon l'article 46 de la directive 2013/32/UE : " 3. Pour se conformer au paragraphe 1, les États membres veillent à ce qu'un recours effectif prévoie un examen complet et ex nunc tant des faits que des points d'ordre juridique, y compris, le cas échéant, un examen des besoins de protection internationale en vertu de la directive 2011/95/UE, au moins dans le cadre des procédures de recours devant une juridiction de première instance. ".

11. Le droit à un recours effectif prévu par le droit de l'Union européenne n'implique pas nécessairement que le demandeur ait le droit de se maintenir sur le territoire de l'État membre dans l'attente de l'issue du recours juridictionnel formé contre la décision rejetant sa demande de protection internationale, mais implique seulement, lorsque cette décision a pour conséquence de mettre un terme à son droit au séjour dans l'État membre, qu'une juridiction décide s'il peut se maintenir sur le territoire de cet État. Il résulte des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que, s'il ne bénéficie pas du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur son recours, un ressortissant étranger issu d'un pays d'origine sûr dont la demande d'asile a été rejetée selon la procédure accélérée, peut contester l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Ce recours présente un caractère suspensif et le juge saisi a la possibilité, le cas échéant, de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement et de permettre ainsi à l'étranger de demeurer sur le territoire jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur son recours. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux ou les textes de droit interne sur lesquels il se fonde seraient contraires aux articles 6 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, aux articles 18 et 47 précités de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ou encore à l'article 46 précité de la directive 2013/32/UE.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

12. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'intéressé n'est pas fondé à se prévaloir de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi de la mesure d'éloignement.

13. En second lieu, selon l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Et selon l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

14. M. E soutient qu'en cas de retour dans son pays d'origine, l'Albanie, il serait exposé à des risques de persécutions de la part de membres de la famille de sa compagne en raison notamment de leur opposition à cette relation du fait de son appartenance à la communauté rom et de la tradition issue du Kanoun selon laquelle seule la famille choisit le futur époux d'une femme. Il a également été soutenu à l'audience que la compagne du requérant aurait disparu le 17 mai 2022 alors qu'ils vivaient ensemble dans un centre d'accueil de demandeurs d'asile et que sa famille serait venue la chercher pour la faire interner dans un hôpital psychiatrique en Albanie. Au soutien de ses allégations, le requérant produit divers rapports et articles qui se bornent à relater, en des termes généraux, la situation des roms en Albanie. En outre, si l'intéressé se prévaut d'une attestation du comité de réconciliation nationale d'Albanie datée du 2 septembre 2022, relatif au risque pour sa vie compte-tenu d'une vendetta de la part de la famille de sa compagne, ce document, dont l'authenticité n'est pas garantie dès lors notamment que le requérant n'en produit qu'une traduction, qui ne donne aucune indication concrète ou témoignage circonstancié sur la situation actuelle de l'intéressé, et qui comporte des contradictions avec ses déclarations, n'apparaît pas suffisamment étayé pour établir la réalité des risques allégués. Par ces seuls éléments non circonstanciés, M. E n'établit pas qu'il serait personnellement exposé à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, le requérant, dont la demande d'asile a été au demeurant rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile, n'est pas fondé à soutenir qu'en fixant l'Albanie comme pays de renvoi, le préfet aurait méconnu les stipulations et dispositions précitées.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 2 août 2022.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

16. Le présent jugement rejette les conclusions à fin d'annulation et n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte sont rejetées.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme réclamée par l'intéressé au titre des frais exposés non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er: M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à Me Mercier et au préfet de la Haute-Garonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2022,

Le magistrat désigné,

B. F Le greffier,

B. GALAND

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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