mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2206172 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 octobre 2022, le 7 juillet 2023 et le 28 août 2023, Mme B C, représentée par Me Cayssials, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2022 par lequel le maire de la commune de Labarthe-sur-Lèze a délivré à la SAS Domaines du Sud Programmes un permis de construire pour la création de vingt-huit logements, dont huit logements locatifs sociaux, sur un terrain situé 929 avenue du Lauragais, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Labarthe-sur-Lèze la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet en méconnaissance de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme dès lors qu'il ne contient aucun plan de division ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet en méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dès lors que la notice descriptive ne mentionne pas le traitement réservé aux clôtures en limite séparative ;
- l'arrêté en litige méconnaît l'article UB 2.1.6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Labarthe-sur-Lèze dès lors que l'emprise au sol du projet excède 15 % de la superficie totale de l'unité foncière ;
- l'arrêté en litige méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de l'article UB 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Labarthe-sur-Lèze.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 1er février 2023 et le 24 juillet 2023, la commune de Labarthe-sur-Lèze, représentée par Me Courrech, conclut :
- à titre principal au rejet de la requête ;
- à titre subsidiaire à ce que le tribunal sursoit à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;
- en tout état de cause, à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 16 juin 2023 et le 24 juillet 2023, la société Domaines du Sud Programmes, représentée par Me Magrini, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 29 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 18 septembre 2023.
Un mémoire a été enregistré le 15 septembre 2023 pour la commune de Labarthe-sur-Lèze et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lucas, rapporteure,
- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,
- les observations de Me Pahor-Gafari, substituant Me Cayssials, représentant Mme C ;
- les observations de Me Marti, substituant Me Courrech, représentant la commune de Labarthe-sur-Lèze ;
- et les observations de Me Got, substituant Me Magrini, représentant la SAS Domaines du Sud Programmes.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Domaines du Sud Programmes a sollicité, le 25 février 2022, un permis de construire en vue de procéder à la construction d'un ensemble immobilier de vingt-huit logements, dont huit logements locatifs sociaux, répartis en six bâtiments, sur un terrain situé 929 avenue du Lauragais à Labarthe-sur-Lèze (Haute-Garonne). Par un arrêté du 15 juin 2022, le maire de la commune de Labarthe-sur-Lèze a accordé ce permis de construire. Mme C, voisine de ce projet, a exercé un recours gracieux contre cet arrêté, lequel a été rejeté le 22 août 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division (). " Aux termes de l'article L. 442-1 de ce code : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la SAS Domaines du Sud Programmes est propriétaire des parcelles n°s 239, 248, 249 et 251 et qu'une maison d'habitation se trouve déjà implantée sur la parcelle n° 249. Ces parcelles, qui forment un îlot d'un seul tenant appartenant au même propriétaire, constituent une seule unité foncière. Ainsi que l'a déclaré la société pétitionnaire au point 5.2 du formulaire Cerfa compris dans le dossier de demande de permis de construire, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait aliéné l'une des parcelles de l'unité foncière du projet ni qu'elle aurait pour intention de réaliser une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet. Dans ces conditions, le dossier de demande de permis de construire en litige n'avait pas à être complété par un plan de division et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / () / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / () / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / () ".
5. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire que celui-ci comporte une notice descriptive du projet qui mentionne que " les clôtures seront prioritairement des haies en pourtour des jardins privatifs, et seront doublées de grillage simple torsion de 1,20 m de hauteur ". Une telle description était suffisante pour permettre à la commune de Labarthe-sur-Lèze d'apprécier la conformité du projet en litige à la réglementation applicable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme doit être écarté.
6. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article UB 2.1.6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Labarthe-sur-Lèze : " 2.1.6 - EMPRISE AU SOL * Dans la zone UB : Pour les nouvelles constructions, l'emprise au sol ne doit pas excéder 30 % de la superficie de l'unité foncière. Pour les constructions existantes à la date d'approbation du Plan Local d'Urbanisme, l'emprise au sol ne doit pas excéder 40 % de la superficie de l'unité foncière. * Dans le secteur UBa : L'emprise au sol ne doit pas excéder : - 30% de la superficie de l'unité foncière si la construction principale ne comporte qu'un niveau / - 15% de la superficie de l'unité foncière si la construction principale comporte deux niveaux ". Aux termes des dispositions liminaires applicables dans la zone UB de ce règlement : " () Par dérogation prévue à l'article R.151-21 du Code l'Urbanisme, dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, les règles édictées par le Plan Local d'Urbanisme sont appréciées au regard de chacun des lots ". Aux termes de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme : " () / Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'ensemble du projet est apprécié au regard de la totalité des règles édictées par le plan local d'urbanisme, sauf si le règlement de ce plan s'y oppose ".
7. D'autre part, aux termes du lexique du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Labarthe-sur-Lèze : " Unité foncière : Elle est constituée de l'ensemble des parcelles cadastrales contiguës qui appartiennent au même propriétaire ou à la même indivision. () ".
8. Il résulte de ce qui a été énoncé au point 3 du présent jugement que les parcelles n°s 239, 248, 249 et 251 sont contigües et appartiennent au même propriétaire, de sorte qu'elles constituent une même unité foncière. En outre, le terrain d'assiette du projet n'a fait l'objet d'aucune division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement des travaux et il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'une telle division serait envisagée par la société pétitionnaire à l'issue des travaux. Dans ces conditions, la superficie qui doit être prise en compte pour calculer l'emprise au sol du projet est celle de la surface totale de l'unité foncière, soit 7 133 m2. Le terrain d'assiette du projet étant situé en zone UBa du plan local d'urbanisme et les constructions prévues présentant deux niveaux, l'emprise au sol ne doit pas excéder 15 % de l'unité foncière, soit 1 069 m2. Le projet en litige, qui présente une emprise au sol totale de 1 064 m2, ne méconnaît ainsi pas les dispositions précitées de l'article UB 2.1.6 du plan local d'urbanisme de la commune de Labarthe-sur-Lèze. Par suite, le moyen doit être écarté.
9. En quatrième et dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
10. D'autre part, aux termes de l'article UB 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Labarthe-sur-Lèze : " Tout projet de construction ou d'aménagement dans son ensemble, comme dans chacune de ses composantes, (parti architectural, rythme, proportions, matériaux, couleurs) doit s'inspirer du caractère du site où il doit s'insérer. Le volet paysager du dossier doit s'attacher à identifier ce caractère et à justifier le parti architectural d'ensemble retenu. Pour être autorisé, tout projet de construction nouvelle ou d'aménagement de construction déjà existante, doit garantir : - Le respect des conditions satisfaisantes en matière de salubrité, de commodité, d'ensoleillement et d'aspect général / - Une bonne adaptation au sol, la préservation de l'environnement, celle du caractère, de l'intérêt et de l'harmonie des lieux ou paysages avoisinants / - La recherche d'une certaine unité de style, de forme, de volume, de proportions de matériaux, de couleurs ".
11. Dès lors que les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Labarthe-sur-Lèze invoquées par la requérante ont le même objet que celles, également invoquées, de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme posant les règles nationales d'urbanisme et prévoient des exigences qui ne sont pas moindres, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Labarthe-sur-Lèze que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
12. Il ressort des pièces du dossier que le quartier dans lequel est situé le projet de construction en litige est composé majoritairement de maisons individuelles en R+1, qui, pour la plupart, ne présentent pas les marqueurs de l'architecture traditionnelle du midi toulousain, ainsi que de plusieurs immeubles collectifs en R+2. Le projet, qui prévoit la création de six bâtiments en R+1, d'une hauteur à la sablière comprise entre 5,50 mètres et 6,30 mètres, séparés les uns des autres par des espaces verts, s'intègre, par ses volumes, à la composition de ce quartier. En outre, le choix des matériaux et couleurs utilisés, qui sont similaires à ceux employés pour la plupart des constructions avoisinantes, ne porte pas atteinte à la qualité architecturale de ce quartier. Ainsi, le maire de la commune de Labarthe-sur-Lèze n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de son plan local d'urbanisme et le moyen doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 15 juin 2022. Sa requête doit donc être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la requérante soit mise à la charge de la commune de Labarthe-sur-Lèze, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C la somme de 750 euros à verser à la commune de Labarthe-sur-Lèze et la somme de 750 à verser à la SAS Domaines du Sud Programmes sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Mme C versera la somme de 750 (sept cent cinquante) euros à la commune de Labarthe-sur-Lèze et la somme de 750 (sept cent cinquante) euros à la SAS Domaines du Sud Programmes sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à la SAS Domaines du Sud Programmes et à la commune de Labarthe-sur-Lèze.
Délibéré après l'audience du 19 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
M. Quessette, premier conseiller,
Mme Lucas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.
La rapporteure,
E. LUCAS
Le président,
P. GRIMAUD
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026