vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2205663 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 septembre 2022 et le 12 mars 2024, Mme B A, représentée par Me Laclau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 mars 2022 par lequel le ministre délégué auprès de la ministre de la transition écologique, chargé des transports, lui a infligé un blâme, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'un défaut de motivation dès lors qu'il ne permet pas de connaître les faits exacts qui lui sont reprochés ;
- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis
- l'enquête réalisée par le cabinet Better Human est irrégulière dès lors qu'elle ne relate pas l'ensemble des témoignages recueillis ; le rapport d'enquête se borne à recenser les témoignages recueillis mais n'en révèle pas le contenu exact ;
- le dossier disciplinaire est opaque et ne contient pas les témoignages des personnes interrogées ;
- les faits qui lui sont reprochés, à savoir un comportement relationnel ayant induit une souffrance au travail et une insuffisance managériale, s'ils sont constitutifs d'une insuffisance professionnelle, ne peuvent être qualifiés de faute disciplinaire ;
- le dossier disciplinaire traduit un management défaillant de sa supérieure hiérarchique, qui n'a eu de cesse de la déresponsabiliser ; elle a été elle-même arrêtée à raison de sa souffrance au travail, au cours des années 2019, 2020 et 2021 ;
- la décision attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 novembre 2023, le 2 février 2024 et le 11 avril 2024, le ministre chargé des transports conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La requête a été communiquée à l'école nationale de l'aviation civile, qui n'a pas produit d'observations.
Par une ordonnance du 21 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rousseau,
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public,
- et les observations de Me Touboul, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A a été recrutée le 1er octobre 2009 comme agent contractuel et affectée à l'école nationale de l'aviation civile (ENAC) sur les fonctions d'adjointe à la responsable de la bibliothèque. Elle a été titularisée le 1er janvier 2019 dans le corps des attachés d'administration de l'Etat puis affectée à l'ENAC à compter du 1er mai 2020. Par un arrêté du 10 mars 2022, le ministre chargé des transports lui a infligé un blâme. Mme A a formé un recours gracieux contre cette décision par courrier du 20 mai 2022. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 mars 2022 et la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 2° Infligent une sanction ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'autorité qui prononce une sanction disciplinaire a l'obligation de préciser elle-même, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre de l'agent intéressé, de sorte que celui-ci puisse, à la seule lecture de la décision qui lui est notifiée, connaître les motifs de la sanction qui le frappe.
4. En l'espèce, la décision attaquée est motivée par la circonstance que " le comportement relationnel de Mme B A a induit une souffrance au travail et une insuffisance managériale au sein de son service d'affectation ". Une telle motivation, qui ne comporte la mention d'aucun fait précis de nature à caractériser les manquements reprochés à Mme A, ni les dates auxquelles ces faits se seraient produits, ne permet pas à l'intéressée de connaître avec suffisamment de précision les faits à raison desquels l'autorité investie du pouvoir disciplinaire a entendu la sanctionner. Par conséquent, Mme A est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 10 mars 2022 par lequel le ministre chargé des transports a prononcé à son encontre la sanction de blâme.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : L'arrêté du 10 mars 2022 du ministre chargé des transports est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à Mme porte la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre délégué auprès de la ministre de la transition écologique, chargé des transports.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
La rapporteure,
M. ROUSSEAU
La présidente,
V. POUPINEAU
La greffière,
B. RODRIGUEZ
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès de la ministre de la transition écologique, chargé des transports en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026