mercredi 26 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2206095 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CAMBON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2022, M. D A, représenté par Me Cambon, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté 18 octobre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a renouvelé son assignation à résidence ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros par application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une incompétence de son signataire ;
- l'arrêté, qui ne comporte aucune référence à son état de santé, est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'existait aucune nécessité de l'assigner à résidence, qu'il bénéficie de garanties de représentation, qu'il a satisfait à ses convocations et qu'aucun risque de fuite n'est caractérisé ;
- il porte une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir ainsi qu'à sa santé ; l'obligation de se présenter deux fois par semaine au commissariat de police n'est pas adaptée à sa santé ;
Par un mémoire en défense enregistré le 24 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Cambon, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que l'état de santé de M. A est connu de l'administration, que de ce point de vue le pointage deux fois par semaine a été très difficile à respecter, que la préfecture a bien pris en compte cette difficulté puisqu'elle ne l'a pas déclaré en fuite, qu'il s'agit de la dernière assignation, qu'il doit pouvoir se rendre à ses rendez-vous médicaux, que l'administration ne justifie pas des raisons pour lesquelles une troisième assignation a été prise,
- les observations de M. A, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent ni représenté.
Une note en délibéré présentée pour M. D A a été enregistrée le 24 octobre 2022 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 6 janvier 1995 à Conakry, de nationalité guinéenne, a fait l'objet du 2 août 2022 de deux arrêtés portant transfert aux autorités espagnoles et assignation à résidence. Le 6 septembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a prolongé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par un arrêté du 18 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a renouvelé cette assignation. Par sa présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté du 6 avril 2022 publié le même jour au recueil administratif spécial, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme E C, directrice des migrations et de l'intégration, pour signer les arrêtés portant transfert d'un étranger dans le cadre de l'Union européenne et les arrêtés d'assignation à résidence pour permettre l'exécution de ces transferts. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, notamment les articles L. 751-2 et 4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il fait également référence à l'arrêté de transfert aux autorités espagnoles du 2 août 2022, à l'arrêté du même jour portant assignation à résidence, ainsi qu'à l'arrêté du 6 septembre 2022 portant renouvellement d'assignation à résidence. En outre, le préfet indique que le transfert de M. A aux autorités espagnoles demeure une perspective raisonnable mais que la mesure ne peut être exécutée immédiatement et que l'intéressé justifie d'une adresse à Toulouse, commune dans laquelle il peut être assigné à résidence. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué est suffisamment motivé.
5. En troisième lieu, M. A conteste le caractère nécessaire de la décision en l'absence de risque de fuite compte tenu de ses garanties de représentation et qu'il a satisfait à toutes les convocations qui lui ont été adressées, un tel moyen est inopérant à l'encontre de la décision portant renouvellement de son assignation à résidence, dès lors que les dispositions de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne subordonnent pas le prononcé de cette mesure à l'existence d'un tel risque. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, l'autorité administrative n'a pas porté une atteinte excessive à la liberté d'aller et venir du requérant en lui interdisant de se déplacer sans autorisation en dehors du département de la Haute-Garonne et en l'obligeant à se présenter tous les lundis et mardis à 10h00 auprès des services du commissariat central de police de Toulouse. Si M. A soutient que ses problèmes de santé ne lui permettent pas de se présenter deux fois par semaine au commissariat de police, les seules pièces médicales versées au dossier, attestant que l'intéressé a été malade du 13 au 20 septembre 2022 et n'a pu se rendre à ses rendez-vous administratifs, ne suffisent pas à établir que son état de santé ne lui permettrait pas de respecter ses obligations de présentation. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 18 octobre 2022.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Cambon la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Cambon et au préfet de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
F. BLa greffière,
A. BACH
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026