lundi 17 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2205047 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MERCIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 26 août et 2 octobre 2022, Mme D F, représentée par Me Mercier, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 août 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à titre principal, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à titre subsidiaire, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont entachées d'un défaut de compétence ;
- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- le préfet s'est estimé lié par les décisions de rejet de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et la Cour nationale du droit d'asile ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire, le droit d'être entendu, le principe de bonne administration et le droit à la défense dès lors qu'elle a été privée de la possibilité de formuler des observations pertinentes et utiles à l'examen de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison de la relation de concubinage et de la vie commune qu'elle entretient avec un ressortissant togolais qui a obtenu la protection subsidiaire ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est entachée d'un défaut de base légale en ce qu'elle se fonde sur la décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compte tenu des craintes de persécutions de la part des villageois qui ont tués les membres de sa famille, de la part de sa belle-famille, ainsi que du réseau de traite des êtres humains l'ayant réduite en état d'esclavage en Tunisie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Mercier, représentant Mme F, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que la demande d'asile a été rejetée par la Cour nationale du droit d'asile, que la requérante entretient une relation affective et de concubinage avec un ressortissant togolais, que la préfecture qualifie elle-même de conjoint, que celui-ci s'est vu reconnaître trois semaines plus tôt la protection subsidiaire, que la préfecture a attendu des mois après la décision de la Cour nationale du droit d'asile, et seulement une fois que la Cour nationale du droit d'asile se soit prononcée sur le cas de son concubin, que la préfecture admet dans l'arrêté la réalité de la relation de concubinage mais conteste son ancienneté, que dans le mémoire en défense, la préfecture remet en cause cette relation, que dans leurs récits d'asile, les requérants ont indiqué avoir été séparés accidentellement lors de leur trajet en France, que les récits sont très précis et circonstanciés, que Mme F a alerté les autorités de ce qu'elle avait perdu son concubin, que la conséquence est qu'elle a déposé une demande d'asile avant son concubin, le 30 octobre 2020, le temps que sa demande soit qualifiée en procédure normale, probablement en raison de son état de vulnérabilité, que son concubin est arrivé à Toulouse quelques temps après, que sa demande a été également enregistrée en procédure normale alors même que ses empreintes avaient été relevées en Italie en 2020, que la seule explication de cet enregistrement est que la préfecture a pris acte de sa qualité de concubin de Mme F, que la préfecture connaissait et reconnaissait dès le dépôt de leurs demandes d'asile leur relation de concubinage, que cela ressort des attestations de demande d'asile et des relevés " TelemOfpra ", que pourtant la préfecture n'hésite pas désormais à remettre en cause la relation de concubinage, malgré les avis d'impôt, les demandes de RSA, les enregistrements de la DN@, les attestations d'hébergement, les récits d'asile faisant état d'une relation préexistante avant l'arrivée en France, ou encore les photographies, que la préfecture n'a pas tiré les conséquences du bénéfice de la protection temporaire de M. C, qu'il s'agit d'une magistrale erreur manifeste d'appréciation et d'une atteinte intolérable à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, alors que cette relation est stable, continue et intense, comme le démontrent des photographies géo-localisées prises en Tunisie et en Italie, que l'intensité de la relation est démontrée par l'affolement de la requérante lorsqu'elle a perdu celui qu'elle appelait " son mari ", que les jurisprudences citées par l'administration sont anciennes et traitent de situations différentes de celle de la requérante puisque concernant des personnes ayant débuté leur concubinage sur le sol français, que la préfecture invoque la possibilité pour M. C d'accompagner sa concubine en Côte d'Ivoire où elle a ses enfants, que les explications sur ce point par la requérante ont été constantes, que la requérante a toujours déclaré que ses enfants lui ont été enlevés, que son concubin n'est en rien admissible en Côte d'Ivoire, que si la préfecture lui reproche de ne pas avoir de ressources et un emploi, c'est que sa protection subsidiaire lui a été accordée très récemment, qu'il est inscrit à Pôle Emploi et va suivre une courte formation de remise à niveau, que la mesure d'éloignement est contraire à l'article L. 424-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile laquelle prévoit la délivrance de plein droit d'un titre en cas de mariage et de PACS et à la jurisprudence Diaby et enfin que la préfecture méconnaît l'intention du législateur,
- les observations de Mme F, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent, ni représenté.
Une note en délibéré, enregistrée le 7 octobre 2022, a été produite par le préfet de la Haute-Garonne. Elle n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F, ressortissante ivoirienne, née le 2 mars 1982 à Ouaninou (Côte d'Ivoire), est entrée en France le 6 octobre 2020. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 23 novembre 2021 et par une décision du 4 avril 2022, la Cour nationale du droit d'asile a définitivement rejeté son admission au bénéfice de l'asile. Par un arrêté du 8 août 2022, dont elle demande l'annulation, le préfet de la Haute-Garonne l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, Mme F demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
3. En premier lieu, par un arrêté du 6 avril 2022 publié le même jour au recueil administratif spécial n° 31-2022-137, le préfet de la Haute-Garonne a donné à Mme E B, adjointe à la directrice des migrations et de l'intégration, délégation pour signer, en l'absence ou en cas d'empêchement de la directrice, les décisions d'éloignement et les décisions les assortissant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il est fait application, notamment les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier le 4° de l'article L. 611-1, ainsi que les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il précise les éléments de fait sur lesquels il se fonde, rappelle que Mme F se déclare en concubinage, que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par décision du 23 novembre 2021 puis par la Cour nationale du droit d'asile par décision du 4 avril 2022, que son conjoint a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire mais qu'elle ne démontre pas la continuité, l'ancienneté, ni la stabilité de leur relation, qu'elle a trois enfants dont deux sont mineurs dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 38 ans et où elle n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, l'arrêté, qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, doit être regardé comme suffisamment motivé.
5. En troisième et dernier lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, qui mentionne explicitement des circonstances propres à la situation personnelle de la requérante, ni des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision portant refus d'admission au séjour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur les motifs susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision portant obligation de quitter le territoire. Il ressort des pièces du dossier que Mme F ayant sollicité son admission au bénéfice de l'asile, cette dernière a pu faire ses observations notamment lors de son entretien devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 14 octobre 2021. De plus, elle n'indique pas avoir été empêchée de formuler des observations auprès de l'autorité préfectorale avant que la mesure d'éloignement ne soit édictée. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance du droit d'être entendu et du droit à la défense doivent être écartés.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été
définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". Aux termes de l'article L. 542-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / a) une décision d'irrecevabilité prise en application des 1° ou 2° de l'article L. 531-32 ; / b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32, en dehors du cas prévu au b du 2° du présent article ; / c) une décision de rejet ou d'irrecevabilité dans les conditions prévues à l'article L. 753-5 ; / d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; / e) une décision de clôture prise en application des articles L. 531-37 ou L. 531-38 ; l'étranger qui obtient la réouverture de son dossier en application de l'article L. 531-40 bénéficie à nouveau du droit de se maintenir sur le territoire français () ".
8. Il ressort des mentions portées sur l'application " TelemOfpra " qui ne sont d'ailleurs pas contestés, que Mme F a fait l'objet d'une décision lu en audience publique de la Cour nationale du droit d'asile rejetant sa demande d'asile le 4 avril 2022. C'est à cette date que le droit au maintien sur le territoire français de la requérant a pris fin. Par suite, le préfet, qui ne s'est pas estimé lié par les décisions de l'Office et de la Cour nationale du droit d'asile, a pu légalement prendre la mesure litigieuse sur la base des dispositions précitées. Dans ces conditions, Mme F n'est pas fondée à soutenir que la décision d'éloignement la concernant méconnaîtrait les dispositions précitées de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une carte de séjour pluriannuelle portant la mention "membre de la famille d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire ", identique à la carte prévue à l'article L. 424-9 délivrée à l'étranger qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire, est délivrée à : 1° Son conjoint, son partenaire avec lequel il est lié par une union civile ou à son concubin, s'il a été autorisé à séjourner en France au titre de la réunification familiale dans les conditions prévues aux articles L. 561-2 à L. 561-5 ; 2° Son conjoint ou partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est postérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile, à condition que le mariage ou l'union civile ait été célébré depuis au moins un an et sous réserve d'une communauté de vie effective entre époux ou partenaires ; () ". Lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français.
10. La requérante soutient que la mesure d'éloignement est contraire à l'article précité puisqu'elle vit en situation de concubinage stable et ancien depuis quatre ans, avec un ressortissant togolais auquel la Cour nationale du droit d'asile a accordé la protection subsidiaire. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante ait sollicité son admission au séjour au titre de la réunification familiale dans les conditions prévues au 1° de l'article L. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle n'est ni mariée ni liée par une union civile avec son concubin et n'entre donc pas dans le champ des dispositions du 2° de ce même article. Par suite, le moyen tiré de ce qu'elle pourrait bénéficier d'un titre de séjour de plein droit en application des dispositions précitées, ne peut qu'être écarté.
11. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
12. Mme F est entrée en France le 6 octobre 2020. Elle fait valoir qu'elle vit en concubinage avec un ressortissant togolais, qu'elle a rencontré au cours de l'année 2018 en Tunisie, et qui s'est vu accorder le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 19 juillet 2022. Il ressort cependant des pièces du dossier que Mme F est la mère de trois enfants mineurs, nés respectivement en 2007, en 2009 et en 2011, qui résident en Côte d'Ivoire. La requérante soutient, certes, que son mari aurait fui en 2014 le domicile familial avec ses enfants et qu'elle serait toujours sans nouvelle de leur part. Cependant, si son récit d'asile et son entretien devant l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides relatent les circonstances dans lesquelles ces enfants lui auraient été enlevés, ni l'Office ni la Cour nationale du droit d'asile, qui ont rejeté sa demande d'asile, n'ont tenu les faits pour établis. La requérante ne justifie d'aucune intégration particulière dans la société française. La circonstance que Mme F risquerait de subir des traitements inhumains et dégradants dans son pays d'origine est sans incidence sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, laquelle n'a pas pour objet de fixer le pays de destination de la mesure d'éloignement. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté au droit de Mme F au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, elle ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède, que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
14. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
15. Mme F soutient que la décision attaquée méconnaît les stipulations et dispositions précitées. Elle se prévaut des risques qu'elle encourt du fait des pressions de sa belle-famille en raison de son origine sociale qui a conduit son mari à fuir le domicile familial avec ses trois enfants, et des persécutions subies en raison de ses origines ghanéennes. Elle affirme avoir été victime, lors de son passage en Tunisie, d'un réseau de traite des êtres humains l'ayant réduite en état d'esclavage. Cependant, la requérante n'établit pas, par la seule production de son récit de vie, qui n'a au demeurant convaincu ni l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ni la Cour nationale du droit d'asile, de la réalité des menaces auxquelles elle serait exposée. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 8 août 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'injonction sous astreinte doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Mercier la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Mme F est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D F, à Me Mercier et au préfet de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
F. A Le greffier,
B. GALAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026