LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2205898

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2205898

vendredi 21 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2205898
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCOHEN-DRAI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 octobre 2022, M. D E, représenté par Me. Cohen Drai, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 7 octobre 2022 du préfet de la Haute-Garonne portant obligation de quitter le territoire français sans délai ;

3°) de statuer sur les dépens ;

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur auteur ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

-il pouvait légitimement prétendre à l'attribution d'un certificat de résidence de dix ans sur le fondement de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dès lors qu'à la date de la décision du refus de certificat de résidence, il justifiait de sept années de présence continue sur le territoire français et d'une vie affective et matérielle constante avec son épouse de nationalité française depuis plus de deux ans ;

- il justifie d'une résidence continue sur le territoire français depuis 2009 de sorte qu'il peut prétendre à l'attribution de plein droit d'un certificat de résidence d'un an en application du 1° de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;

- le refus de lui attribuer le certificat de résidence porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à son droit légitime de bénéficier de la délivrance de plein droit d'un certificat de résidence d'un an sur le fondement de l'article 6 (5°) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie familiale normale sur le fondement des article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et méconnaît les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par une pièce et un mémoire en défense, enregistrés les 19 et 20 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les observations de M. E, assisté de M. B C, interprète en langue arabe, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- les observations de M. G, représentant le préfet, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.

Considérant ce qui suit :

1.M. E, ressortissant algérien, né le 24 septembre 1980 à Mazouna (Algérie) est entré sur le territoire français le 15 août 2009 sous couvert d'un passeport algérien et d'un visa touristique. Le 8 novembre 2016, il s'est vu refuser la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans sur le fondement de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien, mais a obtenu la délivrance d'un certificat de résidence d'un an, valable du 6 juin 2017 au 5 juin 2018 en qualité de conjoint d'une ressortissante française. Le 20 juin 2018, il a sollicité le changement de statut et son admission au séjour en qualité de salarié sur le fondement de l'article 7 b de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 15 mars 2021, dont la légalité a été confirmée par le Tribunal administratif de Toulouse le 2 juin 2022, le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé le séjour et a prononcé une mesure d'éloignement. Le 7 octobre 2022, la même autorité a pris à son encontre un nouvel arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoie et l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par sa présente requête, M. E demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

3. Par un arrêté en date du 6 avril 2022, publié le même jour au recueil administratif spécial, le préfet de la Haute-Garonne a donné une délégation à Mme H F, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer les arrêtés établis en matière de police des étrangers et notamment les décisions d'éloignement et les décisions les assortissant. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de compétence de la signataire de l'arrêté contesté ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la décision attaquée vise les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise que M. E est entré sur le territoire français le 15 août 2009 sous couvert d'un passeport algérien revêtu d'un visa touristique et qu'il a fait l'objet d'un arrêté portant refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le français prononcé le 15 mars 2021. En outre, le préfet indique que M. E se déclare célibataire, sans enfant à charge et que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables. Elle précise qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. La décision attaquée comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision litigieuse doit être écarté.

5. En deuxième lieu, le requérant soutient qu'il pouvait prétendre à l'attribution d'un certificat de résidence de dix ans sur le fondement de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1987, dès lors qu'à la date de la décision du 15 juin 2016 lui refusant ce certificat, il justifiait de sept années de présence continue sur le territoire français et d'une vie affective et matérielle avec son ex-épouse de nationalité française. Toutefois, la décision du 15 juin 2016 ne constitue pas la base légale de l'obligation de quitter le territoire français attaquée et celle-ci n'a pas été prise pour l'application de cette décision. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans () ".

7. M. E soutient qu'il réside en France depuis plus de dix ans, dès lors qu'il est entré sur le territoire français en 2009 et n'a jamais quitté depuis cette date. A l'appui de ses allégations il se borne à produire un passeport revêtu d'un cachet portant la date du 15 août 2009, deux récépissés de demande de carte de séjour pour l'année 2020 et un récépissé pour l'année 2017, des avis d'impôt sur les revenues au titre des années 2018 et 2019, la notification d'un jugement de 2012, un bail conclu en décembre 2020 pour un logement à Ramonville, un courrier de la caisse primaire d'assurance maladie du novembre 2020, une attestation de paiement de la caisse d'allocations familiales pour le mois de novembre 2019, des bulletins de salaire pour les mois d'octobre et novembre 2019 et quelques attestations d'amis et de membres de sa famille écrites en mars 2021. Toutefois, pour les années 2010, 2011, 2013 à 2017, M. E ne produit aucun document justifiant de sa présence en France. Le requérant ne peut, à cet égard, se prévaloir des termes du jugement rendu par le Tribunal administratif de Paris le 30 avril 2012 selon lequel " M. E fait valoir () qu'il vit en concubinage avec une ressortissante française depuis 5 février 2011(..) " qui se borne à reprendre les propos du requérant sans porter d'appréciation sur la présence effective de l'intéressé en France depuis cette date. Le préfet de la Haute-Garonne n'a donc pas méconnu les dispositions précitées, en estimant que l'intéressé ne pouvait prétendre à la délivrance de plein droit d'un certificat de résidence sur le fondement des stipulations du 1° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : () 5) Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de son refus. "

9. En l'espèce, M. E est célibataire et sans charge de famille. S'il fait état de la présence des membres de sa famille en France, dont deux frères, une sœur et son père, il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal du 7 octobre 2022 qu'il a un enfant en Algérie. Ainsi qu'il a été dit au point 7, il n'est pas établi qu'il résiderait de manière habituelle sur le territoire national depuis plus de dix ans. Par ailleurs, il est constant qu'il a fait l'objet de trois mesures d'éloignement, le 7 septembre 2009, le 27 avril 2012 et le 15 mars 2021. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en édictant la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, de même que les moyens tirés de la méconnaissance du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien et de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation de M. E.

10. En cinquième et dernier lieu, M. E ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui régissent exclusivement la situation des ressortissants européens et des membres de leur famille.

11. Il résulte de ce qui précède M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 7 octobre 2022.

Sur les conclusions accessoires :

12. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par M. E sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M.E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D E, à Me Cohen Drai et au préfet de la Haute -Garonne.

Lu en audience publique le 21 octobre 2022.

Le magistrat désigné,

F. A Le greffier,

B. GALAND

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,2059

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions