vendredi 26 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2205054 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCHOEGJE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 août 2022, M. B E, représenté par Me Thalamas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 avril 2022 par lequel le maire de l'Union ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par Mme G en vue de la réalisation d'une extension à sa maison d'habitation située 18 rue des cailles, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de l'Union la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente ;
- le dossier ne comporte aucune indication sur la prise en compte du plan de prévention des risques naturels concernant les mouvements différentiels de terrain ;
- il ne justifie pas du traitement des eaux pluviales en méconnaissance du plan local d'urbanisme alors que le projet emporte une imperméabilisation du sol.
Par un mémoire enregistré le 2 novembre 2022, M. E, représenté par Me Schoegje, conclut aux mêmes fins que la requête et, en outre, à ce qu'il soit enjoint au maire de l'Union de s'opposer à la déclaration préalable de Mme G.
Il soutient, en outre, que :
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article UB 4, paragraphe 2.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune ;
- il a été pris en méconnaissance de l'article 12, paragraphe 1-1, 1er alinéa du règlement du plan local d'urbanisme de la commune ;
- il a été pris en méconnaissance de l'article UB 13, paragraphe 5, 1er alinéa du règlement du plan local d'urbanisme de la commune.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2023, la commune de l'Union, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. E la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
La requête a été communiquée à Mme F G, qui n'a pas produit d'observations.
Par une ordonnance du 26 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Poupineau,
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public,
- les observations de Me Schoegje, représentant M. E,
- celles de Me Courrech, représentant la commune de l'Union,
- et celles de Mme G.
Une note en délibéré, présentée pour M. E, a été enregistrée le 12 janvier 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G est propriétaire d'une maison d'habitation sise 18 rue des cailles sur le territoire de la commune de l'Union. Le 1er avril 2022, elle a déposé une déclaration préalable de travaux en vue de la réalisation d'une extension d'une superficie de 22,44 m². Par un arrêté du 5 avril 2022, le maire de l'Union ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable. Par la présente requête, M. E demande l'annulation de cet arrêté et de la décision du 24 juin 2022 par laquelle le maire de l'Union a rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal () ".
3. L'arrêté attaqué a été signé par M. A C, premier adjoint au maire. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 28 mai 2020, affiché en mairie et transmis au préfet de la Haute-Garonne le même jour, M. A C a reçu du maire de l'Union délégation de fonctions et de signature en matière d'urbanisme à l'effet de signer notamment les actes concernant la délivrance des autorisations liées au droit des sols. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne la légalité interne :
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-35 du code de l'urbanisme alors en vigueur : " La déclaration préalable précise : / a) L'identité du ou des déclarants, qui comprend son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique ; / b) La localisation et la superficie du ou des terrains ; / c) La nature des travaux ou du changement de destination ; / d) S'il y a lieu, la surface de plancher et la destination et la sous-destination des constructions projetées définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; / e) Les éléments, fixés par arrêtés, nécessaires au calcul des impositions ; / f) S'il y a lieu, que les travaux portent sur une installation, un ouvrage, des travaux ou une activité soumis à déclaration en application de la section 1 du chapitre IV du titre Ier du livre II du code de l'environnement ; / g) S'il y a lieu, que les travaux portent sur un projet soumis à autorisation environnementale en application de l'article L. 181-1 du code de l'environnement ; / h) S'il y a lieu, que les travaux doivent faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement ; / i) S'il y a lieu, les demandes d'autorisation et les déclarations dont le projet a déjà fait l'objet au titre d'une autre législation que celle du code de l'urbanisme. /La déclaration comporte également l'attestation du ou des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R*423-1 pour déposer une déclaration préalable. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ". Aux termes de l'article R. 431-36 du même code : " Le dossier joint à la déclaration comprend : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; d) Le justificatif de dépôt de la demande d'autorisation prévue à l'article R. 244-1 du code de l'aviation civile lorsque le projet porte sur une construction susceptible, en raison de son emplacement et de sa hauteur, de constituer un obstacle à la navigation aérienne. Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux a et b de l'article R. 431-10, à l'article R. 431-14, aux a, b, c et g de l'article R. 431-16 et aux articles R. 431-18, R. 431-18-1, R. 431-21, R. 431-23-2, R. 431-25, R. 431-31 à R. 431-33 et R. 431-34-1. Ces pièces sont fournies sous l'entière responsabilité des demandeurs. Lorsque la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public ou que ce projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier comprend également les documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10. Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. "
5. Le requérant soutient que l'arrêté attaqué ne comporte aucun élément permettant de savoir si le plan de prévention des risques naturels (PPRN) concernant les mouvements différentiels de terrain a été pris en compte. Toutefois, cette information ne figure pas au nombre de celles prévues par les articles R. 431-35 et R. 431-36 du code de l'urbanisme, qui énoncent de manière exhaustive les informations et pièces devant être jointes à l'appui d'un dossier de déclaration préalable. En tout état de cause, l'arrêté attaqué vise le PPRN concernant les mouvements différentiels de terrain liés au phénomène de retrait des gonflements de sols argileux dans le département de la Haute-Garonne, qui a été approuvé le 30 août 2005. De plus, Mme G a joint au dossier de déclaration préalable le rapport d'étude géotechnique réalisé à sa demande et qui tient compte des prescriptions du PPRN. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article UB4 paragraphe 2.3, intitulé " Eaux pluviales ", du plan local d'urbanisme de la commune de L'Union : " Les modalités de raccordement au réseau d'eaux pluviales sont fixées dans le règlement du service assainissement du Grand Toulouse donné en annexe du PLU. Tout propriétaire peut solliciter l'autorisation de raccorder son immeuble au collecteur pluvial à la condition que ses installations soient conformes aux prescriptions techniques définies par le service assainissement et que ce dernier ne puisse pas être desservi par le caniveau. D'une façon générale, seul l'excès de ruissellement doit être canalisé après qu'aient été mises en œuvre toutes les solutions susceptibles de favoriser le stockage et l'infiltration des eaux. Au final, l'excès de ruissellement ne doit pas dépasser un coefficient d'imperméabilisation du terrain équivalent à 20 %, sur le territoire de la Communauté d'Agglomération du Grand Toulouse. En l'absence ou en l'insuffisance de réseau, les aménagements nécessaires au libre écoulement des eaux pluviales sont à la charge exclusive du constructeur ou de l'aménageur qui doit réaliser les dispositifs adaptés à l'opération ou au terrain, en accord avec le service d'assainissement gestionnaire. "
7. Le requérant soutient que les dispositions précitées sont méconnues en ce qu'il n'est pas justifié du traitement des eaux pluviales alors que le projet emporte une imperméabilisation supplémentaire du sol, et qu'aucune solution susceptible de favoriser le stockage et l'infiltration des eaux pluviales n'est proposée. Il ressort des pièces du dossier que le traitement des eaux pluviales de l'extension autorisée sera assuré par l'installation d'une gouttière raccordée au dispositif d'évacuation des eaux pluviales du bâtiment existant. Par suite, et alors que le requérant n'apporte aucun élément susceptible d'établir que le dispositif de traitement des eaux pluviales de la construction existante serait insuffisant, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UB 4 doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article UB12, paragraphe 1-1, 1er alinéa du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de L'Union, relatif au stationnement des véhicules : " Cet article concerne : - Les constructions nouvelles ; / - Les extensions de plus de 100m² de superficie des constructions existantes (). / 1.1 - Habitations : Il est exigé une place de stationnement pour une surface de plancher minimale de 60 m2, et 2 places pour une surface de plancher supérieure à 60 m2. Au moins une place par logement devra être couverte et fermée. Toutefois, sur les unités foncières limitrophes à la zone N et comprenant au moins 5 places de stationnement, ces dernières pourront simplement faire l'objet d'un traitement sous forme de pergolas végétales découlant d'une approche paysagère portant sur l'ensemble de l'opération. "
9. La circonstance qu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan d'occupation des sols régulièrement approuvé ne s'oppose pas, en l'absence de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, à la délivrance ultérieure d'un permis de construire s'il s'agit de travaux qui, ou bien doivent rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, ou bien sont étrangers à ces dispositions.
10. L'article UB12 du plan local d'urbanisme de la commune de L'Union, relatif au stationnement des véhicules comporte des dispositions spécialement applicables à la modification des immeubles existants. Ces dispositions imposent la réalisation de places de stationnement pour les " extensions de plus de 100m² de superficie des constructions existantes ". Or, il ressort du plan de masse joint à la demande préalable que l'extension aura une emprise au sol de 28,8m² et une surface de plancher de 22,44m². Ainsi, le projet d'extension porté par Mme G ne nécessite pas la création de place de stationnement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
11. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article UB13 paragraphe 5 du plan local d'urbanisme de la commune de L'Union, relatif aux " Espaces libres et espaces verts à créer " : " ()5.1. En UB, UBa, et UBd, sur chaque unité foncière privative, 30 % au moins de la surface doivent être traités en jardin planté et gazonné et doivent comporter au moins un arbre de haute tige pour 100 m² de jardin. "
12. Il ressort des pièces du dossier de déclaration préalable que le terrain d'assiette de l'extension projetée présente une superficie de 757 m2. Le projet nécessite ainsi, en application de l'article UB 13 précité, le traitement d'une surface minimale de 227,1 m2 en jardin planté et gazonné. Or, il ressort du formulaire de déclaration préalable et des plans joints à celle-ci, que l'habitation principale de plein pied développe une surface de plancher de 125,20 m² et que l'extension à créer aura une emprise au sol de 28,8m². Ainsi, compte tenu de la superficie du terrain, le pourcentage de 30% fixé par les dispositions précitées sera respecté même en tenant compte de la piscine préexistante. Enfin, il ressort encore des plans produits, que six arbres sont plantés sur la propriété de Mme G. Par suite, et en l'absence de contestation sur la nature de ces arbres, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UB 13 doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de M. E doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de L'Union, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. E au titre des frais exposés par lui. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. E une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de L'Union.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : M. E versera une somme de 1 500 euros à la commune de L'Union au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à Mme F G et à la commune de l'Union.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2024.
La présidente-rapporteure,
V. POUPINEAU
L'assesseure la plus ancienne,
M. ROUSSEAULa greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
N°2205054
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026