mercredi 26 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2206201 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CANADAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en production de pièces enregistrés le 25 octobre 2022, M. A C, représenté par Me Canadas, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner le renvoi des conclusions aux fins d'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un certificat de résidence algérien de la préfète de l'Ain en date du 17 octobre 2022 devant la formation collégiale du tribunal administratif de Toulouse ;
3°) d'annuler les décisions en date du 17 octobre 2022 par lesquelles la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, au visa des dispositions combinées des articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative, le paiement d'une somme de 1 500 euros à son conseil, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat prévue en la matière ou, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ou totale, mettre à la charge de l'Etat le paiement de cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- les décisions litigieuses, qui ne comportent aucune énonciation précise relative à sa vie privée et familiale, sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur auteur ;
- elles portent atteinte à son droit de ne pas subir des traitements inhumains et dégradants tel que protégés par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi qu'une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de cette convention ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un certificat de résidence algérien :
- la préfète, qui n'a pas fait référence aux informations et pièces qui ont été remises à l'appui de la demande d'admission au séjour, a entaché sa décision d'un défaut d'examen sérieux ;
- la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation en considérant qu'il ne pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant ou au titre de la vie privée et familiale ou de salarié ou de l'admission exceptionnelle au séjour alors qu'il justifie de sept années de présence continue en France, qu'il est inscrit à l'université de Lyon, qu'il bénéficie d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps complet et entretient une relation sérieuse, stable et régulière avec sa compagne ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle en ce qu'elle ne prend pas en compte ses attaches familiales ;
- elle comporte pour sa situation personnelle des conséquences disproportionnées et d'une exceptionnelle gravité ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- l'autorité préfectorale a commis une erreur de droit en s'estimant liée par les critères posés par le 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation puisqu'il s'est maintenu, en dépit de deux mesures d'éloignement, sur le territoire français afin de poursuivre des études ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- l'administration a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est disproportionnée et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, puisque son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient, à titre principal, que la requête est tardive et, à titre subsidiaire, que les moyens de la requête en sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle,
- le code de justice administrative
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Canadas, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que le requérant est présent sur le territoire français depuis de nombreuses années, qu'il est entré régulièrement en France, a fait ses études en sciences du langage, que le préfet du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour, que malgré tout, le requérant a toujours occupé un emploi et entretient une relation avec sa compagne, ressortissante française, que l'autorité préfectorale retient essentiellement la condamnation pénale par le tribunal correctionnel, qu'il est inscrit à l'université de Lyon pour l'année 2022-2023, qu'il justifie avoir travaillé et produit une promesse d'embauche,
- les observations de M. C, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- la préfète de l'Ain n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 17 mai 1992 à Chabet El Ameur (Algérie), est entré sur le territoire français le 13 septembre 2015 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " valable du 25 août 2015 au 23 novembre 2015. Il a obtenu la délivrance de deux certificats de résidence algérien en qualité d'étudiant, valables du 7 octobre 2015 au 6 octobre 2017. Le 3 octobre 2017, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Le préfet du Rhône a pris à son encontre le 23 juillet 2018 un arrêté portant refus de renouvellement d'une carte de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination. Le 28 septembre 2020, l'intéressé a été interpelé et placé en garde à vue pour des faits de violences volontaires. Le préfet du Rhône a pris à son encontre le 29 septembre 2020 un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et l'interdisant de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. Le 8 novembre 2020, suite à une nouvelle interpellation, pour des faits de menaces volontaires avec arme blanche, le préfet du Rhône a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois. Le 24 juin 2022, M. C a sollicité auprès de services de la préfecture de l'Ain la délivrance d'un certificat de résidence algérien en application des articles 7 b) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 17 octobre 2022, la préfète de l'Ain a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par sa requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur la compétence du magistrat désigné :
3. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-8 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence d'un étranger en situation irrégulière, les requêtes dirigées contre les décisions faisant obligation de quitter le territoire, fixant le délai de départ volontaire et fixant le pays de destination prises à son encontre, ainsi que la décision d'assignation à résidence en procédant, doivent être instruites et jugées selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces dispositions et celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative font obstacle à ce que le magistrat désigné en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, saisi de la situation d'un étranger placé en centre de rétention administrative ou assigné à résidence à la suite d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français, examine la décision de refus de séjour qui relève de la compétence d'une formation collégiale.
4. M. C a été placé en rétention par une décision de la préfète de l'Ain du 23 octobre 2022. Par suite, il appartient au magistrat désigné de statuer sur la légalité des décisions du 17 octobre 2022 obligeant l'intéressé à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et l'interdisant de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. En revanche, il appartient seulement à une formation collégiale du tribunal administratif de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 17 octobre 2022 refusant à M. C la délivrance d'un titre de séjour. Par suite, il y a lieu de renvoyer en formation collégiale les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision portant refus de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
5. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par Mme E D, directrice de la citoyenneté et de l'intégration de la préfecture de l'Ain en vertu d'une délégation de signature consentie par la préfète de l'Ain par un arrêté du 31 janvier 2022 publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le 1er février suivant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées doit être écarté.
6. En deuxième lieu, la décision contestée vise les textes dont elle fait application, en particulier le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et expose les circonstances de faits propres à la situation personnelle de M. C, dont les éléments sur lesquels la préfète de l'Ain s'est fondée pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien et des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour l'obliger à quitter sans délai le territoire français, fixer le pays de destination et l'interdire de retour pour une durée de deux ans. Dans ces conditions, la décision attaquée, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permettent ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé, est suffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
7. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
8. M. C fait valoir qu'il est inscrit à l'université de Lyon au titre de l'année universitaire 2022-2023, qu'il dispose d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps complet, que des membres de sa famille sont présents sur le territoire national et enfin qu'il entretient une relation stable, sérieuse et régulière avec sa compagne. Toutefois, cette circonstance ne suffit pas à démontrer l'intensité des liens privés et familiaux qu'il allègue. S'il se prévaut de la présence de sa famille, dont son frère, et de sa compagne sur le territoire français, il a passé l'essentiel de son existence en Algérie où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-trois ans et où résident, selon ses propres déclarations, ses parents et l'un de ses frères. Par ailleurs, l'intéressé, lors de son audition par les services de police le 22 octobre 2022, a déclaré être célibataire et sans enfant et que la relation qu'il entretient avec sa compagne n'avait pas plus d'un an. Enfin, ayant fait l'objet en 2021 d'une condamnation à quatre mois d'emprisonnement avec sursis probatoire de deux ans pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité et violence sur une personne chargée de mission de service public sans incapacité, il constitue une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, la préfète de l'Ain ne peut être regardée comme ayant porté une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. En quatrième et dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui n'est opérant qu'à l'égard de la décision fixant le pays a destination duquel le requérant doit être renvoyé, n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de la décision portant obligation de quitter le territoire, ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux et suffisant de la situation du requérant.
11. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français emporterait pour sa situation personnelle des conséquences disproportionnées et d'une exceptionnelle gravité.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire
12. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté litigieux ni des autres pièces du dossier que l'autorité préfectorale se serait estimée liée par les critères fixés à l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () /5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ".
14. Compte tenu des faits exposés au point 1, M. C, qui s'est soustrait à l'exécution de plusieurs décisions portant obligation de quitter le territoire, présente un risque de soustraction à la nouvelle mesure d'éloignement décidée à son encontre, justifiant que la préfète de l'Ain refuse de lui accorder un délai de départ volontaire. La circonstance que M. C se soit inscrit, au titre de l'année universitaire 2022-2023 en troisième année de licence " Sciences de l'éducation et de la formation ", alors qu'il a cessé son parcours universitaire en 2017 et est âgé de trente ans, ne constituent pas des circonstances particulières susceptibles de faire obstacle à la décision attaquée. Par suite, la préfète a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, ne pas lui accorder de délai de départ volontaire sur le fondement des dispositions combinées du 3° de l'article L. 612-2 et du 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui a été développé aux points 5 à 11 que le requérant n'est pas fondé à se prévaloir de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision portant fixation du pays de destination.
16. En second lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision fixant le pays a destination duquel le requérant doit être renvoyé, n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
17. En premier lieu, il résulte de ce qu'il précède que le requérant n'est pas fondé à se prévaloir de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
18. En deuxième lieu, selon l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
19. En l'espèce, M. C est célibataire et sans charge de famille et ne justifie pas de l'ancienneté et de la stabilité de sa relation avec sa compagne. Il a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement. De plus, ainsi qu'il a été dit au point 8, sa présence sur le territoire représente une menace pour l'ordre public. Par conséquent et en l'absence de circonstance humanitaire, la préfète de l'Ain n'a commis aucune erreur d'appréciation en prononçant à son encontre une interdiction de retour pendant une durée de deux ans.
20. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète de l'Ain en date du 17 octobre 2022.
Sur les conclusions accessoires :
21. Le présent jugement rejetant les conclusions à fin d'annulation, les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation de la décision du 17 octobre 2022 par laquelle la préfète de l'Ain a refusé de délivrer un titre de séjour à M. C sont renvoyées à une formation collégiale du tribunal administratif.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à Me Canadas et à la préfète de l'Ain.
Lu en audience publique le 26 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
F. B Le greffier,
B. GALAND
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
N°22062017
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026