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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2206361

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2206361

jeudi 2 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2206361
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantGUEYE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er novembre 2022, M. A B, représenté par Me Gueye, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour : elle est insuffisamment motivée ; elle est entachée d'un détournement de procédure ; elle méconnaît l'accord franco-russe du 27 novembre 2009 ; elle est entachée d'erreur de fait et méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnait les dispositions de l'article L. 5221-20 du code du travail ; elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation des es conséquences sur sa situation personnelle ; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire : elle est insuffisamment motivée ; elle est entachée d'un défaut de base légale ; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours : elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi : elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français : elle est insuffisamment motivée ; elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense enregistré le 25 novembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 avril 2023.

Par ordonnance du X, la clôture d'instruction a été fixée au X.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Cherrier a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant russe né le 29 janvier 1993, déclare être entré en France le 5 janvier 2018. Le 29 janvier 2018, il a sollicité son admission au bénéfice de l'asile. Sa demande a été rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 12 novembre 2020, et il a fait l'objet, le 19 novembre 2020, d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français. La légalité de cet arrêté a été confirmée par un arrêt de la Cour administrative d'appel de Toulouse du 15 septembre 2022. Par une ordonnance du 7 juin 2021, la Cour nationale du droit d'asile a définitivement rejeté sa demande de réexamen de sa demande d'asile. Le 1er décembre 2021, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 3 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est ainsi suffisamment motivée.

3. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l''article 2 de l'accord conclu le 27 novembre 2009 entre la république de Russie et la république française : " Le présent Accord s'applique aux catégories suivantes de ressortissants des Parties :1. Employés des bureaux de représentation de représentation () ; 2. Employés d'un groupe de sociétés () ; 3. Dirigeants d'entreprise () ; 4. Travailleurs hautement qualifiés () ; 5. Jeunes professionnels : ressortissants d'une des Parties âgés de 18 à 30 ans, déjà engagés ou entrant dans la vie professionnelle, qui se rendent sur le territoire de l'autre Partie pour améliorer leurs perspectives de carrière et approfondir leurs connaissances de la société de l'Etat d'accueil grâce à une expérience de travail salarié chez un employeur de l'autre Partie avec lequel ils ont conclu un contrat de travail. 6. Personnes voyageant avec un visa " vacances - travail " () ; 7. Membres des familles (). " Aux termes de l'article 5 de cet accord : " Afin de faciliter l'exercice d'une activité professionnelle par les ressortissants mentionnés aux alinéas 1 à 6 de l'article 2 du présent Accord, les Parties renoncent, pour ces catégories, à l'application de quotas et : ' la Partie russe n'émet pas de conclusions sur l'opportunité d'embaucher de la main-d'œuvre étrangère ; / ' la Partie française n'examine pas la situation de l'emploi. ". Aux termes de l'article 6 de cet accord : " 1. Les missions diplomatiques et postes consulaires d'une Partie délivrent aux ressortissants de l'autre Partie appartenant aux catégories mentionnées à l'article 2 du présent Accord, à l'exclusion des ressortissants mentionnés aux alinéas 5 à 7 dudit article, un visa de long séjour à entrées multiples valable un an maximum dans le but d'exercer une activité professionnelle, et donnant le droit d'entrer et de séjourner de manière ininterrompue sur le territoire de l'autre Partie. () ". Aux termes de l'article 7 de ce même accord : "1. Les missions diplomatiques et postes consulaires d'une Partie délivrent gratuitement aux jeunes professionnels ressortissants de l'autre Partie un visa de long séjour à entrées multiples, valable un an maximum, donnant le droit d'entrer et de séjourner de manière ininterrompue sur le territoire de l'autre Partie dans le but d'exercer une activité professionnelle. A l'expiration de ce visa, le séjour peut être prolongé pour la durée de validité du contrat de travail, La totalité du séjour ne peut excéder deux ans. () ".

4. M. B, qui déclare séjourner en France depuis le 5 janvier 2018, produit une demande d'autorisation de travail reçue par la DIRECCTE le 13 mars 2020 et une promesse d'embauche en date du 4 octobre 2021 en qualité d'ouvrier bardeur. Ainsi, à la date à laquelle la demande initiale d'autorisation de travail a été présentée, il résidait déjà en France. Or, les stipulations précitées de l'article 2 ne sont applicables qu'aux jeunes travailleurs qui se rendent sur le territoire de l'autre partie de l'accord bilatéral franco-russe et non aux jeunes déjà présents sur le territoire français qui sollicitent un changement de statut et n'ont donc vocation à s'appliquer qu'aux ressortissants russes qui en invoquent le bénéfice depuis leur pays d'origine. Par suite, compte tenu de la continuité de son séjour en France depuis le 5 janvier 2018, M. B n'entre pas dans les prévisions des stipulations précitées de l'accord franco-russe et n'est donc pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait lesdites stipulations ou serait entachée d'un détournement de procédure à leur regard.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () "

6. En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat lui permettant d'exercer une activité, ne saurait être regardé, en principe, comme attestant, par là même, des motifs exceptionnels exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que, par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.

7. M. B soutient tout d'abord que le préfet a commis une erreur de fait en considérant qu'il ne disposait pas d'expérience professionnelle dans le bâtiment. Toutefois, si le requérant établit qu'il a occupé un poste de bardeur au sein de la SASU HR-CONSTRUCTION du 8 juin 202 au 1er février 2021, il n'établit pas, par la seule production d'un curriculum vitae, l'expérience professionnelle de six années dans ce secteur dont il se prévaut. Dès lors, c'est sans commettre d'erreur de fait que le préfet a pu retenir qu'il ne présentait pas une expérience significative dans le domaine du bâtiment.

8. Ensuite, il était loisible au préfet, dans le cadre de la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par M. B, d'examiner d'office si ce dernier pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, en relevant que le requérant ne remplissait pas les conditions permettant la délivrance d'un tel titre de plein droit, faute de justifier de la possession d'un visa de long séjour, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation ni entaché sa décision d'une erreur de droit.

9. Enfin, si l'intéressé se prévaut de l'ancienneté de sa présence en France, de la présence sur le territoire français de plusieurs de ses cousins ainsi que d'une demande d'autorisation de travail reçue par la DIRECCTE le 13 mars 2020 et d'une promesse d'embauche en date du 4 octobre 2021 pour des postes d'ouvrier bardeur en contrat à durée indéterminée, ces circonstances n'établissent pas une considération humanitaire ou un motif exceptionnel, au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de la Haute-Garonne n'a ni méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation à leur regard.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. M. B, qui déclare être présent en France depuis le 4 janvier 2018, n'a bénéficié d'un droit au maintien sur le territoire que durant le temps de l'examen de sa demande d'asile, laquelle a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 12 novembre 2020. Il ne justifie pas détenir des liens d'une particulière intensité en France et ne démontre pas ni même n'allègue être sans attache en Russie, où il a passé la majeure partie de sa vie. Par ailleurs, s'il a déclaré être célibataire lors de sa demande d'admission au séjour, il ressort des pièces du dossier qu'il est entré sur le territoire français avec son épouse, Mme C, ressortissante russe ayant fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 19 novembre 2020. Enfin, il ne justifie pas d'une intégration particulière sur le territoire national, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement prise à son encontre le 19 novembre 2020, qu'il n'a pas exécutée. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

12. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est ainsi suffisamment motivée.

13. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.

14. En troisième lieu, pour les motifs exposés au point 11, le moyen tiré de ce que cette décision méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :

15. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation personnelle de M. B présentait, à la date de la décision attaquée, un caractère exceptionnel justifiant que le préfet lui accorde un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

16. Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Et selon l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

17. En l'espèce, si M. B soutient qu'il risque d'être soumis à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Russie, en ce qu'il serait alors enrôlé de force dans l'armée russe et contraint de combattre en Ukraine, cette allégation n'est pas établie, aucune pièce du dossier ne permettant de démontrer qu'il risquerait d'être personnellement et directement exposé à des traitements inhumains ou dégradants, ou que sa vie serait menacée, en cas de retour dans son pays d'origine, alors qu'au demeurant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile ont conclu au rejet de sa demande d'asile. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est ainsi suffisamment motivée.

19. En deuxième lieu, Aux termes des dispositions de l'article L. 612-8 du code précité : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

20. M. B, qui déclare être entré sur le territoire français le 5 janvier 2018, ne justifie pas, ainsi qu'il a été dit au point 11, de lien d'une particulière intensité sur le territoire national. Par ailleurs, il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 19 novembre 2020 qu'il na pas exécutée. Dans ces conditions, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

21. En dernier lieu, pour les motifs exposés au point 11, les moyens tirés de ce que cette décision méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction doivent donc être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à Me Gueye et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Cherrier, présidente,

Mme Jorda, conseillère,

Mme Péan, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.

L'assesseure la plus ancienne

V. JORDA

La présidente-rapporteure,

S. CHERRIER La greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

N°2206361

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