jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2205579 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AMARI DE BEAUFORT-TERCERO-YEPONDE ATY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées les 21 et 26 septembre 2022, Mme D A, représentée par Me Amari de Beaufort, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 7 septembre 2022 par lequel la préfète de l'Aveyron a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination ainsi que l'arrêté du même jour l'assignant à résidence sur le territoire de la commune de Truel ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner le renvoi de l'examen de la demande de titre de séjour à une formation collégiale et d'annuler les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et l'assignant à résidence ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, à la préfète de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation sous astreinte de 100 euros par jour de retard dans un délai de quinze jours après la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise en violation de son droit d'être entendue ;
- elle est fondée sur un refus de séjour illégal ;
- elle est contraire au droit au respect de la vie familiale de son couple ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- l'autorité préfectorale n'a pas pris en compte les circonstances particulières et sa situation conjugale ;
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire ;
- elle est irrégulière en raison de ce qu'elle lui impose une présence quotidienne à son domicile ;
- elle porte une atteinte à sa liberté d'aller et de venir excessive au regard des buts poursuivis et incompatibles avec sa vie familiale ;
Par un mémoire en défense enregistré 27 septembre 2022, la préfète de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. JOZEK,
- les observations de Me Amari de Beaufort, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que Mme A est mariée religieusement, qu'ils sont parents de deux enfants majeurs, nés en 1995 et 1999, que M. C a rejoint le territoire français, qu'il a été admis au séjour pour soins, qu'il a été bénéficiaire de multiples titres de séjour salariés temporaires, que la requérante a rejoint son mari en 2018, qu'elle a demandé l'asile, que leur mariage a été enregistré au consulat le 11 août 2021, que le préfet a convoqué la requérante le 6 juillet 2022, que cette audition n'avait que pour but d'actualiser la situation de la requérante suite à sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, que cette audition s'est faite sans interprète, que la préfecture reconnaît que la requérante n'a pas été entendue sur la perspective d'une mesure d'éloignement sans délai et l'assignation à résidence, que la mesure viole donc le droit d'être entendu de Mme A, que s'agissant du refus de séjour, la vie commune a été interrompue mais le fils de la requérante atteste que la relation a toujours existé en dépit de cette séparation, que dès le retour de Mme A, elle et son époux ont commencé à vivre ensemble, que cependant en raison de l'irrégularité du séjour, son nom ne figurait pas sur les documents, que la préfecture reproche à son époux de ne pas avoir demandé le regroupement familial, qu'il n'a cependant jamais été informé qu'il pouvait présenter une telle demande, d'autant qu'il est en cours de renouvellement de ce titre et sous récépissé, qu'au surplus la circonstance que la requérante puisse bénéficier d'un regroupement familial ne suffit pas pour justifier une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, que l'administration ne conteste pas la réalité de la vie commune du couple, qu'ils sont appréciés dans leur village et intégrés, alors même que la requérante ne parle pas encore le français, que la préfecture se réfère au fichier TAJ de l'époux et d'un témoin, que pourtant elle devait en application de l'article 29 du code de procédure pénale justifier de l'habilitation de l'agent ayant consulté le fichier TAJ, qu'au demeurant il ne s'agit pas de parties à la procédure, que d'ailleurs ces procédures ont été classées et sont sans intérêt pour apprécier la situation familiale de Mme A et de son époux, que la préfecture a pris un refus de délai de départ volontaire et une assignation, qu'en effet la requérante ne s'est pas présentée mais elle n'a pas compris son obligation alors que le lieu de pointage se situe à trente kilomètres de son domicile, que la mesure apparaît totalement démesurée au regard des buts poursuivis,
- les observations de Mme A, assistée de Mme Jorjik'ia interprète en géorgien, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- la préfète n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante géorgienne, née le 9 juin 1972 à Zugdidi (Géorgie), déclare être entrée sur le territoire français le 17 mars 2018. Elle a introduit une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 21 septembre 2018 et par la Cour nationale du droit d'asile le 26 juin 2019. Le préfet de la Haute-Garonne a pris le 25 juillet 2019 un premier arrêté l'obligeant à quitter le territoire français. Mme A a ensuite sollicité le réexamen de sa demande d'asile, que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a décidé de clôturer le 22 mars 2021. Le 30 avril 2021, le préfet de la Haute-Garonne a pris un second arrêté portant obligation de quitter le territoire français, assorti d'une interdiction de retour d'une durée de six mois. Mme A a sollicité son admission au séjour le 21 octobre 2021 auprès de la préfecture de l'Aveyron sur le fondement des article L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par deux arrêtés du 7 septembre 2022, la préfète de l'Aveyron lui a refusé l'admission au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a assignée à résidence. Mme A demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.
Sur la compétence du magistrat désigné :
2. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-8 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence d'un étranger en situation irrégulière, les requêtes dirigées contre les décisions faisant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour sur ce territoire prises à son encontre, les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination, ainsi que la décision d'assignation à résidence, doivent être instruites et jugées selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces dispositions et celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative font obstacle à ce que le magistrat désigné en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, saisi de la situation d'un étranger placé en centre de rétention administrative ou assigné à résidence à la suite d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français, examine la décision de refus de séjour qui relève de la compétence de la formation collégiale du tribunal administratif.
3. En l'espèce, en raison de la mesure d'assignation à résidence prononcée à l'encontre de Mme A le 7 septembre 2022, il y a lieu pour le juge compétent au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions obligeant l'intéressée à quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination. En revanche, les conclusions à fin d'annulation de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour relève de la compétence de la formation collégiale du tribunal.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
S'agissant de l'illégalité de la décision portant refus de séjour :
4. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial :
1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans /()/ " et de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille () ". Aux termes de l'article R. 434-4 du même code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes () ".
6. Il est constant que le conjoint de la requérante, M. C, qui a obtenu un premier titre de séjour pour raisons médicales en 2014 est présent sur le territoire français depuis plus de dix-huit mois à la date de la décision attaquée. Il bénéficie désormais d'un titre de séjour portant la mention " travailleur salarié " d'une durée de validité d'un an. Au cours de la période de douze mois précédant la décision attaquée, M. C a été employé successivement comme ouvrier agro-alimentaire puis comme veilleur de nuit. Les salaires mensuels versés à M. C, tels qu'ils ressortent des bulletins de paie et contrats de travail produits à l'instance, excèdent tous le montant du salaire minimum de croissance. Dans ces conditions, ainsi que le soutient la préfète de l'Aveyron, Mme A entrait dans les catégories qui ouvrent droit au regroupement familial. La préfète pouvait, pour ce seul motif, refuser de l'admettre au séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit donc être écarté.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ".
8. La requérante fait valoir qu'elle s'est mariée religieusement avec M. C en 2011, qu'ils ont vécu ensemble en Géorgie jusqu'au départ de celui-ci en 2012 pour des raisons médicales, que M. C a obtenu un premier titre de séjour en 2014, qu'elle rejoint son conjoint en France en 2018, qu'ils ont officialisé leur union au consulat de Géorgie en août 2021, que l'état de santé de son époux nécessite des soins et enfin que M. C a pu trouver un logement et plusieurs emplois. Il ressort cependant des pièces du dossier que Mme A, entrée irrégulièrement sur le territoire français, s'y est maintenue en dépit de deux mesures d'éloignement prononcées le 25 juillet 2019 et le 30 avril 2021. Elle n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où résident les deux enfants majeurs du couple. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 6, Mme A entre dans les catégories qui ouvrent droit au regroupement familial. Elle ne peut, dans ces circonstances, être regardée comme justifiant de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels de nature à faire regarder le refus de séjour comme entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour.
S'agissant des autres moyens dirigés contre la mesure d'éloignement :
10. En premier lieu, le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas où la décision portant obligation de quitter le territoire français est prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus de titre de séjour. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour. La requérante qui a sollicité la délivrance d'un titre de séjour a donc été mise à même de faire valoir, avant l'intervention de l'arrêté en cause, tous éléments d'information ou arguments de nature à influer sur le contenu de la mesure contestée. Le moyen tiré de son droit à être entendue doit être écarté.
11. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français la préfète de l'Aveyron aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
12. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionne´ au 3° de l'article L. 612-2 peut être regarde´ comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / / 5° L'étranger s'est soustrait a` l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () ".
13. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a fait l'objet de deux mesures d'éloignement prises par le préfet de la Haute-Garonne le 25 juillet 2019 et le 30 avril 2021, assortie pour la deuxième d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois. Il ressort également de son entretien du 5 juillet 2022 qu'elle n'a jamais exécuté ces décisions. La seule présence de son mari sur le territoire français, alors qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches en Géorgie où résident ses enfants, ne constitue pas une circonstance particulière, de nature à justifier que lui soit accordé un délai de départ volontaire. Dans ces conditions, la préfète, qui a pris en considération la situation matrimoniale de l'intéressée, a pu, sur le fondement des dispositions précitées refuser d'octroyer un délai de départ volontaire à Mme A.
En ce qui concerne la décision portant l'assignation à résidence :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 13 que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision l'assignant à résidence serait privée de base légale.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement sans délai de départ volontaire ou pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 733-2 du même code : " L'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures. () ". Il résulte de ces dispositions que la préfète a pu, sans commettre d'irrégularité, obliger Mme A à demeurer dans les locaux où elle réside à Truel (Aveyron) chaque jour de 13 heures 00 à 16 heures 00.
16. En troisième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la mesure, qui l'assigne à résidence à Truel, commune où elle habite avec son mari, serait incompatible avec sa vie familiale. Enfin, si la requérante soutient que la mesure est disproportionnée au regard du but poursuivi, dès lors que le commissariat auquel elle est astreinte à se présenter deux fois par semaine se trouve à trente kilomètres de son lieu de résidence, elle n'invoque aucune circonstance particulière de nature à l'empêcher de respecter les obligations prescrites. L'autorité administrative n'a donc pas porté une atteinte excessive à la liberté d'aller et venir de la requérante.
17. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 7 septembre 2022 par lesquels la préfète de l'Aveyron l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a assignée à résidence.
18. Les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent par conséquence être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'examen des conclusions à fin d'annulation de la décision du 7 septembre 2022 portant refus de délivrance d'un titre de séjour est renvoyé devant une formation collégiale du présent tribunal.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à Me Amari de Beaufort et à la préfète de l'Aveyron.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
F. JOZEK Le greffier,
M. POUPART
La République mande et ordonne à la préfète de l'Aveyron en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026