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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2206178

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2206178

mercredi 21 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2206178
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBOUIX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 octobre 2022, et deux mémoires enregistrés le 10 novembre 2022 et le 2 décembre 2022, M. E B représenté par Me Bouix, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2022 par lequel le préfet du Tarn l'a obligé à quitter le territoire français dans les trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) de renvoyer à une formation collégiale l'examen de la légalité de la décision portant refus d'admission au séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet du Tarn de réexaminer sa situation, et de rendre une décision dans le délai de quatre mois, et de lui délivrer dans l'attente et dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de condamner l'Etat à une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle provisoire, de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à lui verser directement.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

-elles sont entachées d'un défaut de motivation ;

-elles sont entachées d'un défaut de d'examen sérieux de sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que les services préfectoraux en contestant son âge n'ont pas pris en compte l'ensemble des éléments de son dossier tel qu'exigé par l'avis rendu par le Conseil d'Etat le 21 juin 2022, la méthodologie énoncée par le Conseil d'Etat n'est pas respecté, l'ensemble des documents produits démontre sa minorité ;

- elle est entachée d'une erreur de fait quant à l'appréciation portée sur la valeur probante de ses documents d'état civil et d'identité présentée par lui, d'une part, les constatations des services de la police aux frontières, qui ne sont pas corroborées par les autorités étrangères émettrices de l'acte, ne permettent pas de remettre en cause la validité de documents d'état civil étranger, et notamment de son passeport déclaré authentique, d'autre part, le procès-verbal réalisé le 16 août 2021, accompagnant la consultation du fichier Visabio permettant de s'assurer de la régularité de la procédure ayant conduit à son extraction n'est pas produite, le procès-verbal produit est daté du 7 juillet 2020, soit antérieur de plus d'un an à la fiche Visabio, finalement le gardien de la paix M. D n'était pas habilité pour consulter les données inscrites dans ce fichier, en raison de cette discordance, il n'est pas possible de savoir quel est l'agent qui a procédé à la consultation du fichier Visabio le 16 août 2021 ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'application des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie du suivi réel et sérieux de sa formation professionnelle et de son insertion dans la société française ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dans l'application de l'article L 611-1-1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisqu'à la date de l'arrêté attaqué, il se trouvait en situation régulière sur le territoire français et avait déposé une demande de titre de séjour, le placement à l'aide sociale à l'enfance durant sa minorité l'a basculé dans une situation de séjour irrégulier ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est dépourvue de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation dès lors qu'elle fixe la République Démocratique du Congo en tant que le pays de destination, or il est de nationalité congolaise de République du Congo, il ne dispose d'aucune attache en République Démocratique du Congo et ne pourra y être admis ;

- elle est entachée d'une erreur de fait.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2022, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties des jours de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 décembre 2022 :

- le rapport de M. A,

- les observations de Me Bouix, représentant M. B, absent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que le requérant est absent car il poursuit sa formation professionnelle, que le requérant a été confié à l'ASE, qu'avant ses 18 ans, il a déposé une demande de titre de séjour, qu'il a bénéficié de plusieurs récépissés jusqu'à ce que la préfecture adopte l'arrêté attaqué, soulève l'exception d'illégalité du refus de séjour, qu'en effet, l'administration retient que les documents d'identité ne seraient pas probants, que le refus de séjour est entaché sur ce point d'une erreur de fait car il a produit un acte de naissance, qui a été jugé authentique, qu'il a également pu obtenir un passeport par les services consulaires, que la préfecture se fonde sur un extrait du relevé Visabio, qui relève qu'il y serait connu sous une autre identité, d'une personne majeure, qu'on ignore cependant comment cette fiche Visabio a été extraite en 2022 et si la personne a été habilitée à le faire, que si ce n'est pas le cas, ces éléments doivent être écartés, que le procès-verbal produit à cet égard par la préfecture concerne la procédure de détermination de la minorité devant le juge des enfants, que cette fiche comporte des incohérences entre l'âge de l'intéressé, la date de naissance et la date de délivrance de visa, qu'il n'est donc pas fiable, que la préfecture a consulté les autorités françaises en République du Congo, le ministère de l'intérieur et les services de coopération, que le seul élément qu'elle a obtenu est la copie d'un passeport présenté pour la demande de visa, sans qu'on sache si les autorités suisses ont contrôlé son authenticité, que la préfecture n'en a produit qu'une page, que ces autorités n'ont pas été consultées, que la technique consistant à recourir à des passeports d'emprunt est documentée, que le Défenseur des droits notamment en parle, que M. B dès son arrivée sur le territoire en a parlé devant le juge des enfants, que c'est pour cette raison que le juge pour enfants a procédé à des investigations dont un test osseux, que la question a donc été tranchée, que le requérant produit des documents probants, que le simple fait qu'il soit entré avec un passeport d'emprunt est insuffisant pour remettre en cause qu'il ait été admis à l'ASE avant 18 ans, qu'il y a également une erreur de droit au regard de la méthodologie définie par le Conseil d'Etat, que les préfecture doivent nécessairement prendre en compte l'ensemble des pièces du dossier dont les décisions du juge judiciaire, que ces éléments judiciaires sont absolument absents de l'arrêté attaqué, qu'enfin l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est méconnu puisqu'il justifie de 6 mois de formation professionnelle, que son employeur est d'ailleurs intervenu pour le soutenir, que l'obligation de quitter le territoire français comporte une erreur de droit puisqu'il a été confié à l'ASE, de sorte qu'il doit être considéré par la jurisprudence comme admis au séjour, de sorte que son entrée irrégulière a été régularisée, et qu'il a obtenu des récépissés, que la décision fixant le pays de renvoi comporte une erreur de droit car la République Démocratique du Congo n'est pas le pays dont il a sa nationalité,

- le préfet n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 5 septembre 2003 à Nyanga (République du Congo), de nationalité congolaise, alias M. F, né le 13 mai 1998 déclare être entré en France en mars 2020 et a été placé à l'aide sociale à l'enfance. Le 19 juillet 2021 M. B a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Le 19 septembre 2022, le préfet du Tarn lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure. Par sa présente requête M. B demande l'annulation de ces décisions.

Sur l'étendue du litige :

2. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. () Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction ou parmi les magistrats honoraires inscrits sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative statue dans un délai de six semaines à compter de sa saisine. () Lorsque l'étranger conteste une décision portant obligation de quitter le territoire fondée sur le 4° de l'article L. 611-1 et une décision relative au séjour intervenue concomitamment, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin statue par une seule décision sur les deux contestations. ".

3. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article R. 776-1 du code de justice administrative : " Sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions du chapitre IV du titre I du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 732-8 du même code, ainsi que celles du présent code, sous réserve des dispositions du présent chapitre, les requêtes dirigées contre : 1° Les décisions portant obligation de quitter le territoire français, prévues aux articles L. 241-1 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les décisions relatives au séjour notifiées avec les décisions portant obligation de quitter le territoire français ; () 4° Les décisions fixant le pays de renvoi prévues à l'article L. 721-4 du même code ".

4. Il ressort des pièces du dossier que par l'arrêté attaqué, le préfet du Tarn a rejeté la demande de titre de séjour de M. B. Il l'a, par ailleurs, obligé à quitter le territoire sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a fixé le pays de destination. Par la requête précitée, M. B demande l'annulation de ces décisions. Il résulte des dispositions combinées du code de justice administrative et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il n'appartient pas au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'un refus de titre de séjour dont il pourrait être saisi. Il y a donc lieu de statuer, dans la présente instance, uniquement sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions du 19 septembre 2022 portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit donc être écarté.

6. En deuxième lieu, il ne ressort pas de l'arrêté litigieux ni d'aucune pièce du dossier que le préfet du Tarn ne se serait pas livré à un examen réel et sérieux de la situation de M. B. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ;/ () / ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui est entré dans l'espace Schengen sous couvert d'un passeport d'emprunt revêtu d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires suisses à Kinshasa, ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français. La circonstance qu'il ait été confié à l'aide sociale à l'enfance et qu'il ait sollicité la délivrance d'un titre de séjour ne permet pas de le regarder comme étant, à la date de la décision attaquée, titulaire d'un titre de séjour en cours de validité au sens et pour l'application des dispositions précitées du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, M. B entrait dans le champ d'application de ces dispositions qui permettent au préfet de prononcer une obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.

9. En quatrième lieu, il est constant que l'illégalité d'un acte administratif, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale.

10. En l'espèce, si par la voie de l'exception M. B invoque l'illégalité de la décision lui refusant le séjour, il ressort des pièces du dossier, que la décision portant obligation de quitter le territoire français en litige n'est pas fondée sur le refus de titre de séjour que lui a opposé le préfet du Tarn mais a été légalement prise au motif que l'intéressé ne pouvait justifier être entré régulièrement en France. Par suite, M. B ne peut utilement faire valoir, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire national, les diverses illégalités dont serait entachée la décision de refus de titre de séjour.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui "

12. Il ressort des pièces du dossier, que M. B qui a déclaré être entré en France en mars 2020 et a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance, puis accueilli par un foyer à Graulhet dans le Tarn est célibataire et sans charge de famille. S'il fait valoir qu'il a obtenu son baccalauréat, qu'il a signé son premier contrat jeune majeur le 6 septembre 2022 et qu'il poursuit des études en BTS " maintenance des systèmes ", ces circonstances, eu égard au caractère récent de son arrivé sur le territoire, ne sont pas suffisantes, pour considérer qu'il a établi le centre de ses intérêts privés et professionnels en France. Par ailleurs, M. B ne démontre pas l'existence de liens anciens, stables et durables en France ni n'établit être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision du préfet du Tarn aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de l'intéressé.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

13. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. ".

14. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que M. B, dont le passeport et l'acte de naissance qu'il produit mentionnent qu'il est né en République du Congo et possède la nationalité de ce pays, serait originaire de la République Démocratique du Congo. En retenant que M. B était originaire de ce pays, dont il n'a pas la nationalité et où il n'est ni établi ni même allégué qu'il serait légalement admissible, pour désigner le pays de renvoi de la mesure d'éloignement, le préfet du Tarn a donc commis une erreur de fait et entaché sa décision d'un défaut d'examen. M. B est donc fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Tarn a désigné la République démocratique du Congo comme pays de renvoi.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 septembre 2022 en tant qu'il désigne la République démocratique du Congo comme pays de renvoi.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. Le présent jugement annule seulement la décision fixant le pays de renvoi et n'implique aucune mesure particulière pour son exécution. Par voie de conséquence, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant.

Sur les frais liés au litige :

17. D'une part, en sollicitant la condamnation de l'Etat à verser une somme à son avocat en application des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, moyennant renonciation de celui-ci à la contribution au titre de l'aide juridictionnelle, M. B doit être regardé comme demandant l'aide juridictionnelle provisoire. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, d'accorder à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

18. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bouix de la somme de 1 000 euros au titre de l'application combinée des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative,

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'examen des conclusions à fin d'annulation de la décision du 19 septembre 2022 portant refus de délivrance d'un titre de séjour est renvoyé devant une formation collégiale du tribunal.

Article 3 : L'arrêté du préfet du Tarn du 19 septembre 2022 est annulé en tant qu'il désigne la République démocratique du Congo comme pays de renvoi.

Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Bouix renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Bouix une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Me Bouix et au préfet du Tarn

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

F. A Le greffier,

M. C

La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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