jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2205861 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LASPALLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 octobre 2022 et un mémoire en production de pièces enregistré le 10 octobre 2022, M. C B, représenté par Me Laspalles, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a prononcé son transfert aux autorités allemandes responsables de sa demande d'asile et l'arrêté du même jour par lequel il a été assigné à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué définitivement sur sa demande d'asile dans le délai de 72 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, en application des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne les deux arrêtés :
- ils sont entachés d'un défaut de motivation ;
En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités allemandes :
- il a été signé par un auteur incompétent ;
- il méconnait l'article 26 du règlement (UE) n° 604/2013 en l'absence de mention des informations relatives à la possibilité de transfert volontaire ;
- il n'indique pas que la France sera responsable du traitement de sa demande d'asile à l'issue d'un délai de six mois suivant l'acceptation des autorités allemandes ;
- il méconnaît l'article 5 du règlement n° 604/2013 en ce qu'il n'est pas établi que l'entretien individuel ait été mené dans le respect de cet article ;
- il n'est pas établi qu'il ait reçu toutes les informations requises et notamment les brochures relatives à l'application du règlement n° 604/2013 en temps utile et dans une langue qu'il comprend ;
- il méconnait l'article 29 point 1 du règlement (UE) n° 603/2013 dès lors qu'il n'a pas reçu les informations requises lors de la prise d'empreintes ;
- il méconnait l'article 25 point 4 du règlement (UE) n° 603/2013 dès lors qu'il n'est pas justifié de la vérification de la comparaison des empreintes par un expert en empreintes digitales ;
- le préfet a pris sa décision sans prendre en compte ses observations ;
- le préfet ne pouvait pas légalement décider de le transférer d'office sans le mettre en mesure de quitter volontairement le territoire national ;
- il n'est pas démontré que les autorités allemandes aient été saisies d'une demande de prise en charge, ni que ces autorités aient exprimé leur accord ;
- le préfet n'a pas expliqué son refus de mettre en œuvre les clauses discrétionnaires de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 et de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet n'a pas mis en œuvre les clauses discrétionnaires ;
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
- il est entaché d'un défaut de base légale ;
- l'assignation à résidence n'est pas nécessaire ;
- il est porté une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir ;
- il n'est pas démontré que l'exécution de la mesure de transfert représenterait une perspective raisonnable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013,
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Laspalles, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que la brochure relative aux empreintes lui a été remise en langue française, que le requérant est âgé de trente-cinq ans, qu'il est titulaire d'un master, qu'il est de confession chrétienne, dans un pays très majoritairement musulman, qu'il a été victime de discriminations, qu'il a obtenu un visa des autorités allemandes mais a toujours eu comme projet de venir sur le territoire national pour y demander l'asile, qu'il n'est resté que quelques heures en Allemagne, qu'il est venu à Toulouse, qu'il fréquente une association diocésaine, qu'il est hébergé, qu'il apprend le français et souffre de problèmes de santé suite à un accident,
- les observations de M. B, assisté de Mme D, interprète en bengali, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 3 mai 1987 à Gopalganj (Bangladesh), de nationalité bangladaise, a déposé une demande d'asile enregistrée à la préfecture de la Haute-Garonne le 9 septembre 2022. La consultation du système " Visabio " a révélé que les autorités allemandes lui avaient délivré le 3 août 2022 un visa touristique, valable du 29 août 2022 au 25 septembre 2022, qui lui avait permis d'entrer en Allemagne avant son arrivée en France. Les autorités allemandes, saisies d'une demande de prise en charge de M. B le 19 septembre 2022, ont fait connaître leur accord explicite pour sa réadmission le 22 septembre 2022. Par un arrêté du 5 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a ordonné son transfert aux autorités allemandes responsables de sa demande d'asile. Par un arrêté du même jour, le préfet l'a assigné à résidence dans le département de la Haute-Garonne pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les deux arrêtés attaqués :
3. Les deux arrêtés contestés comportent l'énoncé des éléments de droit et de fait sur lesquels l'autorité préfectorale s'est fondée pour prendre ses décisions et ce de manière suffisamment développée pour permettre au requérant de les contester et au juge d'exercer son contrôle. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités allemandes :
4. En premier lieu, par un arrêté du 6 avril 2022 publié le jour même au recueil administratif spécial n° 31-2022-137, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme G E, directrice des migrations et de l'intégration, pour signer les arrêtés portant transfert d'un étranger dans le cadre de l'Union européenne. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. En deuxième lieu, l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 mentionne que le demandeur d'asile doit se voir remettre une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application dudit règlement, et, en tout état de cause, avant la tenue de l'entretien individuel prévu par les dispositions de l'article 5. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature de cette information, la remise de la brochure commune prévue par les dispositions précitées constitue une garantie pour le demandeur d'asile.
6. Il ressort des pièces produites en défense que le requérant s'est bien vu remettre, le 9 septembre 2022, jour de l'enregistrement de sa demande, la brochure A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et la brochure B intitulée " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", rédigés en bengali, langue qu'il a déclaré comprendre et savoir lire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à l'information doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel () est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. B a bénéficié de l'entretien individuel prévu par les dispositions précitées le 9 septembre 2022. Cet entretien s'est déroulé avec l'aide d'un interprète en langue bengali et a été conduit par un agent qualifié de la préfecture. L'intéressé a pu présenter, lors de cet entretien, toutes les observations pertinentes sur son itinéraire et sa situation personnelle. Rien ne laisse supposer que l'entretien ne se serait pas tenu dans le respect des prescriptions susvisées. Dans ces conditions, le vice de procédure tiré de la méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ne peut qu'être écarté.
9. En quatrième lieu, le préfet de la Haute-Garonne démontre, par les pièces qu'il produit, que la demande de prise en charge de M. B a été adressée aux autorités allemandes le 19 septembre 2022, soit dans le délai imparti par les dispositions du règlement (UE) n° 604/2013, sur le fondement de l'article 12 paragraphe 2 du règlement. Il établit également que les autorités allemandes ont accepté explicitement cette prise en charge le 22 septembre 2022 sur la base de ce même article. En conséquence, le moyen invoqué par le requérant à ce titre doit être écarté.
10. En cinquième lieu, les dispositions de l'article 26 du règlement (UE) n° 604/2013 n'imposaient pas à l'autorité préfectorale de mentionner dans l'arrêté la possibilité pour le requérant de se rendre en Allemagne par ses propres moyens, alors que celui-ci ne justifie d'ailleurs pas avoir fait part d'une telle intention. De même, aucune disposition n'imposait au préfet de l'informer de ce que la France deviendrait responsable de l'examen de sa demande d'asile si son transfert n'était pas exécuté dans un délai de six mois à compter de la décision. Il en résulte que les moyens invoqués en ce sens ne peuvent qu'être également écartés.
11. En sixième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 572-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le transfert d'un demandeur à l'Etat membre responsable peut être exécuté d'office sous réserve du respect de son droit au recours. Dès lors, le préfet de la Haute-Garonne pouvait légalement décider de transférer M. B sans le mettre auparavant en mesure de quitter volontairement le territoire national.
12. En septième lieu, la méconnaissance de l'obligation d'information prévue par l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013, qui a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile, ne peut, en tout état de cause, être utilement invoquée contre la décision de transfert.
13. En huitième lieu, il ressort des pièces du dossier que, pour procéder à la détermination de l'État membre responsable de la demande d'asile de M. B, les autorités françaises se sont exclusivement fondées sur le résultat de la consultation du traitement automatisé de données à caractère personnel " Visabio ", prévu au 1° de l'article L. 142-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non sur la comparaison des données dactyloscopiques de l'intéressé, relevées lors du dépôt de sa demande d'asile, avec celles contenues dans le système central " Eurodac ", prévu au règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 25 de ce règlement, relatif à l'exécution de cette comparaison et à la transmission des résultats, et notamment celles du 4 de cet article, concernant la vérification desdits résultats par un expert en empreintes digitales, est donc, en l'espèce, inopérant et doit être écarté comme tel.
14. En neuvième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision contestée, ni des autres pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen suffisant de la situation de M. B et, notamment, qu'il n'aurait pas tenu compte des observations formulées par l'intéressé ou qu'il n'aurait pas apprécié l'opportunité d'appliquer les clauses discrétionnaires prévues par les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013.
15. En dixième et dernier lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. () ". En outre, aux termes de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat qu'elle entend requérir, l'étranger bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la fin de la procédure de détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet Etat. () Le présent article ne fait pas obstacle au droit souverain de l'Etat d'accorder l'asile à toute personne dont l'examen de la demande relève de la compétence d'un autre Etat. ". La faculté laissée à chaque Etat de décider d'examiner une demande de protection qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement (UE) n° 604/2013, est discrétionnaire et ne constitue pas un droit pour les demandeurs.
16. Le requérant soutient qu'il est resté seulement trois jours, qu'il n'a jamais eu l'intention de solliciter l'asile en Allemagne et qu'il a fui le Bangladesh en raison de persécutions religieuses dès lors que M. B est de confession catholique. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que sa demande d'asile ne serait pas examinée par les autorités allemandes dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile ni que celles-ci n'évalueront pas, en toute hypothèse, les risques auxquels il serait exposé en cas de retour au Bangladesh. En outre, si M. B se prévaut de problèmes de santé consécutifs à un accident de moto au cours duquel il a été grièvement blessé à l'épaule, les seules pièces médicales produites, consistant en deux ordonnances délivrées au Bangladesh en 2019 et 2020, ne permettent pas d'établir que son état s'opposerait à son transfert vers l'Allemagne ou qu'il ne pourrait pas bénéficier des soins nécessaires en cas de retour dans cet Etat. Par suite, l'autorité préfectorale n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de faire usage de la clause dérogatoire prévue par les dispositions précitées.
17. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 octobre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a décidé de son transfert aux autorités allemandes.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de l'arrêté prononçant le transfert de M. B aux autorités allemandes doit être écarté.
19. En deuxième lieu, le requérant conteste le caractère nécessaire de l'assignation à résidence en se prévalant de ses garanties de représentation et de l'absence de risque de fuite. Toutefois l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne subordonne pas le prononcé de cette mesure à l'existence d'un tel risque. Il s'ensuit que le moyen ne peut qu'être écarté.
20. En troisième lieu, les décisions par lesquelles le préfet assigne à résidence, sur le fondement de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les étrangers faisant l'objet d'une mesure de transfert peuvent être prononcées à l'égard des étrangers qui ne disposent que d'une simple domiciliation postale. L'indication dans de telles décisions d'une adresse qui correspond uniquement à une domiciliation postale ne saurait imposer à l'intéressé de demeurer à cette adresse.
21. En l'espèce, l'autorité administrative n'a pas porté une atteinte excessive à la liberté d'aller et venir de l'intéressé en lui interdisant de se déplacer sans autorisation hors du périmètre du département de la Haute-Garonne et en l'obligeant à se présenter deux fois par semaine auprès du commissariat central de police de Toulouse alors que le requérant dispose d'une domiciliation postale à Toulouse.
22. En quatrième et dernier lieu, l'accord des autorités allemandes étant valide pour une période de six mois, le préfet a pu légalement estimer que l'exécution du transfert demeurait, à la date de la décision attaquée, une perspective raisonnable. Le moyen invoqué en ce sens sera donc également écarté.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 octobre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a assigné à résidence.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
24. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'injonction sous astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'État, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Laspalles la somme réclamée en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Laspalles et au préfet de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
F. A Le greffier,
M. F
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026