mercredi 19 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2205990 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GUEYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 octobre 2022 et un mémoire enregistré le 15 octobre 2022, M. D B A, représenté par Me Gueye, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2022 du préfet de la Haute-Garonne portant transfert aux autorités espagnoles ainsi que l'arrêté du même jour portant assignation à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de l'autoriser à déposer sa demande d'asile en France et de lui délivrer un récépissé de demande d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, et de le prendre en charge en attendant que sa demande d'asile soit traitée par la France ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative combiné à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté de transfert aux autorités espagnoles :
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entachée d'une erreur de droit, l'administration préfectorale ayant appliqué l'article 12.2 du règlement UE n° 604/2013 à la place de l'article 17 alors qu'il n'a jamais présenté de demande d'asile en Espagne où il n'a fait que transiter ;
-il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et de sa vie privée et familiale, dès lors qu'il n'a jamais demandé l'asile en Espagne et qu'il est un demandeur d'asile vulnérable ;
- il méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article 3 du règlement (UE) n'°604/2013 et l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, car, d'une part, l'Espagne connaît des défaillances systémiques concernant l'accueil des demandeurs d'asile et, d'autre part, sa vie est risquée en Espagne où des proches l'ont menacé ;
- il appartenait à l'administration de tenir compte de sa vulnérabilité, liée aux violences qu'il a subies en Guinée, en application de l'article L 551-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car il a des amis et quelques membres de sa famille en France ;
- il méconnaît les articles L. 571-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
- il est insuffisamment motivé ;
-il est entaché d'irrégularité dès lors que les faits allégués par l'administration ne peuvent caractériser un risque de fuite au sens de l'article L. 572-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il porte atteinte à sa liberté d'aller et venir et à son droit de demander l'asile ;
- il méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-sa situation de vulnérabilité, liée aux persécutions qu'il a subies, commande que la France étudie sa demande d'asile ;
- il méconnaît les articles L. 571-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car l'administration n'apporte pas la preuve de la formation de l'agent de l'OFI ayant évalué sa vulnérabilité ;
- il est disproportionné dans ces modalités ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013,
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Gueye, représentant M. B A, absent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que le requérant est né à Tindouf, dans le Sahara occidental, qu'il est apatride, que l'Espagne lui a donné un visa mais son objectif était de venir en France pour y demander l'asile, qu'il a subi des traitements inhumains et dégradants dans son pays en proie à des violences et à la guerre, que les sahraouis sont discriminés par l'administration marocaine, que c'est une personne très vulnérable, qu'il souhaite rester en France pour plusieurs raisons, du fait qu'il est vulnérable, que la préfecture n'a pas tenu compte du fait que son visa est expiré, que l'administration s'est basée sur l'article 12.2 du règlement qui n'est pas applicable en l'espèce, qu'il y a donc une erreur de droit et une erreur d'appréciation du dossier de M. B A, que l'assignation porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et de venir car il est obligé de se présenter deux fois par semaine, le lundi et mardi, au commissariat de Montauban, que cette obligation de présentation lui rappelle ce qu'il a vécu dans son pays d'origine, car il a été interpelé par la police marocaine, qu'il explique qu'il n'y a aucun risque qu'il se soustraite à cette contrainte car il s'est présenté à toutes les convocations, que la situation de vulnérabilité n'a pas été prise en compte pour prononcer son assignation, eu égard à ses difficultés psychologiques,
- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né le 2 avril 1979 à Tindouf, de nationalité indéterminée, a déclaré être entré sur le territoire français le 3 août 2022 et s'est présenté à la préfecture de la Haute-Garonne le 26 août 2022 pour y formuler une demande d'asile. La consultation du système " Visabio " a révélé qu'un visa lui a été délivré par les autorités espagnoles le 13 juillet 2022 valide du 25 juillet 2022 au 7 septembre 2022. Les autorités espagnoles ont été saisies le 8 septembre 2022 d'une demande de prise en charge de l'intéressé sur le fondement de l'article 12.4 du règlement (UE) n° 604/2013 et ont fait connaître leur accord le 15 septembre 2022 sur la base de l'article 12.2 de ce même règlement. Par deux arrêtés du 11 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a décidé du transfert de M. B A aux autorités espagnoles et l'a assigné à résidence. Par sa présente requête, M. B A demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté de transfert aux autorités espagnoles :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative () ". Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement du 26 juin 2013 et comprend l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre Etat membre, une telle motivation permettant d'identifier le critère de détermination dont il est fait application.
4. L'arrêté litigieux vise les textes dont il est fait application, notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.Il fait état de ce que le requérant s'est vu délivrer un visa par les autorités espagnoles valable jusqu'au 7 septembre 2022, cite les dispositions du 2 et du 4 de l'article 12 du même règlement et précise que les autorités espagnoles ont fait connaitre leur accord pour prendre en charge le requérant le 15 septembre 2022. Il mentionne également les raisons pour lesquelles il ne lui a pas été fait application des clauses dérogatoires. Par conséquent, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision litigieuse doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () 2. Si le demandeur est titulaire d'un visa en cours de validité, l'État membre qui l'a délivré est responsable de l'examen de la demande de protection internationale, sauf si ce visa a été délivré au nom d'un autre État membre en vertu d'un accord de représentation prévu à l'article 8 du règlement (CE) no 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas. Dans ce cas, l'État membre représenté est responsable de l'examen de la demande de protection internationale () 4. Si le demandeur est seulement titulaire d'un ou de plusieurs titres de séjour périmés depuis moins de deux ans ou d'un ou de plusieurs visas périmés depuis moins de six mois lui ayant effectivement permis d'entrer sur le territoire d'un État membre, les paragraphes 1, 2 et 3 sont applicables aussi longtemps que le demandeur n'a pas quitté le territoire des États membres ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B A s'est vu délivrer par les autorités espagnoles un visa qui lui a permis d'entrer sur le territoire des Etats membres. A la date de la décision attaquée, ce visa, valable du 25 juillet 2022 au 7 septembre 2022, était périmé depuis moins de six mois. Dans ces conditions, en applications des dispositions combinées du 2 et du 4 de l'article 12 du règlement. (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, l'Espagne était responsable de sa demande de protection internationale, alors même qu'il n'a pas présenté de demande d'asile dans ce pays. Le moyen tiré de l'erreur de droit commise par le préfet doit donc être écarté.
7. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Les Etats membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux (). La demande est examinée par un seul Etat membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable () 2. Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entrainent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'Etat membre procédant à la détermination de l'Etat membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre Etat membre peut être désigné comme responsable ".
8. D'autre part, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n'est pas responsable () ". Finalement aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
9. D'une part, si M. B A soutient que son transfert est irrégulier car l'Espagne connaît des défaillances systémiques concernant l'accueil des demandeurs d'asile, il n'établit pas l'existence de ces défaillances alors que l'Espagne est un Etat membre de l'Union européenne, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. S'il soutient d'autre part, que sa vie est risquée en Espagne car des proches l'ont menacé et se prétend qu'il serait exposé à des menaces dans ce pays en raison de son orientation sexuelle et de son appartenance à une tribu du Sahara occidental, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il serait exposé personnellement à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de transfert vers l'Espagne. Il n'a d'ailleurs évoqué aucune crainte en ce sens lors de son entretien individuel, pendant lequel il a seulement indiqué qu'il préférait rester en France mais que retourner en Espagne ne le dérangerait pas. Enfin, il ne ressort pas des pièces des dossiers, que l'intéressé serait dans une situation de particulière vulnérabilité imposant d'instruire sa demande d'asile en France. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
10. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précèdent du présent jugement, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant doit être écarté.
11. En cinquième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 551-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives au schéma national des demandeurs d'asile, est inopérant à l'appui de conclusions dirigées contre une décision de transfert.
12. En sixième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance./Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits de libertés d'autrui ".
13. Il ressort des pièces du dossier, notamment du résumé de l'entretien individuel du 26 août 2022, que M. B A, qui est entré récemment sur le territoire français le 3 août 2022 est célibataire et sans charge de famille et n'établit pas qu'il aurait fixé le centre de ses intérêts privés sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.
14. En septième et dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de articles L. 571-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit n'asile n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il doit être écarté.
15. Il résulte de ce qui précède que M. B A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 11 octobre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a décidé de son transfert aux autorités espagnoles.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
16. En premier lieu, l'arrêté mentionne les textes sur lesquels il se fonde. Il reprend les éléments essentiels relatifs à la situation personnelle de l'intéressé et mentionne avec suffisamment de précisions les circonstances de droit et de fait qui le fondent. Par suite, l'arrêté attaqué est suffisamment motivé.
17. En deuxième lieu, si M. B A soutient que la décision est entachée d'illégalités dès lors qu'aucun risque de fuite n'est caractérisé et qu'il bénéficie de garanties de représentations, un tel moyen est inopérant à l'encontre d'une décision portant assignation à résidence fondée sur l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont les dispositions ne subordonnent pas son prononcé à l'existence d'un tel risque.
18. En troisième lieu, l'autorité administrative n'a pas porté une atteinte excessive à la liberté d'aller et venir du requérant, en lui interdisant de se déplacer sans autorisation en dehors du département de Tarn-et-Garonne et en l'obligeant à se présenter chaque lundi et mardi à 10 heures aux services de commissariat central de police de Montauban. L'intéressé n'a d'ailleurs fait état d'aucune circonstance particulière de nature à l'empêcher de respecter les obligations ainsi prescrites par l'arrêté. Ainsi, la mesure en litige n'est pas disproportionnée. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
19. En quatrième lieu, l'arrêté attaqué a pour seul objet d'assigner le requérant à résidence et ne porte par lui-même aucune atteinte à son droit de demander l'asile, dont il a d'ailleurs fait usage.
20. En cinquième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne sont pas assortis de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
21. En sixième lieu, si M. B A soutient que sa vulnérabilité exige que la France étudie sa demande d'asile, il n'a fait état d'aucun problème de santé au cours de la procédure et ne verse aux débats aucun élément permettant d'établir que son état serait inconciliable avec la décision contestée. En outre, en se bornant à soutenir qu'il a toujours répondu aux diverses convocations qui lui ont été imposées, M. B A ne démontre pas que la décision serait illégale ou abusive.
22. En septième lieu, l'article L. 571-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Il est procédé à une évaluation de la vulnérabilité des demandeurs mentionnés à l'article L. 571-1, selon les modalités prévues au chapitre II du titre II, afin de déterminer leurs besoins particuliers en matière d'accueil. "
23. Il ressort des dispositions précitées que l'évaluation de la vulnérabilité du demandeur d'asile est prévue afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. L'absence d'une telle évaluation est sans incidence sur la légalité de l'arrêté portant transfert de l'intéressé aux autorités de l'Etat regardé comme responsable de l'examen de sa demande d'asile et des décisions prises en exécution de cet arrêté. Par suite, le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance de ces dispositions à l'encontre de la décision contestée.
24. Il résulte de tout ce qui précède que M. B A n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 11 octobre du préfet de la Haute-Garonne.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
25. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'injonction doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Gueye la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B A, à Me Gueye et au préfet de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
F. C Le greffier,
B. GALAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026