lundi 17 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2205672 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP LONQUEUE - SAGALOVITSCH - EGLIE-RICHTERS ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Sabatté, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 11 juillet 2022 par lequel Toulouse métropole a prononcé à son encontre la sanction de révocation de ses fonctions à compter du 1er août 2022 ;
2°) d'enjoindre à Toulouse métropole de le réintégrer dans ses fonctions dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
s'agissant de la condition tenant à l'urgence :
-l'arrêté contesté, qui met fin à sa carrière de fonctionnaire territorial et le prive ainsi de toute rémunération, préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation ;
-il n'a bénéficié d'aucun accompagnement concernant notamment les démarches lui permettant de bénéficier des allocations d'aide au retour à l'emploi et il s'est heurté le 5 septembre 2022 à un refus de versement opposé par Pôle Emploi au motif que sa demande d'allocation relevait de la compétence de son employeur, Toulouse métropole ;
-il est privé depuis le 1er août 2022 de toute ressource financière alors qu'il percevait antérieurement un revenu mensuel net d'environ 1 500 euros et se trouve dans l'impossibilité de couvrir ses charges incompressibles ;
-s'il a vocation à percevoir les allocations d'aide au retour à l'emploi dans les mois à venir, leur montant mensuel d'environ 1 000 euros ne lui permettra pas de sortir d'une situation financière difficile ;
s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
-la compétence de l'auteur de l'arrêté contesté n'est pas établie ;
-l'arrêté en litige est entaché d'un vice de procédure le privant de garanties tiré de la méconnaissance des droits de la défense dès lors que le rapport de saisine proposant une sanction de révocation à son encontre a été établi sans que ses observations n'aient pu être recueillies ou prises en compte dans l'appréciation de la situation, ce alors même que ce rapport comporte plusieurs témoignages à charge émanant de collègues qui, pour la grande majorité d'entre eux, n'étaient pas présents lors de l'altercation à l'origine de la procédure disciplinaire ;
-la réalité de l'affirmation contenue dans ce rapport selon laquelle il aurait fait l'objet, " par le passé ", d'une sanction du premier groupe, n'est aucunement établie ;
-l'autorité disciplinaire a occulté les circonstances précises et complètes ayant mené à l'agression physique reprochée et les faits sur lesquels se fonde l'arrêté en litige sont en conséquence matériellement inexacts ;
-l'inexactitude matérielle des faits tient également à ce qu'ils reposent sur des témoignages incohérents, sans lien direct avec l'agression physique reprochée, émanant de personnes qui éprouvent une animosité certaine à son égard ;
-la sanction de révocation est disproportionnée dès lors que c'est en réalité le collègue à qui il a asséné le coup de poing qui est à l'origine de l'altercation, que la gravité du geste de violence doit être relativisée, que ses fonctions d'agent d'entretien n'impliquent pas d'exemplarité particulière, enfin qu'il n'a aucun passif disciplinaire et que ses évaluations font état d'une exemplarité professionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, Toulouse métropole, représentée par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. B la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
-la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite dès lors que le retard dans le versement de l'allocation à laquelle M. B a droit est imputable à sa propre imprudence ;
-il y a lieu de prendre en compte, dans l'appréciation de cette condition d'urgence, le versement de cette allocation ;
-compte tenu du montant de cette allocation, soit un peu plus de 1 200 euros par mois correspondant à une fraction substantielle de sa rémunération antérieure, ainsi que de la durée pendant laquelle elle sera versée, soit durant deux ans, aucune circonstance ne justifie que, sans attendre que le jugement soit rendu au fond, l'exécution de la décision attaquée soit suspendue ;
-une avance sur le versement de cette allocation a d'ores et déjà été réalisée à titre de régularisation ;
-M. B n'établit pas que l'exécution de la décision attaquée aurait pour effet de rendre ses ressources insuffisantes au regard de ses charges financières ;
-le comportement de l'intéressé compromet le bon fonctionnement du service et l'intérêt général fait obstacle à la reconnaissance d'une situation d'urgence justifiant la suspension de l'exécution de la décision attaquée et donc à sa réintégration ;
-et qu'aucun des autres moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
-les autres pièces du dossier ;
-la requête n° 2205411 enregistrée le 13 septembre 2022 tendant à l'annulation de la décision contestée.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 octobre 2022, en présence de Mme Tur, greffière d'audience :
-le rapport de M. C,
-les observations de Me Sabatté, représentant M. B, qui a repris et développé ses écritures, en faisant valoir que la condition tenant à l'urgence est bien satisfaite en raison de l'objet-même de la mesure en cause, à savoir une radiation des cadres, et en insistant notamment sur le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée en mettant en cause le fondement légal de la délibération du président de Toulouse métropole portant délégation de signature temporaire pour une durée de quatre jours à un membre du bureau, sur l'absence de démonstration de la matérialité des faits reprochés ainsi que sur le caractère disproportionné de la sanction,
-et les observations de Me Taddéi, substituant Me Lonqueue, représentant Toulouse métropole, qui a repris ses écritures en insistant particulièrement sur l'absence d'urgence à suspendre la décision en litige.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur et de l'argumentation présentée en défense, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'arrêté contesté, M. B expose que cette décision met fin à sa carrière de fonctionnaire territorial et le prive de toute rémunération, en ajoutant que le bénéfice à venir de l'allocation d'aide au retour à l'emploi ne lui permettra pas de sortir d'une situation financière difficile. Il ressort toutefois des pièces versées dans l'instance que l'intéressé, qui fait état d'un montant de charges mensuelles d'environ 530 euros, dont un loyer de 410 euros, non comprises les dépenses alimentaires et de transport, a vocation à percevoir cette allocation, dont le montant s'élève à un peu plus de 1 200 euros par mois, pour une durée maximale de deux ans. Par ailleurs, il apparaît que Toulouse métropole a accompli les diligences nécessaires pour que lui soit versé, le 3 octobre 2022, un acompte de 800 euros à titre d'avance afin de pallier le dépôt tardif du dossier de demande de bénéfice de cette allocation. Dans ces circonstances, l'existence d'une situation d'urgence susceptible de conduire le juge des référés à faire usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas caractérisée. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, il y a lieu de rejeter les conclusions de M. B tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 11 juillet 2022 et, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Toulouse métropole, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B, au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B la somme demandée par Toulouse métropole, au même titre.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de Toulouse métropole présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Toulouse métropole.
Fait à Toulouse, le 17 octobre 2022.
Le juge des référés,
B. C
La greffière,
P. TUR
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026