jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2205906 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ALIBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2210673 du 4 octobre 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 alinéa 1 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 12 mai 2022, présentée pour Mme A B.
Par cette requête et des mémoires, enregistrés les 7 juin et 10 juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Alibert, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le compte rendu d'évaluation professionnelle annuelle du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020, ensemble la décision du 7 mai 2021 du premier président de la Cour des comptes rejetant sa demande tendant à la révision dudit compte rendu ;
2°) d'enjoindre au premier président de la Cour des comptes de procéder, sans délai, à l'organisation d'un nouvel entretien d'évaluation professionnelle au titre de l'année 2020 ;
3°) d'enjoindre au premier président de la Cour des comptes de lui communiquer le rapport circonstancié rédigé par le membre désigné du conseil supérieur des chambres régionales des comptes dans le cadre de sa demande de révision du compte rendu d'évaluation professionnelle du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020 en occultant, si besoin, les mentions relevant de l'article L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration, ainsi que l'extrait du procès-verbal du conseil supérieur des chambres régionales des comptes relatif à l'avis donné sur sa demande de révision du compte rendu d'évaluation professionnelle, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la Cour des comptes la somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 7 mai 2021 ne comporte aucune mention des voies et délais de recours, de sorte que sa requête, enregistrée le 12 mai 2022, soit dans le délai raisonnable d'un an à compter de la notification de la décision, est recevable ; en tout état de cause, cette décision lui a été notifiée le 12 mai 2021 ;
- l'accusé de réception du compte rendu d'entretien professionnel est daté du 1er février 2021 et le courrier mentionne une date de notification au " 20 janvier 2020 ", preuve de son erreur quant à la date de réception du compte rendu et du peu de crédit qu'il peut y être apporté ;
- la procédure d'évaluation est entachée d'irrégularités procédurales dès lors que le délai de prévenance de huit jours, préalable à l'entretien d'évaluation annuelle, fixé par l'article 2 du décret du 28 juillet 2010, n'a pas été respecté et que l'évaluateur n'a pas procédé à l'entretien d'évaluation annuelle au sens de l'article 3 dudit décret ;
- en outre, la durée de l'entretien, qui s'est déroulé au téléphone, a durée vingt et non trente minutes, ainsi qu'il est mentionné sur le compte rendu et l'évaluateur n'a pas joint les remarques qu'elle avait formulées à la suite de la transmission du compte rendu d'évaluation ;
- le compte rendu d'entretien et la décision du 7 mai 2020 sont révélateurs du harcèlement moral qu'elle a subi et dénoncé tant auprès de la médecin de prévention que du médiateur de la Cour des comptes ;
- le compte rendu d'entretien est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'évaluateur manquait d'impartialité ;
- le compte rendu d'évaluation est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- la décision de rejet de son recours gracieux se fonde sur l'avis du conseil supérieur des chambres régionales des comptes, qui est partial ;
- le conseil supérieur statue après avoir entendu le rapport circonstancié rédigé par un membre du conseil supérieur des chambres régionales des comptes, désigné par le premier président ;
- le respect des droits de la défense a été méconnu dès lors qu'elle n'a pas été entendue préalablement à la rédaction dudit rapport, conformément à l'article 32 du règlement intérieur du conseil supérieur des chambres régionales des comptes du 18 octobre 2018 et, en outre, la Cour des comptes a refusé de lui communiquer ledit rapport.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 avril et 7 juillet 2023, le premier président de la Cour des comptes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la requête est tardive dès lors, d'une part, qu'elle a été introduite le 12 mai 2022, soit plus d'un an et trois jours francs après la décision de rejet de son recours gracieux du 7 mai 2021 ;
- d'autre part, Mme B disposait d'un délai de deux mois à la suite de la notification du compte rendu d'entretien professionnel pour saisir le premier président de la Cour des comptes ; ledit compte rendu a été notifié à l'intéressée le 20 janvier 2021 ainsi qu'elle l'atteste dans un courrier du 1er février 2021 ; le bordereau notifiant la copie du compte rendu signée par le premier président le 4 janvier 2021 mentionnait le délai de deux mois pour formuler une demande de révision auprès du premier président ; le recours gracieux présenté le 31 mars 2021, soit postérieurement au délai de deux mois, n'a pu avoir pour effet de proroger le délai de recours contentieux, qui a donc commencé à courir le 20 janvier 2021 ;
- pour le surplus, les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des juridictions financières ;
- l'arrêté n° 18-455 du 21 juin 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Carotenuto,
- et les conclusions de M. Déderen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, directrice d'hôpital, a été détachée à la chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte-d'Azur du 1er septembre 2017 au 30 août 2020 en qualité de magistrat financier. Elle demande au tribunal d'annuler son compte rendu d'évaluation professionnelle du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020, ensemble la décision du 7 mai 2021 du premier président de la Cour des comptes rejetant sa demande tendant à la révision dudit compte rendu.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 225-1 du code des juridictions financières : " Un arrêté du premier président de la Cour des comptes pris après avis du Conseil supérieur des chambres régionales des comptes fixe la périodicité, le contenu et les modalités d'organisation de l'entretien d'évaluation, notamment l'autorité chargée de le conduire. " Aux termes de l'article R. 225-2 du même code : " Le premier président de la Cour des comptes, après avis du président de la chambre régionale des comptes, ou, pour les procureurs financiers, le procureur général près la Cour des comptes formulent une appréciation générale sur leur valeur professionnelle des magistrats. Les compétences des commissions administratives paritaires en matière d'évaluation professionnelle sont exercées par le Conseil supérieur des chambres régionales des comptes. () " Aux termes de l'article 11 de l'arrêté du 21 juin 2018 relatif à l'évaluation, à la proposition d'avancement de grade et à l'inscription sur la liste d'aptitude aux fonctions de président et de vice-président de chambre régionale et territoriale des comptes, des magistrats de chambre régionale des comptes : " Le magistrat peut demander au premier président de la Cour des comptes, président du conseil supérieur des chambres régionales des comptes, la révision du compte-rendu de l'entretien professionnel, dans le délai de deux mois à compter de sa notification. () ".
3. D'autre part, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale, et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. Il ressort des dispositions précitées de l'article 11 de l'arrêté du 21 juin 2018 que Mme B disposait d'un délai de deux mois pour demander au premier président de la Cour des comptes la révision de son compte rendu d'entretien professionnel. Il ressort des pièces du dossier que la copie du compte rendu d'entretien professionnel du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020, signée par le premier président de la Cour des comptes le 4 janvier 2021, a été notifiée, sous pli simple, à Mme B. Cette dernière, dans la lettre du 1er février 2021 par laquelle elle fait parvenir, en retour, l'accusé de réception de la copie dudit compte rendu, admet l'avoir " réceptionné[e] " le 20 janvier 2021. Ainsi, à cette date du 20 janvier 2021, Mme B a eu connaissance de son compte rendu d'entretien, étant sans incidence l'erreur de plume entachant la mention de l'année à laquelle l'intéressée a indiqué avoir réceptionné ledit compte rendu, " le 20 janvier 2020 ", et la circonstance que Mme B a signé l'accusé de sa réception à la date du 1er février 2021. Le bordereau de notification du compte rendu d'entretien d'évaluation mentionne que dans l'hypothèse où l'intéressée souhaite contester le contenu dudit compte rendu, il lui appartient, dans un délai de deux mois à compter de la présente notification, de formuler une demande de révision auprès du premier président conformément à l'arrêté n° 18-455 du 21 juin 2018. Il est constant que la requérante a, par une lettre datée du 31 mars 2021, adressé une demande de révision de son évaluation professionnelle au premier président de la Cour des comptes. La saisine du premier président de la Cour des comptes est donc tardive et n'a pu avoir pour effet de proroger le délai de recours contentieux. Par suite, la présente requête, enregistrée le 12 mai 2022 est, elle-même, tardive. La fin de non-recevoir opposée par le premier président de la Cour des comptes doit donc être accueillie.
5. Il résulte de ce qui précède, que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au premier président de la Cour des comptes.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.
La présidente-rapporteure,
S. CAROTENUTO
L'assesseur le plus ancien,
S. HECHT
La greffière,
S. SORABELLA
La République mande et ordonne au premier président de la Cour des comptes, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026