mercredi 2 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2206262 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | KOSSEVA-VENZAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 octobre 2022, M. D G, représenté par Me Kosseva-Venzal, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2022 par lequel la préfète de l'Ariège a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi ou, à titre subsidiaire, de renvoyer en formation collégiale les conclusions dirigées contre la décision portant refus de séjour et d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2022 en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2022 par lequel la préfète de l'Ariège l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
4°) d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) d'enjoindre à la préfète de mettre fin à la mesure d'assignation à résidence ;
6°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à titre subsidiaire, sur le fondement du seul article L. 761-1.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont entachées d'incompétence ;
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'un défaut de motivation en droit et en fait ;
- la préfète, qui a prononcé son arrêté deux heures après le début de la procédure contradictoire, n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation privée et familiale ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et les articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation en droit et en fait ;
- la préfète, qui a prononcé son arrêté deux heures après le début de la procédure contradictoire, n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation privée et familiale ;
- la décision, qui a été prise deux heures après sa présentation personnelle en préfecture et le dépôt de sa demande de titre de séjour, a été prise en violation de son droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir ;
- elle est privée de base légale ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et les articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- la préfète, qui ignore les annulations prononcées par le tribunal administratif et retient qu'il n'a pas de passeport en cours de validité, a retenu des motifs totalement erronés ;
- la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est privée de base légale dès lors qu'elle est fondée sur l'obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- la décision, qui ne vise pas les dispositions des articles L. 733-1 et 2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne précise aucun élément relatif à sa situation personnelle et familiale, est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît l'article R. 733-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est privée de base légale ;
- elle est entachée d'erreur de droit, d'erreur de qualification juridique des faits et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir car elle a été prise dans le but de le priver de sa liberté d'aller et de venir et de l'obliger à résider dans un endroit déterminé par l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en application des dispositions de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; les modalités de la mesure sont disproportionnées ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2022, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. F,
- les observations de Me Kosseva-Venzal, représentant M. G, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, remet des pièces médicales ainsi que l'arrêté du 25 octobre 2022 obligeant Mme C à quitter le territoire français et précise que M. G a été placé en centre de rétention, mais a refusé d'embarquer car il a fait l'objet d'une convocation déloyale, que d'ailleurs la cour d'appel a annulé la rétention (pièce n°54), que suite à cette rétention, la famille a respecté ses obligations même si elle était astreinte à résider dans un hôtel, que les requérants se sont présentés en préfecture pour la procédure contradictoire à laquelle ils ont été convoqués, qu'ils ont à cette occasion déposé une demande de titre de séjour, en produisant de nouvelles pièces, dont des certificats de scolarité mais aussi des pièces médicales, que la préfecture n'a pas examiné ces pièces, que les décisions étaient déjà prises lorsqu'ils se sont rendus en préfecture, que le couple fait l'objet d'un refus de titre assorti d'une obligation de quitter le territoire français, que cependant seul M. G fait l'objet d'une assignation à résidence, que le stratagème de la préfecture est incompréhensible, que Mme G a présenté une requête contre la décision dont elle fait l'objet devant une formation collégiale du tribunal, que le mémoire en défense, qui n'évoque ni le refus de séjour ni l'assignation à résidence, est strictement identique à celui présenté concernant les obligation de quitter le territoire français du mois de septembre 2021, que la situation des requérants n'a pas été examinée sérieusement, qu'il est impossible que l'administration ait, en deux heures, pris connaissance des nouvelles pièces et rédigé trois décisions, que tout laisse à penser que cette procédure contradictoire n'a été menée que parce que les précédentes mesures d'éloignement n'étaient plus exécutoires, que le défaut d'examen réel et sérieux est caractérisé, que les décisions mentionnent que les passeports ne sont pas valides alors que la préfecture dispose de copies des passeports depuis 2018, que l'administration évoque un laissez-passer des autorités albanaises qui n'est pas même produit, que l'assignation ne comporte aucune motivation sur l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, que l'ensemble des décisions méconnaissent ces stipulations conventionnelles, que le couple est en France depuis six ans, qu'ils ont trois enfants dont un enfant né sur le territoire français, que les attestations confirment le sérieux de la scolarité des enfants, que le couple est engagé dans des activités bénévoles, que le requérant et son épouse suivent des cours de français, que la vulnérabilité du requérant n'est pas même prise en compte par l'administration, que l'état de M. G nécessite une prise en charge sur le territoire national qu'il doit pouvoir bénéficier des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile , que le refus de délai de départ volontaire est d'application automatique alors que le requérant et son épouse ont des passeports en cours de validité, qu'ils ont une adresse stable, dont ils ont informé la préfecture (pièce n°62) et qu'ils ont des enfants scolarisés, que s'agissant du pays de renvoi, le requérant et son épouse ont voulu produire un article de presse (pièce n°48) qui permet facilement de les reconnaître, que la préfecture n'a pas tenu compte de cet article, que l'épouse du requérant a essayé de mettre fin à ses jours, qu'ils sont toujours recherchés, que le requérant a des contacts réguliers avec des proches en Albanie qui lui ont indiqué qu'il est toujours recherché, que M. G a refusé d'embarquer à deux reprises car il craint vraiment pour sa vie, que l'assignation à résidence concerne uniquement M. G et pas son épouse, qu'il est cependant impossible d'éclater la cellule familiale, dans deux hôtels éloignés, qu'il n'est pas logique d'avoir assigné le requérant seul, et d'affirmer que la cellule peut se reconstituer en Albanie, que la mesure est disproportionnée car elle l'oblige à pointer chaque jour au commissariat alors qu'il ne peut se rendre au commissariat qu'à pied, et qu'il est diabétique, que compte tenu de tous ces éléments, il est évident que l'objet de ces mesures n'est pas la sauvegarde de l'unité familiale mais son éclatement, pour essayer d'éloigner le requérant et obliger sa femme à le suivre avec leurs enfants, que toutes ces mesures sont détournées de leur but premier qui est de respecter le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et enfin que le requérant et sa famille méritent d'être admis au séjour,
- les observations de M. G, assistés par Mme E, interprète en langue albanaise, qui répond aux questions du magistrat,
- la préfète n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. D G, né le 16 septembre 1967, ressortissant albanais, est entré sur le territoire français le 19 juillet 2016, accompagné de son épouse, Mme C et de leurs deux enfants A et B, alors âgés de 7 et 8 ans. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 16 février 2017, puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 13 juillet 2017. L'OFPRA a également rejeté le 11 septembre 2017 la demande de réexamen présentée par M. G. Par un arrêté du 15 novembre 2017, la préfète de l'Ariège a obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. L'intéressé s'est maintenu en France et, par un arrêté du 26 avril 2021, la préfète de l'Ariège l'a de nouveau obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en l'interdisant de retour sur ledit territoire pendant une durée de douze mois. Le 29 avril 2021, M. G a demandé son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 27 mai 2021, la préfète de l'Ariège a rejeté cette demande et, par arrêté du 31 mai 2021, la même autorité l'a assigné à résidence. Toutefois, par un jugement du 10 juin 2021, le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulouse a annulé les arrêtés susmentionnés des 26 avril 2021 et 31 mai 2021 et a enjoint à la préfète de réexaminer la situation de l'intéressé. Par un arrêté du 29 septembre 2021, la préfète de l'Ariège a de nouveau obligé M. G à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur ledit territoire pendant une durée de douze mois. Enfin, par arrêté du 7 juin 2022, la préfète l'a assigné à résidence. Par un jugement du 16 juin 2022, le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulouse a annulé l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre de M. G et rejeté le surplus de la requête que celui-ci avait formée contre les arrêtés du 29 septembre 2021 et du 7 juin 2022. Par courrier du 11 octobre 2022, la préfète de l'Ariège a informé M. G qu'elle envisageait de prononcer à son encontre un nouvel arrêté portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi et l'a invité à se présenter en préfecture le 25 octobre 2022 à 14 heures 00 en vue de présenter ses observations. M. G s'est présenté, le jour convenu, en préfecture et a formulé à cette occasion une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par deux arrêtés du même jour, notifiés à 16 heures 00 et 16 heures 20, la préfète, d'une part, a rejeté la demande de séjour de M. G, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination, et d'autre part, a assigné l'intéressé à résidence dans le département de l'Ariège pour une durée maximale de quarante-cinq jours. Par sa requête, M. G demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur la compétence du magistrat désigné :
2. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-8 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence d'un étranger en situation irrégulière, les requêtes dirigées contre les décisions faisant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour sur ce territoire prises à son encontre, les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination, ainsi que la décision d'assignation à résidence, doivent être instruites et jugées selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces dispositions et celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative font obstacle à ce que le magistrat désigné en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, saisi de la situation d'un étranger placé en centre de rétention administrative ou assigné à résidence à la suite d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français, examine la décision de refus de séjour qui relève de la compétence de la formation collégiale du tribunal administratif.
3. En l'espèce, en raison de la mesure d'assignation à résidence prononcée à l'encontre de M. G, il y a lieu pour le juge compétent au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions obligeant l'intéressé à quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination. En revanche, les conclusions à fin d'annulation de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour relèvent de la compétence de la formation collégiale du tribunal.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
4. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
5. Par un arrêté du 18 août 2022, publié au recueil administratif le 26 août 2022, la préfète de l'Ariège a donné délégation à Mme H I, directrice de la citoyenneté et de la légalité, à l'effet de signer notamment les refus de séjour, les obligations de quitter le territoire français, les décisions fixant le pays de destination et les assignations à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
S'agissant du moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de séjour :
6. En premier lieu, la décision attaquée, qui vise les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rejette la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée par M. G pour le motif que l'intéressé entré en France à l'âge de trente-neuf ans ne justifie pas d'une ancienneté de résidence significative sur le territoire, qu'il n'a été admis au séjour qu'à titre temporaire le temps de l'instruction de sa demande d'asile, qu'il s'est maintenu sur le territoire en toute illégalité au mépris de mesures administratives prononcées à son encontre et confirmées par le tribunal administratif de Toulouse et qu'il ne justifie pas de considérations humanitaires ou exceptionnelles. Ainsi, cette décision mentionne, au regard du fondement invoqué à l'appui de la demande d'admission au séjour de M. G, les éléments de fait et de droit qui la fondent. Le moyen tiré du défaut de motivation doit par suite être écarté.
7. En deuxième lieu, la circonstance que la décision attaquée ait été notifiée deux heures après que M. G ait formé sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, alors que la situation de l'intéressé au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avait déjà été appréciée par l'administration à l'occasion de la demande qu'il avait présentée le 29 avril 2021 et avait donné lieu à une décision de rejet notifiée le 27 mai suivant, ne caractérise pas, par elle-même, un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et familiale.
8. En troisième lieu, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". En vertu de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Enfin, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
9. Si M. G résidait depuis près de six ans sur le territoire français à la date de la décision litigieuse, accompagné de son épouse et de leurs trois enfants dont le dernier, J, est né en France le 8 mars 2019, il n'en reste pas moins qu'il n'a été autorisé à y séjourner qu'à titre provisoire et qu'il s'y est maintenu en dépit de précédentes mesures d'éloignement. D'autre part, le requérant, dont l'épouse fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, ne se prévaut pas d'autres liens familiaux sur le territoire national et ne justifie pas d'une intégration sociale ou professionnelle significative en se bornant à mettre en avant ses activités de bénévolat au sein du centre d'activité de Pamiers des " Restaurants du Cœur " depuis l'année 2020 et sa participation à des cours de langue française organisés par l'union départementale des associations familiales de l'Ariège. Enfin, même si les jeunes J, B et A sont scolarisés respectivement en classe de petite section à l'école maternelle Gabriel Fauré, en classe de quatrième au collège Pierre Bayle et en classe de seconde au lycée Pyrène et si A et B font preuve d'un sérieux et d'une implication indéniables dans leurs parcours scolaires, dont témoignent les attestations produites, rien ne permet de présumer qu'ils ne pourraient pas poursuivre une scolarité normale en cas de retour dans leur pays d'origine, où leurs parents ne sont au demeurant pas dépourvus d'attaches familiales. Dans ces conditions, la préfète de l'Ariège n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en décidant de rejeter, le 25 octobre 2022, la demande d'admission exceptionnelle au séjour déposées par M. G sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, la décision en cause n'a pas porté une atteinte excessive à son droit au respect de la vie privée et familiale ou à l'intérêt supérieur de ses enfants. Elles n'ont donc pas non plus méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
S'agissant des autres moyens dirigés contre les obligations de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, l'obligation de quitter le territoire ayant été prise en raison du refus de titre de séjour, elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte. La motivation du refus de titre de séjour étant, ainsi qu'il a été dit au point 6, suffisante, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.
11. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.
12. En troisième lieu, d'une part, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". D'autre part, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche, qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer que, en cas de rejet de sa demande, il pourra faire l'objet, le cas échéant, d'une mesure d'éloignement du territoire français et d'une interdiction de retour. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ou de compléter ses observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français, la fixation du pays de destination et l'interdiction de retour, lesquelles sont prises concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.
13. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. G, qui a été convoqué en préfecture le 25 octobre 2022 à 14 heures 00 afin de produire tout élément permettant d'apprécier sa situation sur le territoire français et a présenté à cette occasion une demande d'admission exceptionnelle au séjour, aurait été empêché, lors du dépôt de sa demande de titre de séjour, de faire valoir auprès de l'administration tous les éléments jugés utiles à la compréhension de sa situation personnelle et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu, tel que garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne, ne peut qu'être écarté.
14. En troisième lieu, M. G n'établit pas le détournement de pouvoir qu'il allègue.
15. En quatrième lieu, le requérant ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par ailleurs, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, cette décision ne méconnaissent ni l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
16. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".
17. Si les pièces médicales produites par le requérant, en particulier le certificat médical du 20 octobre 2022, font état de " plusieurs pathologies de découverte récente " pour lesquelles des examens complémentaires sont demandés, leur contenu ne permet cependant pas à lui seul d'établir que l'état de santé de M. G serait, par sa gravité, susceptible de relever des dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
18. En premier lieu, pour décider d'obliger M. G à quitter le territoire français sans délai, la préfète de l'Ariège, qui a visé les articles L. 612-2 et 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a précisé, d'une part, que M. G s'est soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement et fait obstruction en refusant d'embarquer, d'autre part, qu'il a déclaré ne pas vouloir quitter le territoire français et, enfin, qu'il ne présente pas de document de voyage en cours de validité. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision litigieuse ne serait pas suffisamment motivée doit être écarté.
19. En deuxième lieu, il ne ressort ni des motifs de la décision en litige, ni d'aucune des autres pièces du dossier que la préfète de l'Ariège se serait abstenue de procéder à un examen particulier de la situation de l'intéressé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
20. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
21. Il ressort des pièces du dossier que M. G s'est soustrait à l'exécution de deux précédentes mesures d'éloignement, en date du 15 novembre 2017 et du 29 septembre 2021. Ainsi, alors même que l'intéressé a présenté un document de voyage valide jusqu'au 6 juin 2026, la préfète de l'Ariège pouvait, pour ce seul motif, qui constitue l'un des cas où le risque de fuite doit, sauf circonstance particulière, être regardé comme établi, décider qu'il serait obligé de quitter le territoire français sans délai. Il résulte de l'instruction que la préfète, qui n'a pas méconnu les annulations prononcées par le tribunal, aurait pris la même décision si elle s'était fondée seulement sur ce motif pour décider de l'obliger à quitter le territoire français sans délai. Par suite, le moyen tiré de ce que la préfète, en obligeant M. G à quitter sans délai le territoire français, aurait retenu des motifs erronés doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :
22. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
23. En deuxième lieu, la décision attaquée vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 711-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette décision mentionne que M. G, dont la demande d'asile a été rejetée, n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en Albanie. La décision attaquée comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.
24. En troisième lieu, selon l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Et selon l'article L. 721-4 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
25. Le requérant soutient qu'il risquerait d'être exposé à des traitements inhumains ou dégradants dans son pays d'origine en raison d'une vendetta avec un groupe mafieux. Mais, alors que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile ont rejeté sa demande d'asile et sa demande de réexamen, l'intéressé n'apporte aucun autre élément concret qu'un article publié dans " La Dépêche du Midi " se bornant à reprendre, sous couvert d'anonymat, leurs déclarations. Il n'établit donc ni la réalité et l'actualité des menaces alléguées, ni l'incapacité des autorités albanaises à assurer sa protection en cas de nécessité. Par conséquent, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
26. En premier lieu, l'arrêté attaqué visent les textes dont ils font application, notamment le 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. De plus, il précise les éléments de faits de la situation du requérant en particulier la circonstance que M. G a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, que les autorités albanaises ont donné leur accord pour sa réadmission, qu'un routing est cependant nécessaire pour mettre à exécution la mesure d'éloignement dont il fait l'objet et que l'intéressé justifie d'un domicile. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.
27. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision portant assignation à résidence serait privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
28. En troisième lieu, il résulte des dispositions de l'article R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'étranger faisant l'objet d'une assignation à résidence doit être informé de ses droits et obligations par un formulaire remis lors de la notification de la décision ou, au plus tard, lors de la première présentation aux services de police ou de gendarmerie. Il s'agit donc d'une formalité postérieure à l'édiction de la mesure d'assignation à résidence. Dès lors, la méconnaissance de ces dispositions est sans incidence sur la légalité de la mesure et le moyen doit être écarté comme inopérant.
29. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Ariège ne se serait pas livrée à un examen réel et approfondi de la situation du requérant.
30. En cinquième lieu, selon l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. () Les dispositions du présent article s'appliquent sans préjudice des possibilités d'assignation à résidence et de placement en rétention prévues au présent livre. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ".
31. D'une part, il ressort des dispositions précitées que la préfète de l'Ariège pouvait légalement décider d'assigner à résidence le requérant dès lors qu'aucun délai de départ volontaire ne lui a été accordé. D'autre part, rien ne permet de présumer que l'éloignement de l'intéressé vers l'Albanie ne resterait pas une perspective raisonnable dans le délai de quarante-cinq jours courant à compter du 25 octobre 2022. Enfin, la circonstance que le requérant, justifiant d'un passeport en cours de validité et d'un domicile, dispose de garanties de représentation est sans incidence sur la légalité de la mesure en litige dès lors que les dispositions précitées ne subordonnent pas leur prononcé à l'absence de telles garanties. Par voie de conséquence, il y a lieu d'écarter les moyens tirés de l'erreur de qualification juridique des faits et de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
32. En sixième lieu, M. G n'établit pas le détournement de pouvoir qu'il allègue.
33. En septième lieu, selon l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ". Aux termes de l'article L. 733-2 de ce même code : " L'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures. () ".
34. En l'espèce, l'arrêté attaqué impose à M. G de se présenter au commissariat de police de Pamiers du lundi au samedi à 10 heures, en dehors des jours fériés. Si le requérant estime que ces modalités présentent un caractère disproportionné, il ne justifie pas de contraintes personnelles ou professionnelles de nature à l'empêcher de respecter les obligations prescrites, alors, d'une part, que l'arrêté fixe comme domicile celui où il réside avec son épouse et leurs enfants, et, d'autre part, que son épouse n'est, pour sa part, astreinte à aucune mesure d'assignation.
35. En huitième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, la préfète n'a méconnu ni l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et n'a pas non plus commis d'erreur manifeste d'appréciation de la situation de M. G.
36. Il résulte de tout ce qui précède que M. G n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 25 octobre 2022 par lesquelles la préfète de l'Ariège l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a assigné à résidence pour une durée maximale de quarante-cinq jours dans le département de l'Ariège. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative combinées avec l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. G est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'examen des conclusions à fin d'annulation de la décision du 25 octobre 2022 portant refus de délivrance d'un titre de séjour est renvoyé devant une formation collégiale du présent tribunal.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D G, à la préfète de l'Ariège et à Me Kosseva-Venzal.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
F. FLe greffier,
B. ROETS
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ariège, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
No 2206262
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026