jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2205518 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FRANCOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 septembre 2022, M. B C et Mme D C, représentés par Me Francos, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de leur accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de les prendre en charge, avec leurs enfants, dans le cadre d'un hébergement d'urgence, sous astreinte de 500 euros par jour de retard suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de l'État, au bénéfice de leur conseil, sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et à défaut de l'octroi de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État la même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent qu'ils sont entrés en France une première fois en 2017 avec leurs deux enfants, nés en 2012 et 2014 et la demande d'asile qu'ils ont alors formée a été rejetée ; ils sont retournés dans leur pays d'origine et sont, de nouveau, entrés en France le 23 juillet 2022, à la suite de quoi ils ont sollicité le réexamen de leur demande d'asile ; par décision du 15 août 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a déclaré irrecevable leur demande de réexamen ; avec leurs enfants, ils sont dans une situation de grande précarité ; Mme C souffre de pathologies qui sont incompatibles avec une vie sans hébergement ; ils ont appelé plusieurs fois le 115 aux fin d'obtenir un hébergement d'urgence, en vain ; cette situation caractérise l'urgence et une atteinte grave et manifestement illégale portée à leur droit à un hébergement d'urgence.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes des dispositions de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles : " Dans chaque département est mis en place, sous l'autorité du représentant de l'Etat, un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu'appelle leur état. Cette orientation est assurée par un service intégré d'accueil et d'orientation, dans les conditions définies par la convention conclue avec le représentant de l'Etat dans le département, prévue à l'article L. 345-2-4. / Ce dispositif fonctionne sans interruption et peut être saisi par toute personne, organisme ou collectivité ". En vertu des dispositions de l'article L. 345-2-2 du même code : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence () ". Enfin, aux termes de l'article L. 121-7 du même code : " Sont à la charge de l'Etat au titre de l'aide sociale : () 8° Les mesures d'aide sociale en matière de logement, d'hébergement et de réinsertion, mentionnées aux articles L. 345-1 à L. 345-3 () ".
3. Il appartient aux autorités de l'Etat de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale. Seule une carence caractérisée des autorités de l'Etat dans la mise en œuvre du droit à l'hébergement d'urgence peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte manifestement illégale à une liberté fondamentale permettant au juge des référés de faire usage des pouvoirs qu'il tient de ce texte, en ordonnant à l'administration de faire droit à une demande d'hébergement d'urgence. Il lui incombe d'apprécier, dans chaque cas, les diligences accomplies par l'administration, en tenant compte des moyens dont elle dispose, ainsi que de l'âge, de l'état de santé et de la situation de famille de la personne intéressée.
4. Il résulte de l'instruction que M. et Mme C, de nationalité albanaise, sont entrés en France une première fois en 2017 pour y demander l'asile, en compagnie de leurs deux enfants, nés en 2012 et 2014. Leur demande d'asile ayant été rejetée, ils sont retournés dans leur pays d'origine, puis sont entrés en France une seconde fois, le 23 juillet 2022, à la suite de quoi ils ont sollicité le réexamen de leur demande d'asile. Par une décision du 2 août 2022, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de leur accorder le bénéfice de conditions matérielles d'accueil réservées aux demandeurs d'asile au motif qu'ils sollicitaient un réexamen de leur demande. Par décision du 15 août 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a déclaré irrecevable leur demande de réexamen.
5. M. et Mme C soutiennent qu'ils se trouvent, avec leurs enfants, dans une situation de grande précarité, que Mme C souffre de pathologies incompatibles avec une vie sans hébergement et qu'ils ont appelé plusieurs fois le 115 aux fin d'obtenir un hébergement d'urgence, en vain. Toutefois, s'agissant de l'état de santé de Mme C, les requérants ne versent au dossier qu'une ordonnance de médicaments et une lettre rédigée par une assistante de service social de l'hôpital Joseph Ducuing en termes très généraux, ne précisant pas les pathologies affectant l'intéressée. Ces éléments, pas plus que les deux certificats de scolarité des enfants de M. et Mme C, ne permettent d'établir que les requérants se trouvent dans une situation de précarité telle qu'elle justifie l'intervention, à brefs délais du juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, et sans qu'il y ait lieu d'admettre les requérants à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la requête de M. et Mme C, y compris les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La demande de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et Mme D C.
Une copie en sera adressée à Me Francos.
Fait à Toulouse, le 22 septembre 2022.
Le juge des référés
David A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
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