LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2205045

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2205045

mardi 18 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2205045
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantPIERROT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 août 2022, régularisée le 26 août 2022, des pièces, un mémoire et de nouvelles pièces, enregistrés les 30 août 2022 et 25 mai et 5 juin 2023, M. E B, représenté par Me Pierrot, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du préfet de la Haute-Garonne en date du 23 août 2022 portant obligation de quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois suivant la décision à intervenir et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative ;

3°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision du préfet de la Haute-Garonne en date du 23 août 2022 portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;

4°) à titre infiniment subsidiaire, d'annuler la décision du préfet de la Haute-Garonne en date du 23 août 2022 portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ainsi que son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

L'ensemble des décisions attaquées :

- sont insuffisamment motivées ;

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'une incompétence de son signataire ;

- méconnaît son droit d'être entendu ;

- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 611-1 § 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en tant que l'autorité préfectorale a estimé que son comportement constituait une menace pour l'ordre public ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- compte tenu de la mesure de contrôle judiciaire comportant une interdiction de sortie du territoire national dont il fait l'objet depuis sa levée d'écrou, une obligation de quitter le territoire français ne pouvait en tout état de cause être prise à son encontre, sauf en méconnaissance du principe de séparation des autorités administratives et judiciaires et de la présomption d'innocence ;

- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

La décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- est privée de base légale ;

- méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- est entachée d'une incompétence de son signataire ;

- est privée de base légale ;

- porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 7 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 21 juin 2023 à 12 h 00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Truilhé,

- et les observations de Me Nabet-Martin, substituant Me Pierrot, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. E B, ressortissant ivoirien né le 22 octobre 1994 à Abidjan (Côte d'Ivoire), déclare être entré en France le 19 septembre 2008, dans des conditions indéterminées. Par un arrêté du 23 août 2022, le préfet de la Haute-Garonne, sur le fondement des dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, aux motifs que son comportement représente une menace pour l'ordre public, que s'il déclare être en couple avec une réfugiée irakienne résidant en région parisienne avec qui il n'a pas d'enfant, il indique habiter chez son père et parfois chez sa grand-mère, qu'il ne justifie d'aucune circonstance particulière justifiant l'octroi d'un délai de départ volontaire alors qu'il ne peut justifier d'une entrée régulière en France, qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il a déclaré son intention de ne pas se conformer à une mesure d'éloignement, qu'il ne possède pas de garantie de représentation, qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qu'il n'établit pas être exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la même convention en cas de retour dans son pays d'origine. Le requérant demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

2. Il résulte de la motivation des décisions attaquées, telle que décrite au point 1 du présent jugement, que celle-ci comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, par un arrêté du 6 avril 2022, publié au recueil des actes administratifs spécial du préfet de la Haute-Garonne le même jour, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation de signature à Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer, notamment, les décisions établies en matière de police des étrangers, en particulier les décisions d'éloignement et les décisions les assortissant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union () ".

5. Si les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union européenne, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

6. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal de son audition par les services de la police aux frontières de Toulouse en date du 29 juin 2022, que lors de son incarcération à la maison d'arrêt de Seysses (Haute-Garonne), M. B a été interrogé sur son identité, les raisons de son départ de son pays d'origine et son parcours, sa situation familiale, administrative, ses moyens de subsistance, a été informé qu'une décision d'éloignement était susceptible d'être prise à son encontre et a été invité à présenter des observations écrites ou orales. Ainsi, le requérant a été mis à même de présenter les observations qu'il estimait utiles et pertinentes sur les faits et les motifs qui auraient été susceptibles de justifier que l'autorité préfectorale s'abstienne de prendre à son égard une mesure d'éloignement. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

7. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée, ni des pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen suffisamment sérieux de la situation du requérant.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

9. Si M. B soutient que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées en tant que l'autorité préfectorale a estimé que son comportement constituait une menace pour l'ordre public, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a été condamné à six reprises, de 2013 à 2021, pour des faits d'extorsion, vol aggravé par trois circonstances, usage illicite, transport non autorisé, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, conduite d'un véhicule sans permis, remise ou sortie irrégulière de correspondance, somme d'argent ou objet de détenu, à plusieurs peines d'emprisonnement, la plus récente de ces condamnations correspondant à des faits commis en octobre 2020. Dans ces conditions, l'erreur d'appréciation alléguée manque en fait.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; () ".

11. Pour justifier de sa résidence en France depuis 2008, M. B produit des certificats de scolarité pour les années 2008, 2009, 2010 et 2011, une attestation d'admission à l'aide médicale en date du 2 mars 2009, des pièces médicales au titre des années 2009 et 2010, une autorisation de sortie datée du 15 avril 2010 et une attestation d'assurance sportive en date du 11 octobre 2010. En produisant une attestation d'hébergement en date du 11 mai 2016, une demande de souscription d'un livret A le 14 mai 2016 et un courrier de l'assurance maladie en date du 27 juin 2016, des pièces médicales datées des 7 novembre et décembre 2017, une attestation de droits à l'assurance maladie valable du 25 juin 2018 au 24 juin 2019, des résultats d'examens médicaux réalisés le 21 août 2018, une déclaration de main courante effectuée le 11 juillet 2019, deux relevés de livret A édités en janvier 2020 et 2021, et une offre d'emploi en date du 19 avril 2022, l'intéressé ne justifie pas résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans, en l'absence notamment de toute pièce justificative entre son bulletin du premier trimestre de seconde professionnelle du 14 décembre 2011 et son mandat de dépôt du 27 janvier 2013 pour extorsion par violence, menace ou contrainte et entre sa levée d'écrou du 27 novembre 2013 et son nouveau mandat de dépôt du 7 mars 2015 pour vol aggravé. Le requérant n'est dès lors pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers.

12. En sixième lieu, la circonstance que M. B fasse l'objet, depuis sa levée d'écrou le 27 août 2022, d'une mesure de contrôle judiciaire comportant une interdiction de sortie du territoire national est sans incidence sur la légalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français et fait seulement obstacle à l'exécution de cette mesure d'éloignement jusqu'à la levée par le juge judiciaire de l'interdiction prononcée. Pour les mêmes motifs, les moyens tirés de l'atteinte au principe de séparation des autorités administratives et judiciaires et à la présomption d'innocence ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.

13. En septième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1 - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2 - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

14. M. B se prévaut, d'une part, d'une durée de résidence habituelle en France depuis 2008. Toutefois, il ressort de ce qui a été exposé au point 9 du présent jugement qu'il n'établit pas sa résidence habituelle depuis quatorze années sur le territoire français, où il se serait maintenu, au demeurant, en situation irrégulière depuis sa majorité. D'autre part, s'il se prévaut de la présence en France de son père, de sa belle-mère et de ses demi-frères, il n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il entretiendrait une relation d'une particulière intensité avec eux. S'il soutient entretenir une relation avec une réfugiée irakienne depuis six années, d'une part, il ressort de l'avenant au contrat de travail de l'intéressée du 1er septembre 2021 qu'à la date de la décision attaquée, celle-ci habitait chez sa mère alors que M. B a déclaré le 29 juin 2022 aux services de la police aux frontières de Toulouse habiter chez son père et parfois chez sa grand-mère, de sorte qu'il n'y avait pas de vie commune à la date de ladite décision. La circonstance que le conseil du requérant a déclaré en 2023 auprès du juge de l'application des peines une adresse de l'intéressé au nouveau domicile de sa compagne dans le Val d'Oise ne suffit pas à justifier d'une communauté de vie effective, qui ne serait en tout état de cause que postérieure à la décision du 23 août 2022. D'autre part, la seule production de photographies, au demeurant non datées, ne saurait suffire à considérer que le requérant aurait entretenu à la date de ladite décision une relation affective d'une particulière stabilité, ni qu'il aurait établi en France des attaches personnelles d'une particulière ancienneté, stabilité et intensité. La circonstance que la compagne de M. B soit enceinte depuis le 1er avril 2023, sans au demeurant qu'aucune pièce n'atteste d'un investissement affectif de l'intéressé lié à cette grossesse, est en tout état de cause postérieure à la décision du 23 août 2022. En outre, la seule circonstance que le requérant maîtrise la langue française ne saurait suffire à caractériser une particulière insertion dans la société française. Enfin, il résulte de ce qui a été exposé au point 9 que M. B a été condamné à six reprises pour des faits d'extorsion, vol aggravé par trois circonstances, usage illicite, transport non autorisé, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, conduite d'un véhicule sans permis, remise ou sortie irrégulière de correspondance, somme d'argent ou objet de détenu, à plusieurs peines d'emprisonnement. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elle méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, la décision litigieuse n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

15. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le requérant ne peut exciper de l'illégalité de cette décision pour contester la légalité de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".

17. Il résulte de l'arrêté attaqué que pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. B, le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur les dispositions précitées du 1° de l'article L. 612-2 et des 1°, 4° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français où il s'est maintenu sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour. En outre, il ne justifie d'aucune garantie de représentation au sens des dispositions du 8° de l'article L. 612-3 précité. S'il ne ressort pas du procès-verbal d'audition de M. B, qu'il aurait explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à l'obligation de quitter le territoire français, il résulte de l'instruction que l'autorité préfectorale aurait pris la même décision au regard des seuls 1° et 8° de l'article L. 612-3. Dans ces conditions, et en l'absence de circonstance particulière, le préfet a pu refuser d'accorder à M. B un délai de départ volontaire, sans méconnaître les dispositions précitées.

18. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, les moyens tirés de l'atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et de l'erreur d'appréciation de sa situation personnelle, doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

19. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3 du présent jugement, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.

20. En deuxième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le requérant ne peut exciper de l'illégalité de cette décision pour contester la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

21. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, et en l'absence de circonstance humanitaire, les moyens tirés de l'atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et de l'erreur d'appréciation de sa situation personnelle, doivent être écartés.

22. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 23 août 2022.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

23. Le présent jugement rejetant les conclusions à fin d'annulation, les conclusions relatives à l'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être également rejetées.

Sur les frais liés au litige :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse au conseil du requérant la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au préfet de la Haute-Garonne.

Copie en sera adressée au préfet du Val d'Oise.

Délibéré après l'audience du 4 juillet 2023, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

M. Déderen, premier conseiller,

M. Zabka, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.

Le président-rapporteur,

J-C. TRUILHÉ

L'assesseur le plus ancien,

G. DÉDEREN

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions