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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2206411

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2206411

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2206411
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantLASPALLES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 3 et 8 novembre 2022, Mme D A, représentée par Me Laspalles, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de désigner un interprète en langue kosovare ;

3°) d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a prononcé son transfert aux autorités allemandes et l'arrêté du même jour par lequel elle a été assignée à résidence ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué définitivement sur sa demande d'asile dans le délai de 72 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, en application des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités allemandes :

- il a été signé par un auteur incompétent ;

- il est entaché d'un défaut de motivation au regard des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il méconnait l'article 26 du règlement (UE) n° 604/2013 en l'absence de mention des informations relatives à la possibilité de transfert volontaire notamment en omettant de préciser la date et le lieu auxquels elle devrait se présenter en cas d'exercice de cette faculté ;

- il n'indique pas que la France sera responsable du traitement de sa demande d'asile à l'issue d'un délai de six mois suivant l'acceptation des autorités allemandes ;

- il méconnaît l'article 5 du règlement n° 604/2013 en ce qu'il n'est pas établi que l'entretien individuel ait été mené dans le respect de cet article ;

- il n'est pas établi qu'elle ait reçu toutes les informations requises et notamment les brochures relatives à l'application du règlement n° 604/2013 en temps utile et dans une langue qu'elle comprend ;

- il méconnait l'article 29 point 1 du règlement (UE) n° 603/2013 dès lors qu'elle n'a pas reçu les informations requises par écrit et dans une langue qu'elle comprend lors de la prise d'empreintes ;

- il méconnait l'article 25 point 4 du règlement (UE) n° 603/2013 dès lors qu'il n'est pas justifié de la vérification de la comparaison des empreintes par un expert en empreintes digitales ;

- il méconnaît l'article 4-2 du règlement (UE) Dublin III dès lors qu'elle n'a pas été informée dans un langue qu'elle comprend ;

- le préfet a pris sa décision sans prendre en compte ses observations ;

- le préfet ne pouvait pas légalement décider de la transférer d'office sans la mettre en mesure de quitter volontairement le territoire national et il n'a pas justifié sa décision de la faire transférer d'office ;

- il n'est pas démontré que les autorités allemandes aient été saisies d'une demande de prise en charge en application de l'article 12.4 du Règlement (UE) n° 604/2013, ni que ces autorités aient exprimé leur accord ;

- le préfet n'a pas expliqué son refus de mettre en œuvre les clauses discrétionnaires de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il est entaché d'une erreur de droit quant à la détermination de l'Etat responsable dès lors que l'utilisation du visa délivré par les autorités allemandes pour entrer en France n'est pas établi ;

- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 et de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet n'a pas mis en œuvre les clauses discrétionnaires ;

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

- il est entaché d'un défaut de motivation au regard des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il est entaché d'un défaut de base légale ;

- l'assignation à résidence n'est pas nécessaire puisqu'il bénéficie de garanties de représentation et qu'elle satisfait à toutes les convocations ce qui ne caractérise pas un risque de fuite ;

- il est porté une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir dès lors qu'elle ne peut pas se déplacer sans autorisation en dehors du département du Tarn-et-Garonne, qu'elle ignore les modalités lui permettant d'obtenir une autorisation et qu'elle doit pointer chaque lundi et mardi à 10h auprès des services de police de Montauban ;

- il n'est pas démontré que l'exécution de la mesure de transfert représenterait une perspective raisonnable.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013,

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les observations de Me Laspalles, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que les brochures ne comportent pas la signature de l'intéressée, qu'il en résulte un défaut d'information, que la requérante a obtenu un visa des autorités allemandes, qu'elle s'est rendue en Allemagne en mai 2022, ainsi qu'en attestent les pièces n°4 et n°5, qu'elle est ensuite revenue au Kosovo, qu'en septembre 2022, elle s'est rendue en Albanie en bus, puis a transité par l'Italie avant d'arriver en France, que la situation de Mme A n'a pas été attentivement examinée, qu'il y a donc erreur quant à l'Etat responsable,

- les observations de Mme A, assistée de Mme B, interprète en langue albanaise, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, née le 10 septembre 1993 à Pristina (Kosovo), ressortissante kosovare, a déposé une demande d'asile enregistrée à la préfecture de la Haute-Garonne le 3 octobre 2022. La consultation du système " Visabio " a révélé que les autorités allemandes lui avaient délivré le 1 mars 2022 un visa valable du 1 mars 2022 au 13 septembre 2022. Les autorités allemandes, saisies d'une demande de prise en charge de Mme A le 7 octobre 2022, en application de l'article 12.4 du règlement (UE) n° 604/2013 ont fait connaître leur accord explicite pour sa réadmission le 12 octobre 2022 sur la base du même article. Par un arrêté du 2 novembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a ordonné son transfert aux autorités allemandes responsables de sa demande d'asile. Par un arrêté du même jour, le préfet l'a assignée à résidence dans le département de la Haute-Garonne pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa requête, Mme A demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. D'une part, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Droit à l'information /1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un Etat membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un Etat membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'Etat membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un Etat membre peut mener à la désignation de cet Etat membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les Etats membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; / e) du fait que les autorités compétentes des Etats membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; / f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. / 3. La Commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune (), contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac. La brochure commune est réalisée de telle manière que les Etats membres puissent y ajouter des informations spécifiques aux Etats membres. Ces actes d'exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d'examen visée à l'article 44, paragraphe 2, du présent règlement. ". Aux termes de l'article 20 de ce règlement : " () 2. Une demande de protection internationale est réputée introduite à partir du moment où un formulaire présenté par le demandeur () est parvenu aux autorités compétentes de l'Etat membre concerné (). ".

4. Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tout cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de refuser l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas responsable de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature de ces informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.

5. En l'espèce, si le préfet de la Haute-Garonne produit à l'instance une copie de la couverture de deux brochures en langue albanaise intitulées " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " et " Je suis sous procédure Dublin - Qu'est-ce que cela signifie ' ", ces brochures ne comportent pas la signature de Mme A, qui conteste les avoir reçues. La circonstance que celle-ci se soit vue délivrer, lors du dépôt de sa demande d'asile, le guide du demandeur d'asile et que le résumé de l'entretien individuel du 3 octobre 2022 mentionne que " l'information sur les règlements communautaires (lui) a été remise ", ne suffit pas à établir qu'elle aurait bénéficié de l'ensemble des informations correspondant à sa situation de demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement du 26 juin 2013. Cette omission est de nature à priver l'intéressée de la garantie prévue par les dispositions précitées. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que l'arrêté du 2 novembre 2022 prononçant son transfert aux autorités allemandes est intervenu au terme d'une procédure irrégulière.

6. D'autre part, aux termes de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Si le demandeur est titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, l'État membre qui l'a délivré est responsable de l'examen de la demande de protection internationale / () / 4. Si le demandeur est seulement titulaire d'un ou de plusieurs titres de séjour périmés depuis moins de deux ans ou d'un ou de plusieurs visas périmés depuis moins de six mois lui ayant effectivement permis d'entrer sur le territoire d'un État membre, les paragraphes 1, 2 et 3 sont applicables aussi longtemps que le demandeur n'a pas quitté le territoire des États membres. (). ". Aux termes de l'article 27 du même règlement : " 1. Le demandeur ou une autre personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point c) ou d), dispose d'un droit de recours effectif, sous la forme d'un recours contre la décision de transfert ou d'une révision, en fait et en droit, de cette décision devant une juridiction. 2. Les Etats membres accordent à la personne concernée un délai raisonnable pour exercer son droit à un recours effectif conformément au paragraphe 1 ". Il résulte de ces dispositions, telles qu'interprétées par la Cour de justice de l'Union européenne dans son arrêt du 7 juin 2016, Mehrdad Ghezelbash (aff. C-63/15), qu'un demandeur d'asile peut invoquer, dans le cadre d'un recours contre une décision de transfert prise à son égard, l'application erronée d'un critère de responsabilité.

7. Pour prononcer la décision de transfert attaquée, le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur la circonstance que les autorités allemandes ont délivré à Mme A un visa valable du 1er mars 2022 au 13 septembre 2022. Si l'intéressée est effectivement entrée en Allemagne sous couvert de ce visa le 4 mai 2022, ainsi qu'en atteste le cachet apposé sur une carte d'embarquement pour un vol entre Pristina et Düsseldorf, il ressort des pièces du dossier, et notamment d'une réservation pour un vol entre Düsseldorf et Pristina du 7 mai 2022, mais aussi d'un billet de bus pour un trajet entre Pristina à Shengjin, (Albanie) le 16 septembre 2022 portant le nom de la requérante et une réservation pour une nuit d'hôtel dans cette ville du 16 et 17 septembre 2022, toujours au nom de l'intéressée, que Mme A est retournée au Kosovo postérieurement à son séjour en Allemagne. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne ne pouvait prendre une décision de transfert vers l'Allemagne sur le fondement des dispositions du 4. de l'article 12 du règlement précité alors que l'intéressée a quitté le territoire des Etats membres avant d'entrer sur le territoire français. La requérante est donc fondée à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne a méconnu ces dispositions.

8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a décidé son transfert aux autorités allemandes ainsi que, par voie de conséquence, l'arrêté du même jour l'assignant à résidence.

Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :

9. Aux termes de l'article L. 742-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision de transfert est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues au livre V. L'autorité administrative statue à nouveau sur le cas de l'intéressé. ". Le présent jugement implique seulement qu'il soit statué de nouveau sur le cas de Mme A et qu'elle soit munie, durant cet examen, d'une attestation de demande d'asile. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de procéder au réexamen de la situation de l'intéressée dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de la munir, dans cette attente, d'une telle attestation. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

10. Enfin, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 250 euros à verser à Me Laspalles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A, la somme ci-dessus sera directement versée à l'intéressée.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les arrêtés du préfet de la Haute-Garonne du 2 novembre 2022 sont annulés.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer la situation de Mme A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de la munir dans l'attente d'une attestation de demande d'asile.

Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Laspalles renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Laspalles une somme de 1 250 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 250 euros sera versée à Mme A.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à Me Laspalles et au préfet de la Haute-Garonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.

Le magistrat désigné,

F. C Le greffier,

M. E

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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