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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2205052

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2205052

jeudi 13 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2205052
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantLASPALLES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces, enregistrés les 26 août, 11 octobre et 15 novembre 2022, Mme D C A, représentée par Me Laspalles, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 2 mars 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou un titre de séjour au regard de ses attaches en France, dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation à l'aune de la motivation du jugement à intervenir, dans le délai de quinze jours suivant sa notification et sous astreinte de 200 euros par jour de retard, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens du procès ainsi qu'une somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi de 1991.

Elle soutient que :

Les décisions attaquées :

- sont entachées d'un défaut ou d'une insuffisance de motivation, notamment en fait ;

La décision portant refus d'admission au séjour :

- est entachée d'un vice de procédure tenant à la méconnaissance de la procédure contradictoire ;

- est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation en tant que le préfet n'a pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'un vice de procédure tenant à la méconnaissance de la procédure contradictoire ;

- est dépourvue de base légale à raison de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de séjour ;

- porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

La décision fixant le délai de départ volontaire :

- est entachée d'un vice de procédure tenant à la méconnaissance de la procédure contradictoire ;

- est dépourvue de base légale à raison de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de séjour ;

- est entachée d'erreurs de droit tenant à la fois au défaut d'examen effectif de sa situation personnelle et à ce que le préfet s'est cru en situation de compétence liée ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 17 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 14 février 2023 à 12 h 00.

Mme C A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Truilhé, président-rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D C A, ressortissante angolaise née le 24 avril 2003 à Samba (Angola), a déclaré être entrée en France le 25 septembre 2017 munie d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour, valable du 31 août 2017 au 29 septembre 2017. L'intéressée a sollicité, le 6 août 2021, son admission exceptionnelle au séjour en France pour motif d'études, sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur le fondement de l'article L. 435-1 dudit code. Par un arrêté du 2 mars 2022, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, aux motifs que son admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " ne répond pas à des considérations humanitaires et ne se justifie pas au regard de motifs exceptionnels, qu'elle ne détient pas le visa de long séjour requis pour bénéficier d'un titre de séjour en qualité d'étudiante de plein droit, que rien dans sa situation ne justifie de passer outre cette condition à titre dérogatoire, que si elle souhaite poursuivre ses études en France, elle devra solliciter, depuis son pays d'origine, le visa de long séjour nécessaire d'autant qu'elle ne justifie d'aucun obstacle sérieux en ce sens, qu'elle est célibataire, que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables compte tenu notamment du fait qu'elle a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 14 ans et qu'elle n'établit pas être dépourvue d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine, que dans ces conditions il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qu'elle ne fait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé et qu'elle n'établit pas être exposée à des traitements contraires à l'article 3 de la même convention en cas de retour en Angola. La requérante demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Par une décision du 11 octobre 2022, postérieure à l'introduction de la requête, le bureau d'aide juridictionnelle a admis Mme C A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. En conséquence, sa demande d'admission provisoire à ce dispositif est devenue sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

3. En premier lieu, il résulte de la motivation, décrite au point 1, de l'arrêté attaqué, que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, les décisions attaquées doivent être regardées comme suffisamment motivées.

4. En deuxième lieu, Mme C A soutient que les décisions portant refus d'admission au séjour et obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire de trente jours ont été prises en méconnaissance de l'obligation de conduire une procédure contradictoire préalable avant l'édiction d'une décision défavorable telle qu'elle résulte des dispositions des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, il ressort des dispositions du livre V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment de son article L. 614-1, que le législateur y a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger un refus d'admission ou de renouvellement du droit au séjour et des décisions accessoires à ce refus. Il s'ensuit que ces dispositions ne sauraient être utilement invoquées à l'encontre des décisions contestées et que le moyen doit, dès lors, être écarté comme inopérant.

5. En troisième lieu, Mme C A ne saurait davantage utilement invoquer les dispositions de l'article 24 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000, lesquelles ont été abrogées depuis le 1er janvier 2016 et étaient, au demeurant, inopérantes à l'encontre des décisions contestées, dès lors que les dispositions de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile déterminent l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution desdites décisions.

6. En quatrième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. De plus si, ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour, il n'implique pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ou sur les décisions accompagnant cette décision, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.

7. En l'espèce, si la requérante soutient que son droit d'être entendu a été méconnu, elle ne démontre pas qu'elle disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'elle aurait été empêchée de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soient prises les décisions contestées et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à ces décisions. Dans ces conditions, Mme C A n'est pas fondée à soutenir que son droit d'être entendu n'a pas été respecté.

8. En cinquième et dernier lieu, il ne ressort pas de la motivation, décrite au point 1, des décisions portant refus d'admission au séjour et fixant le délai de départ volontaire et le pays de renvoi, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet aurait omis de procéder à un examen réel et sérieux de la situation de la requérante avant de prononcer lesdites décisions ou qu'il se serait estimé, à tort, en situation de compétence liée pour prendre la décision fixant le délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

9. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. "

10. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à la requérante en qualité d'étudiant, le préfet s'est fondé sur la circonstance qu'elle ne disposait pas d'un visa long séjour. Si l'intéressée produit au soutien de sa requête pour l'année universitaire 2021/2022 un certificat de scolarité en terminale professionnelle " Sciences et technologies de la santé et du social " au sein du lycée de Bagatelle à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), il est constant qu'elle ne détient pas de visa long séjour requis pour la délivrance du titre de séjour " étudiant " par l'article précité. Ce seul motif était de nature à justifier le refus de titre de séjour en qualité d'étudiant. Par ailleurs, la seule circonstance que l'intéressée soit inscrite en terminale professionnelle ne saurait constituer une nécessité liée au déroulement des études de nature à lui permettre, sur le fondement du deuxième alinéa de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de déroger à cette obligation de visa de long séjour. Par suite, Mme C A n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne aurait entaché sa décision d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat. "

12. Mme C A se prévaut de sa résidence en France depuis 2017, soit depuis quatre années à la date de la décision attaquée. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que si l'intéressée fait valoir être entrée en France sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour, elle se maintient en situation irrégulière sur le territoire français depuis la date d'expiration de son visa, soit depuis le 29 septembre 2017. En outre, la seule présence en France de sa tante et de sa belle-sœur, à supposer qu'elles s'y trouvent en situation régulière, ne saurait lui conférer par elle-même un droit au séjour. Si l'intéressée se prévaut de son intégration et notamment de son parcours scolaire, il ressort des bulletins scolaires produits que Mme C A ne justifie pas de nombreuses absences. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, la requérante ne justifie pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels de nature à justifier son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "

14. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit au point 12 que la requérante n'est pas fondée à se prévaloir d'une ancienneté de séjour significative sur le territoire français. En outre, l'intéressée, célibataire, n'établit pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où elle a vécu la majeure partie de sa vie. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante aurait noué sur le territoire français des intérêts privés et familiaux d'une particulière intensité. Dans ces conditions, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et n'a donc pas méconnu les stipulations précitées et n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit au regard des dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, la décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle entraîne sur la situation personnelle et familiale de la requérante.

15. En quatrième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés ci-dessus, Mme C A ne démontre pas l'existence de circonstances humanitaires ou exceptionnelles susceptibles de justifier que le préfet mettre en œuvre son pouvoir de régularisation. Par suite, le refus de séjour n'est pas non plus entaché d'une erreur de droit ni d'une erreur manifeste d'appréciation à ce titre.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui a été exposé précédemment que la décision portant refus d'admission au séjour n'est pas entachée d'illégalité. En conséquence, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas dépourvue de base légale.

17. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 14, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision susvisée méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant fixation du délai de départ volontaire :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui a été exposé précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale. Par conséquent, la décision portant refus de délai de départ volontaire n'est pas dépourvue de base légale.

19. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen suffisant de la situation de Mme C A ou qu'il se serait estimé en situation de compétence liée pour fixer le délai de départ volontaire.

20. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés ci-dessus et alors que la requérante ne précise pas la nature des circonstances particulières qui auraient pu justifier l'octroi d'un délai de départ volontaire supérieur au délai normal de trente jours, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être également écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 2 mars 2022.

Sur les conclusions accessoires :

22. Le présent jugement ne faisant pas droit aux conclusions à fin d'annulation, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction sous astreinte, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles relatives aux dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire de Mme C A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C A, à Me Laspalles et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

M. Déderen, premier conseiller,

M. Zabka, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.

Le président-rapporteur,

J-C. TRUILHÉ

L'assesseur le plus ancien,

G. DÉDEREN

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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