lundi 26 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2205221 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SARASQUETA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 septembre 2022, M. G F A D et Mme E C, représentés par Me Sarasqueta, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions des articles L. 521-4, L. 911-3 et L. 911-7 du code de justice administrative :
1°) de leur accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne d'exécuter les ordonnances n° 2204481 du
4 août 2022 et n° 2204876 du 25 août 2022 du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse dès la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance n° 2204876 du 25 août 2022 ;
4°) de mettre à la charge de l'État le paiement de la somme de 1 500 euros à verser à leur conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et, dans l'hypothèse où ils ne seraient pas admis à l'aide juridictionnelle totale, de mettre à la charge de l'État la même somme à verser au requérant au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- à la suite de l'intervention de l'ordonnance du 4 août 2022 du juge des référés, par laquelle il a été enjoint au préfet de la Haute-Garonne de faire droit à la demande d'hébergement d'urgence de M. A D et Mme C dans un délai de soixante-douze heures, ils ont demandé vainement au préfet de la Haute-Garonne, par courrier du 17 août 2022, de procéder à l'exécution de cette ordonnance ;
- compte tenu de l'inexécution de cette ordonnance, par une nouvelle ordonnance
n° 2204481 du 25 août 2022, le juge des référés a assorti l'injonction précédemment prononcée d'une astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance ;
- cependant, malgré plusieurs courriers de mise en demeure des 20 juillet, 4 août, 17 août et 26 août 2022, le préfet de la Haute-Garonne n'a toujours pas proposé de prise en charge au titre de l'hébergement d'urgence aux requérants et à leurs enfants dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence, de sorte qu'il fait obstacle à l'exécution des deux décisions juridictionnelles des 4 et
25 août 2022 ;
- au regard de cet élément nouveau, ils sont bien-fondés à solliciter le prononcé d'une nouvelle mesure provisoire sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative ;
- l'inexécution des ordonnances des 4 et 25 août 2022 justifie une demande d'exécution visant, d'une part, à assortir cette injonction d'une astreinte augmentée à 500 euros par jour de retard, d'autre part à prononcer la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance du 25 août 2022.
La requête de M. A D et Mme C a été transmise au préfet de la Haute-Garonne le 6 septembre 2022. Le préfet, à qui un délai de cinq jours ouvrés a été imparti pour présenter ses observations, n'a pas produit dans la présente instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête, de prononcer l'admission provisoire de M. A D et Mme C à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative tendant à l'exécution des ordonnances des 4 et 25 août 2022 :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
3. D'une part, les décisions du juge des référés au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative sont, conformément au principe rappelé à l'article L. 11 du code de justice administrative, exécutoires en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice.
4. D'autre part, si l'exécution d'une ordonnance prononçant une injonction sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 dudit code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code précité, de compléter ou de modifier la mesure d'injonction demeurée sans effet, l'inexécution de la décision juridictionnelle présentant le caractère d'un élément nouveau au sens des dispositions dudit article L. 521-4.
5. Par son ordonnance n° 2204481 du 4 août 2022, le juge des référés a enjoint au préfet de la Haute-Garonne de faire droit à la demande d'hébergement d'urgence de M. A D et Mme C dans un délai de soixante-douze heures à compter de la notification de sa décision. Le préfet de la Haute-Garonne a accusé réception de cette notification le 9 août 2022 à 13 h 26. Saisi par courrier du 17 août 2022 d'une demande d'exécution de cette ordonnance, alors que le délai de 72 heures fixé par le juge des référés était expiré, aucune réponse n'a été apportée par l'administration aux requérants. Saisi de l'inexécution de cette ordonnance du 4 août 2022, le juge des référés, par une nouvelle ordonnance du 25 août 2022 sous le n° 2204876, a assorti l'injonction initiale faite au préfet de la Haute-Garonne de faire droit à la demande d'hébergement d'urgence de M. A D et Mme C d'une astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance. En dépit de cette nouvelle ordonnance assortie d'une astreinte à effet immédiat, dont le préfet de la Haute-Garonne a accusé réception le 25 août 2022 à 9h27, il ne résulte pas de l'instruction que le préfet, qui s'est abstenu de produire des observations au titre de la présente instance, aurait apporté une quelconque réponse aux requérants et procédé à l'exécution de cette seconde ordonnance. L'inexécution de cette dernière décision, à caractère immédiatement exécutoire, constitue un élément nouveau au sens et pour l'application de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.
6. Dans ces conditions, compte tenu de la persistance de l'inexécution des deux ordonnances précitées, M. A D et Mme C sont fondés à demander qu'il soit enjoint au préfet de la Haute-Garonne de procéder sans délai à l'exécution desdites ordonnances des 4 et 25 août 2022, en faisant droit à la demande d'hébergement d'urgence de M. A D et Mme C, sous la condition d'astreinte de 200 euros par jour de retard fixée par l'ordonnance du 25 août 2022, qu'il n'y a pas lieu en l'espèce de majorer, et ce à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance du 25 août 2022 :
7. Aux termes de l'article L. 911-7 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ". Selon les termes de l'article R. 921-7 du même code : " A compter de la date d'effet de l'astreinte prononcée, même à l'encontre d'une personne privée, par le tribunal administratif ou la cour administrative d'appel, le président de la juridiction ou le magistrat qu'il désigne, après avoir accompli le cas échéant de nouvelles diligences, fait part à la formation de jugement concernée de l'état d'avancement de l'exécution de la décision. La formation de jugement statue sur la liquidation de l'astreinte. / Lorsqu'il est procédé à la liquidation de l'astreinte, copie du jugement ou de l'arrêt prononçant l'astreinte et de la décision qui la liquide est adressée au ministère public près la Cour de discipline budgétaire et financière ". L'article L. 911-8 de ce code ajoute que : " La juridiction peut décider qu'une part de l'astreinte ne sera pas versée au requérant. Cette part est affectée au budget de l'Etat ". Et enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-13 du même code : " L'ordonnance prend effet à partir du jour où la partie qui doit s'y conformer en reçoit notification ".
8. Il résulte des dispositions du livre V du code de justice administrative, combinées avec celles des articles L. 911-1, L. 911-2, L. 911-3 et L. 911-7 du même code, qu'il appartient au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-4 de se prononcer sur la liquidation d'une astreinte précédemment prononcée par lui. La liquidation de l'astreinte à laquelle procède le juge des référés se rattache à la même instance contentieuse que celle qui a été ouverte par la demande initiale qui a donné lieu au prononcé de l'astreinte, dont elle est le prolongement procédural.
9. L'astreinte prononcée par l'ordonnance du 25 août 2022 ayant commencé à courir à compter du même jour, il y a lieu, compte tenu de ce qui vient d'être exposé, de procéder à la liquidation provisoire de l'astreinte ainsi prononcée. Le nombre de jours sur lesquels doit s'appliquer la liquidation de l'astreinte de 200 euros par jour de retard est ainsi, jusqu'au jour non inclus de la présente ordonnance, de 32 jours, de telle sorte que le montant de l'astreinte à liquider s'élève à la somme de 6 400 euros. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, par application des dispositions précitées, de condamner l'Etat à verser à M. A D et Mme C la somme de 3 200 euros au titre de l'astreinte ainsi liquidée, la part restante étant affectée au budget de l'État notamment consacré aux dispositifs d'hébergement d'urgence prévus à l'article L. 121-7 et aux articles L. 345-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 :
10. Aux termes du second alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". M. A D et Mme C ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, leur avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à leur conseil, sous réserve pour Me Sarasqueta de renoncer à percevoir la part contributive de l'État, en application de ces mêmes dispositions. Dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à
M. A D et Mme C, la somme de 1 200 euros leur sera versée par l'État.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A D et Mme C sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de procéder sans délai à l'exécution des ordonnances des 4 et 25 août 2022, en faisant droit à la demande d'hébergement d'urgence de M. A D et Mme C, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à M. A D et Mme C la somme de 3 200 euros au titre de l'astreinte prononcée par l'ordonnance du 25 août 2022, pour la période courant jusqu'au
25 septembre 2022 inclus, la part restante étant affectée au budget de l'État notamment consacré aux dispositifs d'hébergement d'urgence.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A D et Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle, et sous réserve que Me Sarasqueta renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera à Me Sarasqueta, avocate de
M. A D et Mme C, une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A D et Mme C, cette même somme leur sera versée.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A D et Mme C est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F A D, à Mme E C, à Me Sarasqueta et au préfet de la Haute-Garonne.
Une copie de la présente ordonnance sera adressée au ministère public près la Cour de discipline budgétaire et financière et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes âgées.
Fait à Toulouse, le 26 septembre 2022.
Le juge des référés,
T. B
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes âgées, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026