vendredi 26 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2205602 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 septembre 2022 et 28 février 2023, M. B A, représenté par Me Montazeau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 avril 2022 par lequel le maire d'Albi a délivré un permis de construire modificatif à la SCCV Albi Développement portant sur la modification d'un projet de 188 logements collectifs autorisé par un permis de construire initial délivré le 20 octobre 2020 sur un terrain sis 30 boulevard Valmy à Albi ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Albi la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation du permis de construire modificatif accordé à la SCCV Albi Développement ;
- les modifications apportées par le permis de construire modificatif sont tellement importantes qu'elles auraient dû faire l'objet d'un nouveau permis de construire ;
- le permis de construire modificatif attaqué méconnaît les règles d'urbanisme applicables dès lors que les constructions se situent à moins de 20 mètres du tronc d'un cèdre âgé de 150 ans et de plus de 20 mètres de hauteur, et qu'un grand platane est également appelé à disparaitre ;
- il méconnaît les prescriptions A25 et A26 du schéma de cohérence territoriale (SCOT) dès lors que, d'une part, le projet n'est desservi que par une seule ligne de transport en commun, ce qui est insuffisant ; d'autre part, la zone deux roues n'est pas accessible au public et il n'y en a pas d'autre à proximité du projet ;
- il est contraire à l'ensemble des dispositions du plan local d'urbanisme (PLU) et aux règles du plan de prévention des risques (PPR) ; la destination des sols est contraire au projet d'aménagement et de développement durable (PADD) local ainsi qu'aux lois d'aménagement et d'urbanisme ;
- il n'est pas compatible avec le SCOT ;
- le projet méconnaît l'article UM 4 du règlement du PLU, qui prévoit un principe de continuité des façades sur voie, dès lors que le bâtiment constitué du foyer jeune actif ne va pas d'une limite à l'autre du terrain ;
- les dispositions du PLU ne sont pas en cohérence avec les dispositions du PADD ;
- le projet méconnaît l'article 2.2 du PADD en ce qu'il ne prévoit pas de dessertes et d'accès aux modes de déplacements doux et de trottoirs élargis ;
- le projet méconnaît les dispositions du PADD en ce qu'il ne prévoit pas de parking visiteur alors qu'il n'existe aucun mode de transport doux ;
- il n'y a pas suffisamment d'arbres accompagnant les places de stationnement ;
- les aires de présentation des ordures ménagères ne sont pas toutes en front de voirie publique.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 octobre 2022 et 25 février 2023, la SCCV Albi Développement, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que M. A ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2023, la commune d'Albi conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir de M. A ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 27 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Poupineau,
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public,
- les observations de Me Montazeau, représentant M. A,
- celles de Mme C, pour la commune d'Albi,
- et celles de Me Niang, substituant Me Courrech, pour la SCCV Albi Développement.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 20 octobre 2020, le maire d'Albi a délivré à la SCCV Albi Développement un permis de construire, valant permis de démolir, un ensemble immobilier comportant 188 logements sur un terrain sis 30 boulevard Valmy à Albi. Par un arrêté du 15 avril 2022, le maire d'Albi a délivré un permis de construire modificatif à la SCCV Albi Développement. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de ce permis modificatif.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la SCCV Albi Développement et la commune d'Albi :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial ou après avoir épuisé les voies de recours contre le permis initial, ainsi devenu définitif, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé.
4. D'une part, il est constant que M. A n'a pas contesté le permis de construire initial délivré, le 20 octobre 2020, à la SCCV Albi Développement pour la construction d'un ensemble immobilier de 188 logements. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le permis de construire modificatif en litige autorise la modification de l'unité foncière par la substitution de la parcelle 438 à la parcelle 637, retirée du terrain d'assiette du projet, une augmentation du nombre de logements ainsi que l'ajout de places de stationnement en surface et en sous-sol. M. A, propriétaire de la parcelle n° 345 sise 26 boulevard de Valmy à Albi, et, à ce titre, voisin immédiat du projet faisant l'objet du permis modificatif attaqué fait valoir que les modifications apportées au projet initial sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la modification autorisée porte sur neuf logements supplémentaires, réalisés au sein de la " résidence jeune ", qui est suffisamment éloignée de la parcelle du requérant pour ne pas en être visible ni être à l'origine des vues en surplomb sur son jardin dont il se plaint. De même, la parcelle 438, ajoutée à l'unité foncière, n'est pas mitoyenne du terrain de M. A et n'a pas vocation à accueillir de construction selon les indications figurant sur le plan de masse joint au dossier de demande. Enfin, et alors que cinq des neuf nouvelles places de stationnement prévues doivent être réalisées en sous-sol et qu'une seule des quatre places en surface sera située à proximité de la parcelle du requérant, il n'apparait pas que cette modification minime apportée au projet initial pourrait être de nature à affecter sensiblement les conditions de jouissance de son bien. Dans ces conditions, la SCCV Albi Développement et la commune d'Albi sont fondées à soutenir que M. A ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation du permis de construire modificatif délivré le 15 avril 2022 à la SCCV Albi Développement.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Albi, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui.
7. La commune d'Albi, qui n'est pas représentée par un avocat, ne justifie pas de frais particuliers qu'elle aurait exposés dans le cadre de la présente instance. Ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent donc qu'être rejetées.
8. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A, en application de ces dispositions, une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par la SCCV Albi Développement et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Albi au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : M. A versera à la SCCV Albi Développement la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la SCCV Albi Développement et à la commune d'Albi.
Délibéré après l'audience du 12 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.
La présidente-rapporteure,
V. POUPINEAU
L'assesseure la plus ancienne,
M. ROUSSEAULa greffière,
B. RODRIGUEZ
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
N°2205602
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026